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Atlas Culinaire · Indonésie · Asie
Le tofu creux et croustillant de Sumedang, né d'un immigrant chinois en 1917
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Deux Ă trois jours Ă l'avance, rĂ©servez le petit-lait (whey) issu d'une fabrication de tofu prĂ©cĂ©dente et laissez-le aigrir Ă tempĂ©rature ambiante avec un trait de vinaigre : il devient le larutan biang, ce coagulant vivant et acide qui est le vrai secret du tahu Sumedang. Ă dĂ©faut de whey vieilli, prĂ©parez une solution de vinaigre diluĂ©, mais sachez que la boursouflure caractĂ©ristique tient prĂ©cisĂ©ment Ă ce biang fermentĂ©. Sentez-le : il doit ĂȘtre franchement acide et vivant.
Faites tremper le kedelai plusieurs heures, idĂ©alement une nuit, jusqu'Ă ce que les grains doublent de volume et se fendent sous la pression. Ăgouttez, puis broyez-les finement avec de l'eau pour obtenir un lait de soja Ă©pais et mousseux. C'est le geste fondateur du tofu : Ă Sumedang, Ong Kino cherchait dĂ©jĂ ce lait onctueux pour recrĂ©er le tao-fu de sa Chine natale. Le broyat doit ĂȘtre lisse, prĂȘt Ă ĂȘtre cuit et filtrĂ©.
Faites chauffer le broyat avec le reste d'eau en remuant sans cesse pour Ă©viter qu'il n'attache et ne dĂ©borde, puis filtrez Ă travers un linge fin pour sĂ©parer le lait (sari kedelai) de la pulpe (ampas, l'okara). Portez ce lait Ă frĂ©missement : la surface se ride, la vapeur exhale l'odeur douce et vĂ©gĂ©tale du soja chaud. Ce lait clair et chaud est prĂȘt Ă ĂȘtre caillĂ© ; la pulpe rĂ©servĂ©e pourra, ailleurs, devenir de l'oncom.
Hors du feu vif, incorporez progressivement le larutan biang (petit-lait vieilli et vinaigré) au lait chaud en remuant doucement : sous vos yeux, le lait floconne, se sépare en caillé blanc et petit-lait translucide. C'est ce coagulant vivant, gardé de fournées précédentes, qui fait la magie du tahu Sumedang et sa future boursouflure. Laissez reposer quelques minutes que le caillé se rassemble bien avant de le recueillir.
Versez le caillé dans un moule tapissé d'un linge, repliez et pressez modérément pour évacuer une partie du petit-lait tout en gardant un tofu tendre et humide. à Sumedang, on veut un tofu petit et souple, pas un bloc compact : c'est cette tendreté qui permettra à la vapeur interne de créer la cavité à la friture. Démoulez et détaillez en petits cubes d'environ 3 cm, la taille caractéristique du tahu Sumedang.
Chauffez l'huile jusqu'Ă ce qu'elle soit trĂšs chaude, puis plongez les cubes de tofu bien Ă©gouttĂ©s. L'eau interne se vaporise, pousse la pĂąte de l'intĂ©rieur et fait gonfler et boursoufler le tofu, dont la coque brunit et devient croustillante pendant que le cĆur se creuse. C'est le moment spectaculaire dĂ©crit par Ong Bung Keng : le tofu blanc terne se transforme en Ă©crin dorĂ©, lĂ©ger et bruissant, qui embaume l'huile chaude.
Ăgouttez briĂšvement et servez aussitĂŽt, le tahu Sumedang n'attend pas : sa magie croustillante s'Ă©vanouit en quelques minutes. PrĂ©sentez les cubes dorĂ©s dans un panier, accompagnĂ©s de cabai rawit hijau Ă croquer entre deux bouchĂ©es, comme le veut l'habitude de Sumedang. Le contraste est total : la coque craque, le cĆur creux et moelleux fond, et le piment cru vient rĂ©veiller le tout. C'est le goĂ»t de la route Ă Java Ouest.
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Sourcer ou se taire
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