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Atlas Culinaire · Brésil · Minas Gerais
La 'vache embourbĂ©e' des tropeiros â costela de bĆuf mijotĂ©e des heures jusqu'Ă se dĂ©tacher de l'os, tandis que la mandioca se dĂ©fait et 's'embourbe' dans un caldo Ă©pais et dorĂ©, plat-rĂ©confort de la cozinha mineira et caipira nĂ© sur les routes du bĂ©tail
La Vaca Atolada cristallise QUATRE controverses. ORIGINE TROPEIRA VS COMITIVA BOIADEIRA â pour la culinĂĄria caipira de Minas Gerais et SĂŁo Paulo (Wikipedia, Caminho do Vinho), le plat est nĂ© chez les tropeiros et dans les fazendas du XVIIIá”-XIXá” siĂšcle, qui combinaient la viande (jadis carne-seca/charque mergulhĂ©e dans la graisse) avec la mandioca rĂ©coltĂ©e en chemin ; une variante d'origine le situe dans les comitivas boiadeiras du Mato Grosso du Sud (Caminho do Vinho) oĂč les peĂ”es transportaient la viande dans le gras. ĂTYMOLOGIE DU NOM â deux lectures : (1) la mandioca qui 's'embourbe/atola' dans le caldo Ă©pais de la viande (lecture culinaire) ; (2) le bĂ©tail qui 'atolava' (s'enlisait) dans les terrains dĂ©trempĂ©s par les pluies lors de la traversĂ©e des serras, immobilisant la comitiva qui en profitait pour cuisiner (lecture historique tropeira). CARNE-SECA VS COSTELA FRAĂCHE â version historique Ă la carne-seca/charque dessalĂ©e, version moderne dominante Ă la costela bovina fraĂźche. VACA ATOLADA VS COZIDĂO/BARREADO/CARNE DE SOL â Ă diffĂ©rencier : le cozidĂŁo ajoute lĂ©gumes (potiron, patate douce, carotte) ; le barreado paranaense est mijotĂ© en pot scellĂ© d'argile sans mandioca liante ; la carne de sol/carne-seca est une viande sĂ©chĂ©e, pas un ragoĂ»t Ă la mandioca. Ici, signature stricte : costela + mandioca qui lie le caldo. Acteurs : culinĂĄria caipira/tropeira, cozinha mineira, comitivas boiadeiras. URL adossĂ©e : https://en.wikipedia.org/wiki/Vaca_atolada
La Vaca Atolada se sert en plat principal rĂ©confortant, plat unique rustique souvent accompagnĂ© de riz blanc, de couve refogada (chou cavalier Ă©mincĂ© sautĂ©) et d'une farofa. Plat de dĂ©jeuner dominical familial, de festa caipira et d'hiver. Accord traditionnel mineiro : une cachaça artisanale de Minas en digestif, ou une biĂšre brĂ©silienne bien glacĂ©e pendant le repas. Pour les versions banquet, un vin rouge jeune et souple (Merlot, CĂŽtes-du-RhĂŽne, ou un Tannat sud-amĂ©ricain jeune) soutient la richesse du caldo et de la costela. Variante non-alcoolisĂ©e signature : suco de caju, suco de maracujĂĄ ou une bonne limonada â une aciditĂ© fruitĂ©e qui tranche le gras. ĂVITER les vins blancs (heurtent la richesse) et les rouges trop tanniques (Ă©crasent). Un trait de jus de citron et de la couve par-dessus rĂ©veillent le plat.
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Couper 1,2 kg de costela bovina en morceaux (2-3 cÎtes par morceau). Saler et poivrer. Dans une panela de ferro ou une cocotte (ou cocotte-minute), chauffer 45 mL d'huile et dorer FORTEMENT les morceaux de costela sur toutes les faces, en plusieurs fois pour ne pas surcharger. La coloration profonde (réaction de Maillard) est la base du goût du caldo. Retirer la viande et réserver.
Dans la mĂȘme cocotte, sur le gras et les sucs de la viande, faire suer 2 oignons hachĂ©s 5 min, ajouter 6 gousses d'ail, gratter les sucs au fond (dĂ©glacer avec un peu d'eau si besoin). Ajouter 3 tomates concassĂ©es, le cumin, le colorau si dĂ©sirĂ©, et cuire 5-8 min jusqu'Ă ce que la tomate fonde. Ce refogado parfumĂ© est la base aromatique caipira.
Remettre la costela dans la cocotte, ajouter le laurier et couvrir d'eau chaude ou de bouillon à hauteur (ajouter progressivement, ne pas noyer). Porter à frémissement, couvrir et mijoter à FEU DOUX 1h30-2h (ou 40-50 min en cocotte-minute aprÚs la mise en pression) jusqu'à ce que la viande soit trÚs tendre et commence à se détacher de l'os. Vérifier le niveau de liquide et compléter à l'eau chaude si nécessaire.
Peler 800 g de mandioca mansa (aipim), retirer la fibre centrale, couper en gros morceaux. Ajouter à la cocotte avec la viande tendre. Cuire à découvert ou semi-couvert 30-40 min jusqu'à ce que la mandioca soit tendre : la MOITIà va commencer à s'effondrer et lier le caldo (la viande 's'embourbe'), l'autre moitié reste en morceaux fondants. C'est le moment signature du plat.
Ăcraser quelques morceaux de mandioca Ă la fourchette contre la paroi de la cocotte pour Ă©paissir le caldo Ă la consistance voulue : il doit napper et 'embourber' la viande, ni soupe claire ni purĂ©e. GoĂ»ter et rectifier sel, poivre, cumin. Si trop Ă©pais, ajouter un peu d'eau chaude ; si trop liquide, Ă©craser plus de mandioca et laisser rĂ©duire Ă dĂ©couvert quelques minutes.
Couper le feu. Ajouter à profusion le cheiro-verde (coentro ou salsinha + cebolinha hachés) et la pimenta-de-cheiro si désirée. Couvrir et laisser reposer 5 min hors feu : les herbes infusent et le caldo se stabilise. Dégraisser éventuellement l'excÚs de gras en surface si la costela était trÚs grasse.
Cuire 400 g de riz blanc en arroz soltinho. Ămincer 200 g de couve manteiga en fines laniĂšres et la sauter rapidement Ă l'ail dans un peu d'huile (couve refogada). PrĂ©parer une farofa de farinha de mandioca dorĂ©e au beurre. Ces trois accompagnements forment le trio classique mineiro qui accompagne la vaca atolada.
Servir bien chaud, dans des assiettes creuses ou directement dans la panela de ferro pour le partage. Disposer le riz blanc, la couve refogada et la farofa autour ou à cÎté. Le caldo épais nappe le riz, la mandioca fondante et la costela qui se détache de l'os font le réconfort du plat. Plat unique de déjeuner dominical familial et de festa caipira, idéal par temps frais.
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