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Atlas Culinaire · Indonésie · Asie
L'écrevisse de la Baliem que les Papous appellent « la crevette infidÚle », parce qu'elle a le corps d'une crevette et les pinces d'un crabe
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Plongez les Ă©crevisses vivantes une quinzaine de minutes dans de l'eau trĂšs froide, voire glacĂ©e : elles s'engourdissent et cessent de s'agiter, ce qui est Ă la fois plus humain et plus sĂ»r pour vos doigts face Ă ces pinces de crabe. Rincez-les ensuite sous l'eau courante en brossant la carapace, surtout la jointure des pattes oĂč la vase de riviĂšre se loge. Une Ă©crevisse propre sent l'eau vive et rien d'autre ; si une odeur de vase persiste, frottez la chair au citron vert.
Détachez les pinces à la base et réservez-les à part. Posez chaque écrevisse sur le dos et fendez la queue en deux dans la longueur, d'un coup de couteau lourd, sans séparer complÚtement les deux moitiés. Retirez le boyau noir qui court le long du dos. Vous obtenez une queue ouverte en livre, carapace d'un cÎté, chair exposée de l'autre : c'est cette forme qui garantit une cuisson douce.
Pressez le citron vert sur la chair exposĂ©e, frottez du bout des doigts, puis laissez agir cinq minutes. Salez ensuite gĂ©nĂ©reusement la carapace â c'est elle qui reçoit le sel, pas la chair, qui n'a pas besoin d'ĂȘtre agressĂ©e. Dans la version des anciens de la vallĂ©e de la Baliem, la recette s'arrĂȘte littĂ©ralement ici : sel, braise, rien d'autre.
PrĂ©parez une braise vive mais couverte de cendre â pas de flammes. Posez les queues fendues carapace vers le bas et laissez-les cinq Ă six minutes sans y toucher : la carapace chauffe, la chair cuit par en dessous dans sa propre vapeur. Retournez ensuite trente secondes cĂŽtĂ© chair, juste pour marquer. Les pinces, plus Ă©paisses, partent en mĂȘme temps mais restent deux Ă trois minutes de plus.
Pendant que les écrevisses grillent, faites fondre le beurre à feu trÚs doux dans une petite casserole. Ajoutez l'ail haché, les échalotes émincées et les piments fendus, et laissez-les suer sans jamais prendre couleur, quatre à cinq minutes. Poivrez. Le beurre doit rester blond et parfumé, pas noisette : on cherche le parfum de l'ail cru adouci, pas le goût grillé.
Sortez les Ă©crevisses de la braise et rangez-les chair vers le haut sur le plat de service. Nappez immĂ©diatement Ă la cuillĂšre du beurre aillĂ© brĂ»lant : au contact de la chair chaude il grĂ©sille, pĂ©nĂštre les fibres et se met Ă sentir dans toute la piĂšce. N'inondez pas â deux cuillerĂ©es par Ă©crevisse suffisent, la chair de Cherax est trop douce pour supporter un excĂšs de gras.
Faites blanchir les fleurs de papaye deux minutes dans de l'eau bouillante salée pour dompter leur amertume, égouttez, puis sautez-les vivement à l'ail dans un filet d'huile. Elles doivent rester vertes et croquantes. Leur amertume résiduelle est exactement ce que cherchent les Papous à cÎté d'une chair aussi sucrée : c'est le contraste qui fait le repas.
Servez brĂ»lant, Ă©crevisses au centre, papeda ou riz d'un cĂŽtĂ©, verdure de l'autre, avec des quartiers de citron vert. Ă Wamena on mange Ă la main : on suce la tĂȘte d'abord, on casse les pinces entre les doigts, on finit par la queue. PrĂ©voyez des rince-doigts et beaucoup de serviettes, et acceptez que ce plat ne se mange pas proprement â c'est le principe.
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Sourcer ou se taire
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