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Atlas Culinaire · Burkina Faso · Afrique
Le porridge sahélien des Mossi — pâte de farine de mil ou sorgho, accompagnée de sauce verte aux feuilles d'oseille africaine et néré, plat-mère du Burkina rural
Le tô est le plat-mère du Burkina rural : une pâte de farine de mil ou de sorgho, cuite épaisse et lisse, qu'on trempe par boulettes dans une sauce. C'est le repas du soir des villages mossi, partagé en famille autour du grand plat, plat de l'hospitalité, des mariages et de la Tabaski. Le concept de porridge de mil est pan-sahélien — on le retrouve sous d'autres noms au Mali, au Niger, au Togo — mais le tô burkinabè se reconnaît à sa sauce verte, aux feuilles d'oseille africaine et au soumbala.
Le tô est burkinabè par ses Mossi et pan-sahélien par nature : le même porridge de mil se nomme tô au Mali, tuwo au Niger.
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Si tradition stricte : prélever 100g de cendres végétales (bois ordinaire). Les mettre dans bol avec 200ml d'eau bouillante. Laisser reposer 2h, FILTRER au filtre fin. Garder 100ml de solution claire-jaune (eau de cendres). Si pas dispo : substituer par 0.5 c.à.c. de bicarbonate dilué dans 50ml d'eau.
Le pourquoiL'eau de cendres végétales filtrées donne au tô son onctuosité et sa couleur, à la mode stricte.
Si feuilles d'oseille sèches : tremper dans eau bouillante 15 min. Égoutter. Hacher grossièrement. Si fraîches : juste laver et hacher.
Le pourquoiRéhydratée, l'oseille séchée retrouve sa souplesse pour la sauce.
Chauffer l'huile dans grande casserole. Faire fondre oignons 6 min. Ajouter ail. Cuire 1 min. Ajouter tomates mixées + concentré + piment + soumbala écrasé + cube Maggi. Cuire 5 min — sauce épaissit, soumbala s'imprègne.
Le pourquoiOignon, tomate et soumbala fondus à l'huile forment la base umami de la sauce verte.
Ajouter feuilles d'oseille hachées. Verser bouillon (800ml). Ajouter sel + poisson séché ou bœuf (option). Mijoter 25 min — la sauce devient verte profonde, savoureuse, onctueuse.
Le pourquoiLes feuilles d'oseille mijotées donnent la sauce verte profonde qui accompagne le tô.
Dans grande casserole, porter 1l d'eau à ébullition. Ajouter sel + eau de cendres (option). Maintenir frémissement.
Le pourquoiUne eau frémissante et salée prépare la cuisson de la farine sans choc.
Verser la farine de mil EN FILET LENT en remuant ÉNERGIQUEMENT avec un fouet ou pilon en bois — éviter à tout prix les grumeaux. Continuer à fouetter 5 min jusqu'à pâte LISSE-CRÉMEUSE.
Le pourquoiVersée en pluie sous agitation énergique au pilon, la farine s'incorpore sans grumeaux.
Baisser à feu doux. Cuire la pâte 15 min en remuant régulièrement avec pilon — elle s'épaissit en pâte lisse-élastique-renflée, comme une polenta très épaisse.
Le pourquoiLe travail au pilon à feu doux développe l'élasticité et la lisseur du tô.
Avec mains mouillées (eau froide), prendre des portions de 80g de pâte tô chaude. Modeler en boules régulières. Disposer sur grand plat humidifié — elles se figent en gardant forme.
Le pourquoiFaçonnées à la main mouillée, les boulettes gardent leur forme en se figeant.
Dans grand plat communal : disposer les boules de tô au centre, en couronne. Verser la sauce verte tout autour, en immergeant légèrement les boules. Servir BRÛLANT. Bol d'eau citronnée pour rincer les doigts.
Le pourquoiBoulettes en couronne noyées de sauce verte : c'est le dressage du plat communal du soir.
Tradition main droite : prendre une boulette de tô, la fragmenter avec les doigts, tremper dans la sauce verte, porter à la bouche. La boule chaude fond légèrement dans la sauce. Continuer ainsi tout au long du repas. Rincer les doigts dans l'eau citronnée entre les bouchées.
Le pourquoiLe tô se mange à la main droite, en boulettes trempées : le geste fait partie du plat.
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La sauce gombo est l'autre grand accompagnement du tô : le couple tô-sauce gombo est indissociable de la table mossi.
Voir la recette →CousineLe soumbala, umami de néré fermenté, parfume la sauce verte du tô : c'est l'âme du goût burkinabè.
Voir la recette →Le banku ghanéen et l'akple togolais sont des pâtes de céréale voisines, trempées de la même manière dans les sauces.
Pas encore dans l'AtlasLe tô malien est le jumeau de l'autre côté de la frontière : même pâte de mil, autres sauces.
Pas encore dans l'AtlasLe tuwo haoussa est le même porridge de mil ou de sorgho, cousin sahélien du tô, mangé avec ses propres sauces.
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