vers 2 300 av. J.-C.
Dilmoun, carrefour commercial et nourricier
L'archipel de Bahreïn constitue le cœur de la civilisation de Dilmoun, mentionnée dans les textes cunéiformes sumériens comme un paradis terrestre et une place commerciale prospère. Les fouilles archéologiques menées notamment par l'Université de Copenhague ont mis en évidence des restes de dattes, de céréales, de poissons et de coquillages, témoignant d'une alimentation diversifiée mêlant ressources locales et importations. Dilmoun servait d'intermédiaire entre la Mésopotamie et la civilisation de l'Indus, facilitant les échanges d'épices, de grains et de denrées alimentaires.
vers 300 av. J.-C.
Influence hellénistique sur les routes des épices
Sous l'influence de l'empire séleucide puis des échanges hellénistiques, Bahreïn (alors connue sous le nom de Tylos par les Grecs, attesté dans les écrits de Néarque) s'inscrit dans un réseau commercial élargi connectant la Méditerranée au sous-continent indien. Cette période voit l'intensification des échanges de denrées alimentaires, d'épices et de techniques culinaires entre cultures grecque, perse et arabe. Les nouvelles routes maritimes renforcent le rôle de l'archipel comme lieu de transit et de brassage des pratiques alimentaires.
vers 630 apr. J.-C.
L'islam codifie l'hospitalité et la table
L'islamisation de Bahreïn sous le calife Mahomet en 628-630 apr. J.-C. introduit des règles alimentaires (halal, interdiction du porc et de l'alcool) qui structurent durablement la cuisine locale et les pratiques d'hospitalité. Le Ramadan et les fêtes religieuses deviennent les grands moments de codification culinaire, faisant du harees, du machboos et des dattes des aliments rituellement chargés. La notion coranique de générosité envers l'hôte (diyafa) s'ancre dans les pratiques de table bahreïnies, encore vivaces aujourd'hui.
XVIe siècle
Occupation portugaise et métissages culinaires
La prise de Bahreïn par les Portugais en 1521, qui occupent l'archipel jusqu'en 1602, introduit de nouveaux produits alimentaires issus des échanges de l'empire lusitanien, notamment certains fruits tropicaux et techniques de conservation. Cette période coloniale, bien que brève, s'inscrit dans un mouvement plus large de circulation des plantes et des saveurs entre Amériques, Afrique, Inde et Golfe Persique via les routes portugaises. La cuisine bahreïnie continue cependant de s'appuyer sur son socle arabo-persan, les apports extérieurs s'y fondant progressivement.
années 1970
La manne pétrolière transforme les habitudes alimentaires
L'essor économique lié au pétrole, amorcé dès les années 1930 mais amplifié dans les années 1970, provoque une urbanisation rapide de Bahreïn et une profonde transformation des habitudes alimentaires, avec l'importation massive de produits étrangers et l'émergence de la restauration internationale. Paradoxalement, cette période déclenche aussi un mouvement de réappropriation et de valorisation de la cuisine traditionnelle bahreïnie, documentée et promue par des associations culturelles et des chercheurs locaux soucieux de préserver le patrimoine gastronomique. Des plats comme le machboos et le harees sont officiellement reconnus comme éléments du patrimoine immatériel national.