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Atlas Culinaire · Égypte · Afrique
Le sable de l'oasis se referme sur la bête, et le riz cuit dessous dans la graisse qui tombe.
Ali Aliwa (على عليوة), présenté par al-Youm al-Sabi' le 9 septembre 2022 comme l'un des cuisiniers les plus réputés de Siwa, reconnaît que « certains l'appellent al-mandi et d'autres al-mardam », puis concède sans détour que « oui, cela se fait en beaucoup d'endroits, mais à Siwa le goût est autre, et le secret réside dans le bois d'olivier et dans nos épices à nous ».
La fosse ne distingue donc rien : ce qui sépare l'abu mardam du zarb bédouin, c'est le combustible et le lexique.
Le relevé le confirme mot à mot, puisque le terme زرب n'apparaît pas une seule fois sur les sept pages égyptiennes consacrées à l'oasis dépouillées pour cette fiche, alors que Food Today (Sara Seif, 8 mai 2022) énumère précisément « al-zarb », « al-shu'a' » et « al-quzi » comme les appellations saoudiennes et yéménites de la même famille de cuisson, et réserve « abu mardam » à Siwa et aux oasis.
Reste une anomalie de presse qu'il faut signaler, parce qu'elle fausse le décompte des témoignages : la description technique la plus détaillée — fosse, fût, grille de fer, plateau de riz dessous, second plateau au-dessus — paraît d'abord dans Asharq al-Awsat le 8 mars 2020 sous la plume d'Omnia Hosny, recueillie auprès du cuisinier Fahmy Abdallah du camp Mountain d'Ali Khaled ; Sada al-Balad la republie mot pour mot le 12 mai 2020 en la plaçant dans la bouche d'un « Youssef al-Siwi » que le texte d'origine ne nomme nulle part.
Les deux pages ne portent donc qu'une seule voix, celle de Fahmy Abdallah, et c'est ainsi qu'elles sont pondérées ici.
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Détaillez le chevreau en gros morceaux d'un poids régulier, en gardant l'os partout où cela est possible, et fendez la volaille en deux par le bréchet plutôt que de la découper : la pièce doit tenir sur la grille sans déborder du fût, sous peine de toucher la paroi brûlante et de charbonner d'un côté. L'os compte parce que la moelle et le collagène se dissolvent lentement dans une chaleur d'étouffée et donnent au jus la consistance sirupeuse qui fera tout le riz du dessous. Entaillez la chair jusqu'à l'os en trois ou quatre endroits sur chaque gros morceau : la lame doit rencontrer une résistance ferme et la chair se refermer légèrement, signe qu'elle est encore fraîche et n'a pas été congelée. La cible est un lot de morceaux comparables, aucun ne dépassant deux travers de main. Si des pièces sont franchement plus grosses que les autres, réservez-les pour le centre de la grille, là où la chaleur est la plus égale.
Le pourquoiUne cuisson d'étouffée longue transforme le collagène en gélatine autour de 68 à 70 °C ; sans os ni tissu conjonctif, la viande sèche au lieu de fondre, car il n'y a plus rien à hydrolyser.
Lavez soigneusement les morceaux, puis frottez-les au gros sel avant de les couvrir de vinaigre et de jus de citron, et laissez-les s'égoutter jusqu'à ce que le liquide cesse de couler — c'est l'ordre exact que décrit Ali Aliwa. Ce premier temps n'est pas un assaisonnement mais un dégorgement : l'acide dénature les protéines de surface, chasse l'odeur forte du chevreau et de l'oie, et resserre la chair pour qu'elle retienne son eau pendant les deux heures de fosse. L'odeur doit basculer nettement, du relent animal vers une note franchement citronnée, et la surface de la chair pâlir et devenir mate. La cible est une viande qui ne rend plus de liquide rosé quand on la soulève. Si l'odeur de suint persiste après vingt minutes, renouvelez le citron plutôt que d'allonger le temps, car au-delà d'une heure l'acide commence à cuire la surface et la viande deviendra farineuse.
Le pourquoiL'acidité abaisse le pH de surface sous le point isoélectrique des protéines musculaires, ce qui augmente leur capacité de rétention d'eau et limite la perte en cuisson lente.
Mélangez oignons, tomates concassées, ail écrasé, olives vertes dénoyautées, romarin effeuillé, coriandre, cumin et poivre, et massez longuement chaque morceau pour faire entrer la préparation dans les entailles ; sur la viande rouge uniquement, ajoutez le zaatar libyen. Comptez une heure et demie de repos, quatre heures au maximum. Ce bouquet — olive, romarin, tomate — est la signature de Siwa et le sépare franchement du zarb bédouin, bâti lui sur un sept-épices à la cannelle et à la muscade. La marinade doit napper sans couler et sentir d'abord le romarin chauffé par la main. La cible est une viande entièrement gainée, sans zone nue. Si la préparation reste liquide, égouttez-la : un excès d'eau de tomate diluerait le jus qui doit tomber concentré dans le riz.
Le pourquoiLes composés soufrés de l'ail et les terpènes du romarin sont liposolubles : ils migrent dans le gras de la viande, non dans l'eau, d'où l'intérêt d'un massage prolongé plutôt que d'un simple bain.
Creusez dans le sable sec une fosse profonde aux dimensions du fût et descendez celui-ci en son centre, en laissant son bord dépasser de quelques centimètres afin que le sable ne puisse jamais retomber à l'intérieur — c'est le montage que décrit Fahmy Abdallah, et il n'a rien du panier suspendu du zarb. Le fût sert de chambre de cuisson et de coffrage : le sable, tout autour, ne chauffe pas les aliments, il isole. La paroi doit être stable au point qu'une poussée de la main ne la déplace pas, et le fond du fût reposer à plat. La cible est un foyer d'aplomb, dont le bord affleure d'un travers de doigt au-dessus du sable environnant. Si le sable s'éboule pendant le creusement, humectez très légèrement les parois EXTÉRIEURES de la fosse, jamais l'intérieur du fût.
Le pourquoiLe sable sec est un isolant médiocre conducteur mais de forte inertie : il ne transmet pas la chaleur, il empêche la convection et retient l'air chaud, ce qui transforme le fût en enceinte quasi adiabatique.
Allumez le bois d'olivier au fond du fût et entretenez le feu deux heures durant, jusqu'à ce que toute flamme ait disparu et qu'il ne reste qu'un lit de braises rouges — les cuisiniers de l'oasis disent brûler l'olivier « précisément », et le chef Nasser Hilali parle d'attendre le « charbon rouge ». C'est ici que se joue l'écart avec toutes les autres cuissons enterrées : l'olivier, dense et peu résineux, donne une braise compacte qui tient deux heures et une fumée douce, très différente de l'acacia du désert. L'odeur doit être franchement fruitée, sans âcreté, et les braises rougeoyer sous une pellicule de cendre grise. La cible est un lit de braises épais de deux bons travers de main, sans la moindre flamme. Si des flammes persistent, attendez : descendre les aliments sur une flamme les noircirait sans les cuire.
Le pourquoiLa combustion complète du bois élimine les composés phénoliques lourds et les goudrons ; seule la braise, qui rayonne dans l'infrarouge sans flamme, cuit sans déposer d'amertume à la surface des aliments.
Posez d'abord le plateau de riz — riz rincé, eau chaude salée, une cuillerée de samna — au-dessus des braises, puis calez la grille de fer par-dessus et disposez enfin la viande marinée sur cette grille. Cet ordre est la clé du plat et l'exact inverse du zarb du Sinaï, où les légumes couronnent la viande : ici, c'est le riz qui occupe le point bas, précisément pour recevoir la graisse et les sucs qui tomberont pendant deux heures. Rien ne doit toucher les braises, et le plateau doit conserver une lame d'air sous lui. La cible est un empilement stable en trois niveaux, que l'on peut faire pivoter d'un quart de tour sans que rien ne bouge. Si la grille ploie sous le poids, doublez-la ou répartissez la viande vers les bords, où elle reposera sur le cadre.
Le pourquoiLe rayonnement décroît avec le carré de la distance : quelques centimètres gagnés sous le plateau de riz suffisent à passer d'un fond carbonisé à une cuisson par vapeur et graisse ruisselante.
Coiffez le fût du second plateau métallique en l'appuyant fermement, puis pelletez le sable par-dessus et tout autour jusqu'à ne plus rien voir du foyer : c'est le ردم, l'ensevelissement, et c'est de ce geste que vient le nom « abu mardam ». Le sable chaud comprime et scelle, et l'ensemble cuit désormais sous la double action de la chaleur des braises et de la pression du sable, formule que reprennent mot pour mot toutes les sources de l'oasis. Aucun filet de fumée ne doit s'échapper. La cible est un monticule lisse, sans évent visible. Si un mince ruban de fumée sort quelque part, rechargez aussitôt du sable à cet endroit précis : c'est une fuite de chaleur qui coûtera trente minutes de cuisson.
Le pourquoiEn atmosphère confinée et saturée d'humidité, la cuisson se fait par vapeur sous très légère surpression : le transfert thermique est bien plus efficace qu'en air sec, ce qui explique qu'une heure et demie suffise là où un four classique demanderait le double.
Laissez cuire d'une heure et demie à deux heures pour la volaille, et jusqu'à trois heures pour le chevreau et le mouton, sans jamais ouvrir ni sonder. La discipline est ici la seule technique : chaque ouverture fait tomber la température de plusieurs dizaines de degrés et impose de rallonger d'autant, et le sable remis en place ne scellera plus aussi bien. Rien ne se voit ni ne s'entend pendant ce temps — tout au plus perçoit-on, en fin de course, une odeur de romarin et de graisse chaude qui traverse le sable. La cible est un temps tenu sans intervention. Si un doute sérieux survient sur la puissance du foyer, prolongez de trente minutes plutôt que d'ouvrir : en atmosphère saturée, un excès de temps dessèche infiniment moins qu'une chute de température.
Le pourquoiLa collagénolyse demande du temps à basse température plutôt qu'une chaleur vive : au-delà de deux heures autour de 90 à 100 °C, le collagène se convertit massivement en gélatine et la fibre musculaire se détache toute seule.
Dégagez le sable à la pelle, retirez le plateau supérieur en le soulevant loin du visage — la vapeur accumulée s'échappe d'un coup et brûle — puis sortez la grille et enfin le plateau de riz. La viande doit se détacher de l'os à la simple pression du doigt, dorée mais jamais croûtée, et le riz du dessous avoir absorbé toute la graisse jusqu'à prendre une teinte ambrée. Dressez la viande au centre du riz, en plat de partage, avec la salade et le pain de l'oasis. La cible est un riz brillant et détaché, et une chair qui cède sans résistance. Si la viande résiste encore à l'os, remontez l'ensemble, refermez et réensevelissez trente minutes : rien n'est perdu tant que les braises rougeoient.
Le pourquoiLa graisse fondue ruisselle dans l'amidon gélatinisé du riz et s'y fixe en refroidissant légèrement, ce qui donne des grains enrobés et détachés plutôt que collants.
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Sourcer ou se taire
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