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Atlas Culinaire · Ghana · Nord & Dagomba
Le plat-totem du Nord ghanéen : une pâte de maïs brassée à la spatule, souple et brûlante, pétrie en boules et trempée dans la sauce verte filante d'ayoyo et un stew au dawadawa fermenté.
Le nom dit tout le geste : en haoussa, tuo veut dire brasser et zaafi, chaud. Le Tuo Zaafi, que le Nord ghanéen abrège en TZ, est une pâte de farine de maïs qu'on brasse énergiquement à la spatule de bois vingt à trente minutes durant, jusqu'à ce qu'elle devienne lisse et élastique. Une part de farine de manioc séché, le kokonte, lui donne cette douceur souple qui le distingue nettement du banku fermenté et acidulé du Sud. Les anciens Dagomba rappellent qu'à l'origine, c'était le mil, céréale du Nord, qui faisait la pâte ; le maïs est venu ensuite.
Comment l'écrire, déjà ? Tuo Zaafi en haoussa, TZ pour tout le monde, mais les puristes de Tamale revendiquent le nom dagbani d'origine, Sagtulga.
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Préparation et marinade de la viande — Cuber la viande et la mariner aux aromates frais (étape 1 — peut se faire la veille) — Découper la viande de mouton (ou bœuf) en cubes de 3 cm avec l'os pour conserver le maximum de saveur lors du braisage. Dans un mixeur, placer 1 oignon coupé en quatre, 4 gousses d'ail entières, le gingembre frais haché et 1 piment scotch bonnet entier (graines comprises). Mixer 30 secondes en pulse jusqu'à pâte rustique humide. Verser la moitié de cette pâte aromatique sur les cubes de viande dans un grand saladier (jamais métallique réactif). Ajouter 1 cube Maggi émietté, le thym séché, le laurier, une pincée d'anis ou clou. Mélanger soigneusement à la main pour bien enrober chaque cube. Couvrir et laisser mariner minimum 30 minutes à température ambiante, idéalement 2 à 4 heures au frigo pour pénétration profonde, ou la veille au soir pour version familiale du dimanche.
Le pourquoiUne viande marinée et saisie donne au stew rouge sa base de goût ; mouton, bœuf ou chèvre selon la bourse.
Préparation de l'ayoyo (sauce verte mucilagineuse — étape 2) — Activer la mucilage des feuilles de jute au salt-petre puis cuire avec dawadawa — Pendant la marinade de la viande, préparer la sauce ayoyo. Laver soigneusement les feuilles d'ayoyo fraîches (Corchorus olitorius) à grande eau pour retirer terre et sable, équeuter en retirant les tiges fibreuses dures. Hacher finement au couteau (jamais au mixeur — texture trop lisse, perd l'identité rustique). Porter 750 ml d'eau à ébullition dans une casserole moyenne en inox. Dissoudre 1 c.à.c. de salt-petre (nitrate de potassium) dans l'eau bouillante — étape critique pour libérer la mucilage signature ; alternative occidentale — 1/2 c.à.c. de bicarbonate de soude. Ajouter immédiatement les feuilles hachées, baisser à feu moyen. Brasser énergiquement à la louche en bois pendant 5 à 7 minutes — la sauce doit mousser et frothing (signature de la libération mucilagineuse). Incorporer 2 c.à.s. de dawadawa séché écrasé au pilon, 2 c.à.s. de poudre de crevettes ou poisson séché, 1 c.à.c. de sel. Laisser mijoter 3 minutes à feu doux. Couper le feu et réserver couvert au chaud (la sauce s'épaissit en refroidissant, retravailler au fouet juste avant service).
Le pourquoiLa mucilage des feuilles de jute, libérée en milieu alcalin, donne la texture mousseuse et filante signature.
Préparation du stew rouge (la sauce viande au dawadawa — étape 3) — Saisir la viande marinée puis construire le stew tomate-dawadawa-palme rouge — Dans une grande cocotte en fonte ou marmite à fond épais, chauffer 80 ml d'huile de palme rouge à feu moyen-vif jusqu'à fumant légèrement (le palme rouge supporte la chaleur sans brûler). Égoutter les cubes de viande de leur marinade (réserver les aromates) et les saisir en plusieurs fois (jamais entasser) sur toutes les faces pendant 6 à 8 minutes total jusqu'à coloration brun-acajou. Retirer la viande et réserver. Dans la même cocotte avec l'huile parfumée, ajouter 2 oignons hachés et faire suer 4 minutes jusqu'à translucides. Incorporer la pâte aromatique restante (moitié réservée à l'étape 1) et faire revenir 2 minutes. Ajouter les 4 tomates fraîches concassées et 2 c.à.s. de concentré de tomate, cuire 8 minutes en remuant régulièrement jusqu'à ce que la sauce épaississe et que l'huile remonte (signature ouest-africaine de bonne cuisson). Remettre la viande dans la cocotte, ajouter 1 cube Maggi émietté, 1 piment scotch bonnet entier (à retirer en fin pour version douce, ou hacher pour version piquante). Couvrir d'eau ou de bouillon à hauteur (environ 500 ml). Porter à frémissement, couvrir et mijoter 35 à 45 minutes selon la tendreté de la viande. En fin de cuisson, ajouter 2 c.à.s. de dawadawa réhydraté et écrasé, les morceaux de hareng fumé, ajuster sel et piquant. Réserver couvert au chaud.
Le pourquoiLe dawadawa apporte l'umami fermenté caramel-fromage-soja qui définit les sauces du Nord.
Préparation du TZ (la pâte brassée signature — étape 4) — Cuire la porridge de maïs et incorporer la cassava à la spatule de bois (turning stick) — Pendant que le stew mijote, préparer le TZ. Dans une grande casserole épaisse en aluminium ou fonte (jamais inox fin qui brûle), porter 1.5 L d'eau à ébullition franche avec 1 pincée de sel optionnel. Dans un bol séparé, délayer 200 g de farine de maïs dans 300 ml d'eau froide en fouettant énergiquement jusqu'à pâte lisse sans grumeau (étape critique pour éviter les boulettes). Verser cette pâte délayée dans l'eau bouillante en filet continu en remuant à la spatule de bois (turning stick) — la mixture devient une porridge épaisse en 5 à 8 minutes. Cuire 5 minutes en brassant continuellement. PRÉLEVER ET RÉSERVER ENVIRON UNE TASSE (250 ml) de cette porridge dans un bol séparé — étape critique signature dagomba documentée par Adwoa Fofie. Dans la casserole restante, ajouter progressivement le reste de la farine de maïs (300 g) en pluie en brassant continuellement à la spatule, puis la farine de cassava-kokonte (200 g) en pluie également. La pâte devient TRÈS DENSE et difficile à brasser — c'est normal. Continuer à brasser énergiquement en mouvement circulaire-puis-pliage répété pendant 15 à 20 minutes, en ajoutant progressivement par cuillerées la portion de porridge réservée chaque fois que la pâte devient trop dure-sèche pour maintenir la texture stretchy-douce signature. La pâte est prête quand elle se détache facilement des parois et forme une boule unique brillante-lisse-stretchy.
Le pourquoiC'est le brassage prolongé qui développe la texture lisse et élastique ; sans lui, la pâte reste grumeleuse.
Moulage des boules de TZ (la signature dagomba) — Façonner le TZ brûlant en boules pétries à la main avec eau froide — Préparer 4 à 6 assiettes creuses pour le service. Préparer un petit bol d'eau froide (ou d'huile de palme rouge pour version festive) à proximité immédiate de la casserole de TZ. Travailler RAPIDEMENT tant que le TZ est brûlant et malléable (il durcit en refroidissant). Humidifier les mains à l'eau froide. Prélever une portion de TZ d'environ 100 à 120 g avec une grande cuillère en bois (jamais métallique qui chauffe trop). Déposer dans la paume humide, presser-rouler entre les deux mains humidifiées pour former une boule lisse de la taille d'une balle de tennis. Déposer délicatement dans l'assiette creuse. Répéter en re-humidifiant les mains à chaque boule. Pour version festive mariage — disposer 2 ou 3 boules par assiette sur une feuille de bananier passée à la flamme et lustrée à l'huile rouge. La signature dagomba veut une boule par convive en quotidien, deux pour les hommes affamés ou les fêtes.
Le pourquoiLe TZ se façonne brûlant, tant qu'il est souple ; froid, il durcit comme du plâtre.
Service à la dagomba (la table partagée du Nord) — Dresser le TZ, l'ayoyo et le stew à la table familiale ou festive — Sortir les sauces du feu et bien les réchauffer si elles ont attendu (la sauce ayoyo s'épaissit au repos, refouetter au besoin avec 2 c.à.s. d'eau bouillante pour fluidifier). Dans chaque assiette creuse, déposer 1 ou 2 boules de TZ brûlant. Verser à côté (jamais sur) environ 4 à 5 c.à.s. de sauce ayoyo verte sur un côté de la boule. Verser 4 à 5 c.à.s. de stew rouge à la viande sur l'autre côté de la boule, avec 1 ou 2 cubes de viande mouton-bœuf et un morceau de hareng fumé. La signature dagomba — chaque convive a sa boule de TZ encerclée des deux sauces compagnes ; les sauces ne se mélangent pas dans l'assiette mais sont alternées à chaque bouchée. Manger à la main droite — pétrir une petite portion de TZ entre les doigts, la tremper dans une sauce, porter à la bouche. Boire du bissap frais ou de l'eau citronnée. Repas familial de fin de semaine (jeudi-vendredi-samedi dagomba), de mariage (gej-ceremony), de fête religieuse (Eid al-Fitr, Eid al-Adha) ou de naming ceremony — on partage la table autour d'un grand plat commun pour les versions traditionnelles villageoises.
Le pourquoiLe TZ se mange brûlant, à la main droite, pétri-déchiré et trempé dans les deux sauces.
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L'autre grande pâte du Ghana, mais son contraire : le banku éwé-ga du Sud est fermenté et acidulé, quand le TZ du Nord est doux et non fermenté.
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