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Atlas Culinaire · Brésil · Amériques
Le ragoĂ»t sacrĂ© de poulet de la Bahia afro-brĂ©silienne â galinha mijotĂ©e dans une sauce d'arachides, noix de cajou et crevettes sĂ©chĂ©es moulues, gingembre, dendĂȘ et lait de coco ; xinxim signifie « guisado » en yoruba, et le plat est comida de santo offerte Ă Oxum dans les terreiros de candomblĂ©
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Nettoyer les morceaux de galinha au jus de citron, rincer et bien sécher. Les mettre à mariner 30 minutes avec l'ail écrasé, le gingembre rùpé, un peu de jus de citron, du sel et du poivre. Cette marinade parfume la chair en profondeur et le gingembre, signature du xinxim, commence à imprégner la volaille. Si vous utilisez une galinha caipira, sa chair ferme tiendra parfaitement le long mijotage à venir ; un frango de granja s'effilochera davantage. Couvrir et réserver au frais le temps de préparer la liaison. C'est une étape humble mais qui pose tout le fond aromatique du plat.
Faire tremper le camarĂŁo seco 10-15 minutes dans de l'eau tiĂšde pour le dessaler partiellement, puis l'Ă©goutter. Dans une poĂȘle sĂšche, torrĂ©fier doucement le camarĂŁo seco dessalĂ©, l'amendoim et la castanha de caju jusqu'Ă ce qu'ils embaument et dorent lĂ©gĂšrement â sans brĂ»ler, sinon l'amertume gĂąche tout. Cette torrĂ©faction rĂ©veille les huiles et concentre le goĂ»t. Le parfum qui monte est celui de la cuisine afro-baiana. RĂ©server et laisser tiĂ©dir avant de moudre. GoĂ»ter le camarĂŁo : s'il reste trĂšs salĂ©, on salera le plat avec prudence ensuite.
Moudre ensemble le camarĂŁo seco, l'amendoim et la castanha torrĂ©fiĂ©s, au pilon (tradition) ou au mixeur, jusqu'Ă obtenir une poudre fine, presque une pĂąte huileuse. C'est cette liaison moulue qui va donner au xinxim sa texture veloutĂ©e et sa profondeur â un xinxim ratĂ© est souvent un xinxim Ă la liaison granuleuse. RĂ©server. Plus la mouture est fine, plus la sauce sera lisse et nappante. C'est le cĆur technique du plat, le geste qui transforme des ingrĂ©dients simples en sauce d'orixĂĄ.
Chauffer la moitiĂ© de l'azeite de dendĂȘ dans une panela (idĂ©alement de barro, terre cuite) et y faire dorer les morceaux de galinha Ă©gouttĂ©s de leur marinade, sur toutes les faces. Le dendĂȘ colore la peau d'un rouge ambrĂ© et crĂ©e un fond de goĂ»t caramĂ©lisĂ© au fond de la marmite. Ne pas surcharger la marmite : saisir en plusieurs fois si nĂ©cessaire pour que ça dore au lieu de bouillir. RĂ©server les morceaux dorĂ©s. Ce premier contact avec le dendĂȘ est ce qui ancre le plat dans la tradition afro-baiana â l'huile de palme rouge porte le parfum et, dans l'esprit du candomblĂ©, le axĂ©.
Dans la mĂȘme marmite, faire suer l'oignon hachĂ© dans le fond de cuisson jusqu'Ă transluciditĂ©. Ajouter la liaison moulue (camarĂŁo-amendoim-castanha) et la faire revenir une Ă deux minutes en remuant pour qu'elle libĂšre ses huiles, puis mouiller d'un peu d'eau chaude pour dĂ©tendre. Remettre les morceaux de galinha, ajouter la coriandre et le piment si dĂ©sirĂ©. La sauce doit napper sans ĂȘtre ni liquide ni pĂąteuse â ajuster avec un peu d'eau. C'est l'instant oĂč le plat prend sa couleur rousse et son parfum d'arachide grillĂ©e et de gingembre.
Couvrir et laisser mijoter doucement jusqu'Ă ce que la galinha soit tendre et que la chair se dĂ©tache de l'os â comptez 30 Ă 45 minutes pour une caipira, moins pour un frango. Remuer de temps en temps et ajouter un filet d'eau chaude si la sauce Ă©paissit trop. GoĂ»ter et ajuster le sel avec prudence (le camarĂŁo seco a dĂ©jĂ salĂ©). La cuisson lente fait fondre le collagĂšne de la volaille et marie l'arachide, le gingembre et le dendĂȘ en une sauce profonde. La patience ici est rĂ©compensĂ©e : un xinxim pressĂ© reste plat.
Quand la galinha est tendre, baisser le feu et incorporer le lait de coco dĂ©licatement, sans faire bouillir fort (il trancherait). Laisser rĂ©chauffer une Ă deux minutes pour lier. Hors du feu ou tout Ă la fin, ajouter le dernier filet d'azeite de dendĂȘ CRU : c'est lui qui donne la couleur rubis finale et le parfum caractĂ©ristique. Parsemer de coriandre fraĂźche. GoĂ»ter une derniĂšre fois. La sauce doit ĂȘtre onctueuse, dorĂ©e-rousse, nappant le poulet. C'est le geste de finition qui distingue un xinxim soignĂ©.
Servir le xinxim de galinha bien chaud, nappĂ© de sa sauce dorĂ©e, accompagnĂ© de riz blanc soltinho et d'une farofa (de dendĂȘ ou simple) qui absorbe la sauce. Dans un repas baiano de fĂȘte, il cĂŽtoie l'acarajĂ©, le caruru ou le vatapĂĄ. PrĂ©senter le piment Ă part pour ceux qui aiment relevĂ©. C'est un plat de partage, de famille et, dans les terreiros, d'offrande â on le sert avec le respect dĂ» Ă une comida de santo. La coriandre fraĂźche et un quartier de citron en finition rĂ©veillent l'ensemble.
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