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Atlas Culinaire · Mongolie · Asie
La conserve laitière des nomades : du lait caillé égoutté, pressé sous une pierre, découpé puis séché des jours au soleil sur le toit de la yourte — dur comme pierre, il se garde presque indéfiniment.
Aaruul (ааруул) est l'un des aliments fondamentaux du nomade mongol, et la collation par excellence — un fromage séché, PAS une boisson. Sa raison d'être est la conservation : on fabrique le maximum de produits laitiers l'été (saison d'abondance du bétail) pour les consommer le reste de l'année sans réfrigération. Les débats portent sur les FORMES et le SÉCHAGE. Deux familles : le xorxoi aaruul (« aaruul-ver ») obtenu en pressant le caillé à travers une passoire à gros trous pour former des vermicelles, et le bazmal aaruul moulé à la paume de la main. Le séchage traditionnel au soleil ET au vent — sorti le jour, rentré la nuit pendant 7 à 14 jours — est aujourd'hui devenu rare, ce qui a valu à l'aaruul séché traditionnellement d'entrer à l'Arche du Goût de Slow Food comme produit menacé. Variations régionales tranchées : l'aaruul de Mongolie occidentale est mou et gras (lait cru non pasteurisé), le lait de chamelle donne le plus gras, celui de yak le deuxième ; l'aaruul d'Ajiin Bor est réputé pour son goût lacté. On le sucre parfois de baies sauvages (myrtille, argousier). Croyance ancrée : l'aaruul dur est bon pour les dents. Voir https://www.fondazioneslowfood.com/en/ark-of-taste-slow-food/traditionally-dried-aaruul/ et https://www.mongolfood.info/en/recipes/aaruul.html
Suutei tsai (thé au lait salé) — l'aaruul dur se trempe et se suce dans le thé chaud pour le ramollir
9/10 — collation et conserve laitière fondamentale du nomade mongol, présente toute l'année dans les familles pastorales, fabriquée en masse l'été pour l'hiver. Source de calcium et de protéines sans réfrigération, provision idéale du cavalier. L'aaruul séché traditionnellement (soleil + vent) est à l'Arche du Goût de Slow Food comme patrimoine menacé.
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Faire bouillir le lait puis le laisser tiédir, ou le laisser surir naturellement plusieurs jours avec un levain de yaourt. Le caillé (tarag) se forme : le solide se sépare du petit-lait. Pour un goût acide traditionnel, on laisse le yaourt s'acidifier plusieurs jours.
Faire chauffer doucement le lait caillé (sans bouillir violemment) en remuant pour que le caillé se resserre et que le petit-lait se sépare nettement. Cette étape concentre la matière solide.
Verser le caillé chaud dans un linge de coton fin posé sur une passoire. Soulever et laisser égoutter le maximum de petit-lait. On peut suspendre le linge pour accélérer l'égouttage.
Envelopper le caillé dans un autre linge, le placer entre deux planches de bois et poser une pierre lourde dessus. Presser plusieurs heures pour chasser toute l'humidité résiduelle et former un gâteau compact de quelques centimètres d'épaisseur.
Démouler le gâteau de caillé. Le découper au fil ou au couteau en morceaux d'environ 10 cm (forme classique), OU le presser à travers une passoire à gros trous pour former des « vermicelles » (xorxoi aaruul), OU le mouler à la paume (bazmal aaruul). C'est le moment d'incorporer sucre et baies pour la version sucrée.
Disposer les morceaux sur une planche de bois et les exposer au plein soleil et au vent — en Mongolie, sur le toit de la yourte. Rentrer impérativement la nuit (à l'abri de l'humidité) et ressortir le matin. Répéter chaque jour.
Poursuivre le séchage 7 à 14 jours selon le soleil et l'humidité de l'air, jusqu'à ce que les morceaux soient durs et secs. Plus c'est sec, plus la conservation est longue — un aaruul bien séché se garde presque indéfiniment sans réfrigération.
Conserver les morceaux secs dans un linge ou un sac, à l'abri de l'humidité. L'aaruul accompagne le cavalier nomade des jours durant, se glisse dans la poche, et constitue une source de calcium, protéines et vitamines pour l'hiver. On le grignote tel quel ou trempé dans le suutei tsai.
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