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Atlas Culinaire · Chine · Asie
Il n'y a pas un gramme de poulet dedans : le nom vient d'une forme et d'une marque, et le cœur du biscuit est un lard de dos confit au sucre et à l'alcool jusqu'à devenir translucide.
薛锐明, transmetteur du patrimoine au niveau provincial, le dit sans détour dans les colonnes du 新快报 : le 小凤饼 n'est pas le 鸡仔饼, et si tout le monde emploie le second nom, l'appellation officielle n'a jamais été que la première.
Son critère est matériel et vérifiable : la plus grande différence tient aux amandes d'olive chinoise du 小凤饼, que le 鸡仔饼 n'a pas.
冯国基, ancien directeur général du 成珠酒家, ajoute le second critère et en fait un choix de maison : chez eux on n'ajoute pas de fufu rouge et l'on lie la pâte à l'huile et non à l'eau, ce qui donne un croquant sec là où le biscuit au fufu que le public connaît a une mâche élastique.
卢正昱, de la maison 诚志, fabrique et vend les deux séparément et donne la synthèse la plus juste : deux façons de faire, deux goûts distincts, chacun le sien.
Or le portail du gouvernement du Guangdong, lui, décrit bien le fufu rouge dans le 成珠小凤饼.
La contradiction n'est qu'apparente, et c'est ce qui rend le cas intéressant : le texte officiel raconte l'invention des années 1850, quand le biscuit naissait du recyclage des gâteaux de lune invendus et que le fufu servait à masquer et à relever, tandis que le fabricant décrit la production d'aujourd'hui.
Les deux sont vrais, à deux moments différents.
Reste une troisième confusion, chronologique celle-là : la date de 1746 qui circule partout date la MAISON 成珠 et non le biscuit, et la source patrimoniale se contredit elle-même en attribuant l'invention à la servante de 伍紫垣, personnage des années 1850.
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Prélever le lard dorsal le plus épais, au moins un demi-doigt, le tailler en dés de quatre à cinq millimètres et le mettre à mariner avec le sucre blanc et l'alcool fort. Le transmetteur documente précisément la double action : l'alcool dissocie les protéines de la viande tandis que le sucre la rend translucide. Le gras cesse alors d'être opaque et gras en bouche pour devenir une inclusion vitreuse qui fond. La durée dépend de la saison, vingt-quatre heures en été et quarante-huit en hiver, et les dés doivent ressortir fermes, brillants et translucides de part en part.
Le pourquoiLe sucre exerce une pression osmotique qui extrait l'eau du tissu adipeux, ce qui rapproche son indice de réfraction de celui de la matière grasse et le rend optiquement translucide.
Griller à sec les cacahuètes puis les émonder, griller le sésame blanc, sécher les graines de courge, et tenir les amandes d'olive à part, entières. Ce grillage préalable est le seul moment où les fruits secs reçoivent une chaleur sèche, la cuisson du biscuit étant trop courte et trop humide pour les torréfier. La coloration doit rester blonde et jamais brune, et tout doit refroidir complètement avant l'incorporation. C'est aussi ce qui justifie la cuisson au feu nu que revendique la maison 诚志, pour que l'arôme des fruits secs se dégage pleinement.
Le pourquoiLa torréfaction développe par réaction de Maillard les composés grillés que la cuisson brève et humide du biscuit ne pourrait jamais produire.
Mélanger le sirop de maltose et le sucre jusqu'à homogénéité, puis verser l'huile d'arachide en filet et fouetter jusqu'à obtenir une émulsion épaisse. Incorporer alors la farine tamisée en mélangeant dans un seul sens et sans force. L'huile chemise les grains d'amidon et empêche la formation du réseau de gluten : c'est le mécanisme même du sablé, par opposition au croustillant sec, et la maison 成珠 pousse la logique jusqu'au bout en supprimant l'eau. La pâte doit rester souple et molle, homogène, sans que l'huile se sépare.
Le pourquoiUne phase lipidique continue autour des particules de farine bloque l'hydratation des protéines et empêche la formation du réseau viscoélastique.
Couvrir la pâte d'un linge humide ou d'un film et la laisser reposer une trentaine de minutes à température ambiante. Ce repos achève l'hydratation des grains d'amidon et détend les rares liaisons de gluten qui se sont formées, ce que les praticiens décrivent comme laisser la farine s'éveiller pour devenir plus fine. La pâte ressort plus lisse et moins granuleuse au toucher. Surtout, ne pas la mettre au froid : l'huile figerait et la pâte casserait au façonnage.
Le pourquoiLa relaxation des contraintes dans le réseau protéique diminue l'élasticité résiduelle et permet un façonnage sans retrait.
Sortir les dés de lard égouttés, ajouter le sel, le sucre, le sésame et les graines de courge avec un peu d'eau, puis mélanger. Ajouter alors seulement les amandes d'olive entières et l'huile d'arachide, et incorporer la farine de riz gluant grillée en tout dernier avant de pétrir à fond. L'ordre est prescrit par le transmetteur, qui décrit un parfum libéré d'un coup au moment où l'huile touche les amandes. La pression du pétrissage n'est jamais constante : elle s'ajuste en continu, à l'expérience et à la main, et c'est le point le plus difficile du biscuit.
Le pourquoiLes composés aromatiques des amandes sont liposolubles, si bien que le contact avec l'huile les extrait et les diffuse instantanément dans toute la masse.
Deux écoles coexistent, toutes deux attestées. La maison 成珠 mélange aujourd'hui pâte et farce ensemble avant de mettre en forme, changement introduit vers 1990 lors du passage du four à charbon au four électrique, puis découpe au couteau en petits carrés aplatis d'une pression de la paume. La méthode ancienne enferme au contraire la farce dans la pâte, à raison de quinze grammes de pâte pour trente-cinq de farce, peau et farce restant distinctes. Dans les deux cas une contrainte s'impose : le transmetteur indique que tout doit être enfourné dans les deux heures et demie, faute de quoi la texture change.
Le pourquoiPassé ce délai, l'huile migre de la pâte vers la farce et la farine de riz grillée continue d'absorber, ce qui efface le contraste de textures recherché.
Poser les biscuits sur une plaque garnie de papier siliconé et les dorer au jaune d'œuf battu avec une cuillerée d'eau, puis enfourner à four préchauffé, autour de cent quatre-vingts degrés pendant vingt-cinq minutes. Il faut cependant savoir que le professionnel ne pilote pas au thermomètre : le transmetteur indique ajuster la température d'après le changement de couleur du biscuit, et ajoute que cela ne s'acquiert qu'à force de pratique. Le four est donc asservi à l'œil. La surface doit prendre un doré franc et jamais brun, et l'odeur d'amande et de sésame chaud doit précéder celle du caramel.
Le pourquoiUn four trop chaud fixe la surface avant que le cœur ne soit cuit, et le lard confit fond alors et fuit au lieu de rester en inclusion.
Laisser refroidir les biscuits sur grille sans les manipuler, et n'emballer que lorsque la température à cœur est descendue autour de vingt-cinq degrés, chiffre donné par le transmetteur. Emballer plus chaud enferme de la vapeur qui recondense et ramollit le biscuit ; attendre davantage, sous le climat cantonais, l'expose à la reprise d'humidité. Le biscuit réussi sonne creux et sec quand on le pose sur le plan de travail, et il casse net. Ne jamais les empiler tièdes.
Le pourquoiAu-dessus de cette température, la pression de vapeur d'eau résiduelle reste suffisante pour recondenser dans un contenant clos et réhydrater la surface.
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Sourcer ou se taire
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