Chargement de lâatlas
Atlas Culinaire · Antigua-et-Barbuda · Amériques
La seule soupe antiguaise sans huile ni beurre â le poisson glisse dans le bouillon et n'y reste que cinq minutes
La recette de référence, publiée par le guide gastronomique national foodanddrink-antigua.com sous la signature du **chef Marvin George, de l'hÎtel Hermitage Bay**, le revendique explicitement : « this extremely healthy recipe uses no oil or butter and the fish is gently cooked in the seasoned broth keeping it moist and not masking the delicate flavour of the fish ».
LĂ oĂč le conch water part d'un suage d'aromates dans l'huile, la fish water part d'une eau salĂ©e que l'on parfume â un renversement complet de mĂ©thode, cohĂ©rent avec la fragilitĂ© du produit.
DeuxiĂšme point tranchĂ© par la mĂȘme source : le poisson est **coupĂ© en cubes et ne cuit que cinq minutes**, Ă feu rĂ©duit, en fin de prĂ©paration.
Cinq minutes, pas quinze : au-delà , la chair de mahi-mahi ou de mérou se défait en filaments et le plat perd toute tenue.
TroisiÚme marqueur, le féculent : ce sont des **bananes vertes pré-bouillies et pelées**, coupées en rondelles d'un demi-pouce, et non des ignames ou des dumplings comme dans les autres « water ».
Enfin les gombos y sont **blanchis, refroidis en bain glacĂ©, Ă©gouttĂ©s puis tranchĂ©s** avant d'entrer dans la soupe â un traitement qui fixe leur vert, coupe court Ă leur mucilage et les empĂȘche de rendre le bouillon filant.
C'est une soupe de chef, prĂ©cise, et elle appartient au mĂȘme rĂ©pertoire du samedi que ses cousines.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Plonger les cinq bananes vertes entiĂšres, non pelĂ©es, dans une casserole d'eau bouillante salĂ©e et les cuire vingt minutes, jusqu'Ă ce qu'une pointe de couteau entre sans forcer. Les Ă©goutter, les laisser tiĂ©dir cinq minutes, puis **les peler** â la peau se retire alors d'un geste, alors qu'elle rĂ©siste et tache quand on la travaille crue. Couper enfin la chair en rondelles d'un demi-pouce, soit environ un centimĂštre et demi. RĂ©server.
Le pourquoiLe latex de la banane verte crue coagule à la cuisson ; pelée aprÚs ébullition, elle ne salit ni les mains ni le bouillon.
Porter une casserole d'eau Ă Ă©bullition et y plonger les 225 g de gombos entiers, queue intacte, pendant deux minutes seulement. Les transfĂ©rer immĂ©diatement dans un grand bol d'eau glacĂ©e et les y laisser trois minutes, puis les Ă©goutter trĂšs soigneusement. Les trancher alors en rondelles d'un centimĂštre. Le traitement paraĂźt excessif pour un lĂ©gume ; il est ce qui empĂȘche la soupe de devenir filante.
Le pourquoiLe choc thermique du bain glacĂ© fixe la chlorophylle et arrĂȘte la dĂ©gradation cellulaire qui libĂšre le mucilage Ă©paississant du gombo.
DĂ©tailler les 900 g de filets de mahi-mahi ou de mĂ©rou en cubes rĂ©guliers de trois centimĂštres, en retirant au passage toute arĂȘte ou peau restante. Les Ă©taler sur un plateau et **les saler et poivrer directement, Ă sec**, sur toutes les faces, puis les laisser reposer dix minutes Ă tempĂ©rature ambiante. C'est ainsi que le poisson est assaisonnĂ© dans cette recette : pas par le bouillon, mais avant d'y entrer.
Le pourquoiLe sel appliqué en surface dénature légÚrement les protéines externes et forme un film qui retient l'humidité pendant la cuisson courte.
Porter deux litres d'eau salĂ©e Ă Ă©bullition dans une grande marmite. Y ajouter le cĂ©leri finement tranchĂ©, l'oignon rouge, les juliennes de poivrons rouge et jaune, l'ail Ă©crasĂ©, les cives et le brin de thym. **Aucune huile, aucun beurre** : c'est le principe mĂȘme du plat. Laisser bouillir dix minutes Ă dĂ©couvert. Le bouillon prend une teinte dorĂ©e pĂąle et l'odeur des poivrons cuits monte franchement.
Le pourquoiEn l'absence de matiÚre grasse, seuls les composés hydrosolubles des légumes passent dans le bouillon, ce qui donne une soupe nette et légÚre au lieu d'une soupe ronde.
Ajouter les rondelles de banane verte prĂ©-bouillies dans le bouillon parfumĂ© et **remonter Ă Ă©bullition franche**. Laisser trois Ă quatre minutes : les rondelles se rĂ©chauffent, s'imprĂšgnent du bouillon et libĂšrent un peu d'amidon qui lui donne une trĂšs lĂ©gĂšre liaison. C'est le seul Ă©paississement du plat, et il reste discret â la fish water est la plus fluide de la famille des « water », sans pour autant ĂȘtre un consommĂ©.
Le pourquoiUne brÚve reprise d'ébullition libÚre l'amylose de surface de la banane sans faire éclater la structure du tubercule.
C'est l'étape critique, et elle dure exactement cinq minutes. **Réduire immédiatement le feu** pour que le bouillon cesse de bouillir et ne frémisse plus que par intermittence, puis y faire glisser les cubes de poisson assaisonnés, un à un, sans les jeter en tas. Laisser pocher **cinq minutes, à découvert, sans remuer**. Le poisson passe du translucide au blanc opaque et reste en morceaux entiers. Ajouter les gombos tranchés dans la derniÚre minute.
Le pourquoiLa chair de poisson coagule dÚs 55-60 °C ; un pochage à frémissement la cuit sans provoquer la contraction brutale qui l'assÚche et la fait s'effriter.
Servir immĂ©diatement en bols larges, en rĂ©partissant Ă©quitablement cubes de poisson, rondelles de banane, gombos et juliennes de poivron â la beautĂ© du plat tient Ă la lisibilitĂ© de chaque Ă©lĂ©ment. Presser un quartier de lime au dernier moment. C'est une soupe qui ne se garde pas : le poisson continue de cuire dans le bouillon chaud, et la rĂ©chauffer le lendemain le rĂ©duit en miettes. Elle se sert avec du pain pour saucer et une pepper sauce Ă part.
Le pourquoiL'absence de lipides prive le bouillon de sa capacitĂ© Ă retenir la chaleur et les arĂŽmes volatils, d'oĂč l'importance du service immĂ©diat.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier Ă cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.