vers 3 000 av. J.-C.
Civilisation Dilmoun et premières cultures vivrières
La région du Golfe Persique, dont fait partie le territoire koweïtien actuel, est en contact avec la civilisation de Dilmoun, centre commercial majeur mentionné dans les textes sumériens. Des traces archéologiques indiquent des pratiques de pêche et d'échanges de dattes, de céréales et de bétail entre les peuples du Golfe, de Mésopotamie et de la vallée de l'Indus. Ces premières interactions commerciales posent les bases d'une cuisine carrefour, mêlant influences mésopotamiennes, perses et indiennes.
début XVIIe siècle
Fondation de la ville et cuisine des pêcheurs
Les premières communautés sédentaires de ce qui deviendra la ville de Koweït s'établissent sur le littoral du Golfe au début du XVIIe siècle, fondant leur subsistance sur la pêche, la plongée pour les perles et le commerce maritime. La cuisine locale est alors essentiellement maritime : poissons du Golfe (notamment le zobaidi), crevettes et écrevisses, préparés simplement à la braise ou séchés pour la conservation. Le riz, importé d'Inde via les bouws (embarcations traditionnelles), commence à s'imposer comme aliment de base aux côtés des dattes.
vers 1716
Arrivée des tribus Bani Utub et gastronomie bédouine
L'installation définitive des tribus Bani Utub, ancêtres des familles régnantes actuelles, consolide Koweït comme cité-État marchande et apporte avec elle les traditions culinaires bédouines : harees, machboos, viandes grillées et laits fermentés. Cette fusion entre cuisine maritime côtière et héritage pastoral nomade constitue le socle de la gastronomie koweïtienne classique. Les routes caravanières et maritimes enrichissent progressivement la palette d'épices disponibles grâce aux échanges avec l'Inde, Zanzibar et la Perse.
1938
Pétrole, modernisation et bouleversement alimentaire
La découverte du pétrole en 1938, suivie de son exploitation commerciale intensive après 1945, transforme radicalement le Koweït en l'un des pays les plus riches du monde et provoque une révolution alimentaire sans précédent. L'essor économique attire des millions de travailleurs expatriés (indiens, pakistanais, libanais, égyptiens) dont les cuisines s'intègrent durablement au paysage gastronomique local. Les importations alimentaires massives diversifient les habitudes alimentaires, et les restaurants modernes côtoient les traditions culinaires ancestrales.
1990-1991
Invasion irakienne et renaissance culturelle culinaire
L'invasion irakienne du Koweït en août 1990 et la guerre du Golfe qui s'ensuit provoquent un exode massif de la population et une destruction partielle du tissu social et économique national. La période de reconstruction qui suit en 1991 est marquée par un puissant mouvement de réaffirmation de l'identité nationale koweïtienne, dont la cuisine traditionnelle devient un vecteur essentiel. Des initiatives gouvernementales et associatives encouragent alors la documentation et la préservation des recettes ancestrales, perçues comme un patrimoine culturel immatériel à protéger.