Chargement de lâatlas
Atlas Culinaire · Venezuela · Amériques
Le gĂąteau avec lequel trois sĆurs pardas ont achetĂ© leur « qualitĂ© de blanches » dans la Caracas de 1793 â sans farine de blĂ©, parce qu'il n'y en avait pas
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Prenez des plåtanos dont la peau est franchement tachetée de noir, presque entiÚrement sombre : c'est leur sucre et leur onctuosité qui remplacent la farine de blé absente de la recette originale. Un plåtano jaune ou pintón n'a pas assez de sucres convertis et donnera un gùteau farineux et fade. S'ils ne sont pas assez mûrs, laissez-les deux ou trois jours de plus à température ambiante.
Cassez le pain dur en morceaux dans un rĂ©cipient et versez le lait chaud dessus. Laissez reposer vingt minutes, jusqu'Ă absorption complĂšte, puis Ă©crasez Ă la fourchette. Le pain dur est un Ă©lĂ©ment explicite de la recette coloniale et il joue le mĂȘme rĂŽle que dans la torta de pan : il structure sans farine et absorbe le melado.
Mettez le papelón cassé, l'eau, les clous de girofle, les bùtons de cannelle, les grains de pimienta guayabita et le zeste dans une casserole et faites fondre à feu moyen quinze minutes, jusqu'à obtenir un sirop ambré et franchement parfumé. Retirez les épices entiÚres. La pimienta guayabita, ou malagueta, est citée nommément dans la recette : ce n'est ni du poivre noir ni du piment, et son parfum est irremplaçable.
Ăpluchez les plĂĄtanos trĂšs mĂ»rs et Ă©crasez-les Ă la fourchette en gardant du grain, sans passer au mixeur : on veut une purĂ©e texturĂ©e et non une crĂšme, exactement comme pour la torta de pan. Incorporez le pain trempĂ© Ă©crasĂ©. Vous devez obtenir une masse Ă©paisse, humide, oĂč l'on distingue encore des morceaux.
Incorporez Ă la masse le melado Ă©picĂ© filtrĂ©, le fromage dur rĂąpĂ©, les Ćufs battus et le beurre fondu. MĂ©langez soigneusement mais sans Ă©craser davantage. Le fromage dur rĂąpĂ© dans un gĂąteau sucrĂ© surprend toujours, et c'est pourtant la grammaire mĂȘme de la dulcerĂa criolla vĂ©nĂ©zuĂ©lienne, du casabe au melado aux besitos de coco.
Versez dans un moule beurrĂ© et enfournez une heure Ă 175 °C. Ne montez pas la tempĂ©rature : le melado de papelĂłn brunit vite et une bejarana trop cuite devient amĂšre. Elle est prĂȘte quand la surface est ferme et qu'un pique plantĂ© au centre ressort propre, Ă©ventuellement humide mais sans pĂąte crue.
Laissez refroidir complĂštement dans le moule avant de dĂ©mouler : un gĂąteau sans farine tient par la coagulation de l'Ćuf et du fromage, et il reste fragile tant qu'il est chaud. Comptez deux heures. Il se raffermit en refroidissant et se coupe alors en parts nettes.
Servez en parts Ă©paisses, Ă tempĂ©rature ambiante, avec un cafĂ© noir serrĂ©. La torta bejarana est dense, Ă©picĂ©e et franchement sucrĂ©e : les portions sont modestes. Elle se conserve quatre jours au frais et se bonifie les deux premiers jours. C'est un gĂąteau qu'on ne sert pas sans en raconter l'histoire, celle de trois sĆurs pardas de la Caracas de 1793.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.