Chargement de lâatlas
Atlas Culinaire · Antigua-et-Barbuda · Amériques
L'autre grand plat de chĂšvre antiguais â celui qui vient d'Inde par TrinitĂ©, et qu'on ne confond pas avec le goat water
Le goat water est un ragoût à la cannelle et au clou de girofle, descendant de l'Irish stew de Montserrat, servi en gobelet.
Le curry goat est tout autre chose : un **curry indo-caribĂ©en**, arrivĂ© dans les Petites Antilles anglophones avec les travailleurs sous contrat venus d'Inde du Nord aprĂšs 1845 et diffusĂ© depuis TrinitĂ© â la mĂȘme filiation que le roti de Saint John's.
Ni cannelle, ni clou de girofle, ni gobelet : de la poudre de curry frite dans l'huile, du lait de coco, et un service sur riz.
sandals.com le recense parmi les plats traditionnels antiguais avec un conseil de terrain â « if Goat Curry is on the menu, it's recommended not to miss it, with a side order of Provisions » â et cite des adresses locales, Caribbean Taste Ă English Harbour et Dennis Cocktail Bar & Restaurant sur Ffryes Beach.
DeuxiÚme point technique, celui qui rate le plus souvent : **le tempérage**.
La poudre de curry doit ĂȘtre dĂ©layĂ©e en pĂąte puis **frite trente Ă quarante secondes dans l'huile chaude** avant tout liquide ; jetĂ©e directement dans l'eau, elle reste crue, poussiĂ©reuse et amĂšre jusqu'Ă la fin.
TroisiĂšme point : la chĂšvre se prend **sur l'os** et demande deux heures â un curry de chĂšvre ratĂ© est presque toujours un curry trop court.
Enfin, un point de sécurité alimentaire systématique : toute poudre de curry commerciale contient de la moutarde, allergÚne UE à déclarer.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Détailler la chÚvre sur l'os en morceaux de la taille d'une grosse noix, en gardant les os. Frotter la viande au vinaigre ou au jus de lime pendant une minute, rincer abondamment à l'eau froide et éponger soigneusement. Ce nettoyage est systématique dans les cuisines caribéennes et il a un effet réel sur le goût de la chÚvre, dont l'odeur prononcée rebute ceux qui n'y sont pas habitués.
Le pourquoiL'acide dénature les protéines de surface et neutralise une partie des composés volatils responsables du goût prononcé de la chÚvre.
MĂȘler la viande avec 2 c.Ă .s. de poudre de curry, la moitiĂ© de l'ail Ă©crasĂ©, le gingembre rĂąpĂ©, le cumin et 3 c.Ă .s. de jus de lime. Malaxer Ă la main pour enrober chaque morceau, en insistant prĂšs des os. Couvrir et laisser mariner **deux heures minimum au rĂ©frigĂ©rateur, idĂ©alement toute la nuit**. La viande prend une couleur jaune orangĂ© profonde. Sortir du froid quarante-cinq minutes avant de cuire.
Le pourquoiL'acide citrique ouvre les fibres musculaires et permet aux composés du curry de migrer au-delà de la surface pendant le repos.
C'est le geste indo-caribĂ©en fondamental. Chauffer 5 c.Ă .s. d'huile dans une cocotte Ă fond Ă©pais, y faire suer les oignons Ă©mincĂ©s et le reste de l'ail trois minutes. DĂ©layer les 2 c.Ă .s. de curry restantes avec un peu d'eau pour en faire une pĂąte, la verser dans l'huile chaude et **la laisser frire trente Ă quarante secondes en remuant sans arrĂȘt**. Elle fonce de deux tons, grĂ©sille, et l'odeur passe brutalement de poussiĂ©reuse Ă ronde et grillĂ©e.
Le pourquoiLes composĂ©s aromatiques des Ă©pices sont liposolubles ; la friture les libĂšre dans le gras et dĂ©truit en mĂȘme temps l'amertume des poudres crues.
Ajouter la chÚvre marinée dans la cocotte et remuer vigoureusement pour l'enrober entiÚrement du curry frit. Faire revenir sept à huit minutes à feu vif, en plusieurs fois si la cocotte est petite : la viande colore, se contracte et libÚre un peu d'eau qui déglace le fond. Gratter les sucs à la cuillÚre en bois. Ajouter alors le bouquet de cives et de thym et le Scotch bonnet entier, non incisé.
Le pourquoiL'enrobage à chaud fixe le curry sur la viande et amorce une caramélisation superficielle des sucs qui donnera de la profondeur au plat.
Couvrir d'eau à hauteur, porter à frémissement, couvrir et laisser mijoter **une heure et demie à feu doux**, en vérifiant le niveau de temps en temps et en complétant à l'eau chaude si nécessaire. Ajouter alors le lait de coco, remuer, et poursuivre à découvert. Le curry commence à réduire, l'huile commence à se séparer, et la viande à se détacher des os. C'est la durée, pas l'intensité, qui fait le travail.
Le pourquoiLa conversion du collagĂšne de la chĂšvre en gĂ©latine demande une exposition prolongĂ©e entre 80 et 90 °C â l'Ă©bullition violente ne l'accĂ©lĂšre pas, elle durcit les fibres.
Ajouter les 400 g de pommes de terre en cubes de trois centimĂštres et poursuivre **trente minutes Ă dĂ©couvert**, en remuant dĂ©licatement. Les pommes de terre cuisent, libĂšrent leur amidon et Ă©paississent le curry pendant que la viande finit de s'attendrir. Saler et poivrer maintenant, quand la sauce a rĂ©duit. Retirer le piment entier et le bouquet d'aromates. VĂ©rifier le repĂšre : l'huile orangĂ©e doit ĂȘtre remontĂ©e en surface.
Le pourquoiLa sĂ©paration de l'huile signale que l'eau libre a suffisamment rĂ©duit et que l'Ă©mulsion Ă©pices-gras est stabilisĂ©e â c'est le marqueur classique d'un curry abouti.
Hors du feu, parsemer de coriandre ou de shadow beni ciselĂ© et laisser reposer cinq minutes Ă couvert. Servir sur du riz blanc ou du riz aux pois d'Angole, avec **des provisions bouillies Ă cĂŽtĂ©** â igname, banane verte, patate douce â qui sont l'accompagnement recommandĂ© sur place. Ajouter un chutney de mangue Ă part. Comme tous les curries, celui-ci est meilleur le lendemain, rĂ©chauffĂ© doucement.
Le pourquoiPendant le refroidissement, les composés aromatiques continuent de migrer dans la matiÚre grasse et la gélatine, ce qui homogénéise le goût.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.