vers 3 000 av. J.-C.
Premiers agriculteurs au bord du lac
Des populations de chasseurs-cueilleurs puis de premiers agriculteurs occupent la région du lac Malawi depuis le néolithique, comme l'attestent des sites archéologiques tels que Hora Mountain et Nkopola. Leur alimentation reposait sur la pêche dans le lac, la cueillette de tubercules et de fruits sauvages, ainsi que sur une agriculture naissante à base de sorgho et de mil. Ces pratiques constituèrent les fondations de l'identité alimentaire de la région.
vers 200 apr. J.-C.
Migrations bantoues et introduction du sorgho
Les grandes migrations bantoues apportent dans la région du lac Malawi des techniques agricoles développées, notamment la culture du sorgho (Sorghum bicolor) et du mil pénicillaire, qui deviennent les céréales de base des bouillies précédant l'introduction du maïs. Ces populations introduisent également la poterie permettant la cuisson des aliments et le stockage des grains, transformant profondément les modes alimentaires locaux. Les communautés Maravi, ancêtres des Chewa actuels, s'établissent progressivement dans la région.
XVIe siècle
Essor du royaume Maravi et commerce alimentaire
Le royaume Maravi, qui s'étend sur une grande partie de l'actuel Malawi entre le XVIe et le XVIIIe siècle, développe des réseaux commerciaux reliant la côte swahili à l'intérieur du continent, facilitant les échanges de denrées alimentaires. C'est dans ce contexte que des cultures américaines comme le maïs et l'arachide, introduites par les Portugais sur la côte est-africaine, commencent à pénétrer progressivement vers l'intérieur. Le maïs va progressivement supplanter le sorgho comme céréale dominante au cours des siècles suivants.
1859
Livingstone et le lac Nyasa : regard occidental
L'arrivée de l'explorateur David Livingstone au lac Nyasa (actuel lac Malawi) en 1859 marque le début d'une documentation écrite de la région par des observateurs européens, qui consignent les habitudes alimentaires locales basées sur le poisson, le sorgho et les légumineuses. La présence missionnaire et coloniale britannique qui s'ensuit accélère l'implantation massive du maïs comme culture vivrière principale, soutenue par les administrations coloniales pour sa productivité. Ce basculement vers le maïs transforme durablement la cuisine malawienne et crée la dépendance au nsima telle qu'on la connaît aujourd'hui.
1964
Indépendance et affirmation de l'identité culinaire
L'indépendance du Malawi le 6 juillet 1964, sous la direction du Dr Hastings Kamuzu Banda, s'accompagne d'une mise en valeur des cultures vivrières locales et d'une politique agricole centrée sur la production de maïs pour l'autosuffisance alimentaire nationale. Le nsima et le chambo deviennent des symboles identitaires forts, associés à la fierté nationale malawienne dans le discours politique et culturel. Cette période voit également le développement de politiques de pêche sur le lac Malawi, dont le chambo et l'usipa constituent les ressources principales.