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Atlas Culinaire · Philippines · Asie
Le gâteau de riz totem de Noël aux Philippines — moelleux, fumé par la feuille de bananier, couronné d'œuf salé, de fromage et de coco râpée, dévoré chaud à la sortie de la Simbang Gabi
Le débat central du bibingka oppose le galapong à la farine de riz. La version ancestrale exige le galapong : du riz gluant trempé toute une nuit dans des jarres tapayan pour fermenter avec la levure sauvage bubod ou le vin de palme tuba, puis broyé à la meule en une pâte — c'est cette fermentation qui donne le moelleux et la légère acidité authentiques, comme le détaille Wikipédia. Les versions modernes (Kawaling Pinoy, Foxy Folksy) reconnaissent ouvertement prendre un raccourci avec de la farine de riz, voire de la farine de blé ou du mochiko japonais, par commodité domestique. Second point tranché : la cuisson. Le bibingka authentique se cuit dans un bol en terre cuite tapissé de feuille de bananier, avec des braises DESSUS ET DESSOUS — c'est ce double feu qui caramélise la surface et infuse l'arôme de feuille toastée, impossible à reproduire fidèlement au four domestique. Enfin, la garniture canonique reste l'œuf de cane salé tranché + le fromage, mais certains puristes jugent le fromage industriel kesong puti une trahison. Le bibingka est indissociable de la Simbang Gabi (Misa de Gallo), la neuvaine de messes de l'aube précédant Noël : on le mange chaud sur le parvis des églises avec le puto bumbong, marqueur identitaire des fêtes philippines.
Salabat (infusion de gingembre frais sucrée) brûlante, le réflexe de la Simbang Gabi à l'aube ; ou tsokolate (chocolat chaud épais battu au batirol). Café noir pour les adultes.
Emblème absolu de Noël aux Philippines : on le vend chaud sur le parvis des églises pendant les neuf jours de la Simbang Gabi (Misa de Gallo), la neuvaine de messes de l'aube qui précède Noël, en duo avec le puto bumbong. Marqueur identitaire des fêtes de fin d'année, indissociable de la diaspora philippine qui le reproduit partout dans le monde en décembre.
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Nettoyer les feuilles de bananier à l'eau tiède, les couper en cercles légèrement plus grands que les moules. Passer chaque feuille rapidement au-dessus d'une flamme 2-3 secondes par face : elle devient souple, brillante et libère son parfum. Tapisser les moules à bibingka (ou des moules ronds en aluminium) en laissant dépasser les bords. Cette feuille est l'âme aromatique du gâteau, pas un simple anti-adhésif.
Dans un grand bol, fouetter ensemble la farine de riz, la farine de riz gluant, le sucre, la levure chimique et le sel. Bien homogénéiser pour répartir la levure, qui assure la levée au four à défaut du double feu de braises traditionnel. Réserver.
Verser le lait de coco, l'eau, les œufs battus et le beurre fondu sur les ingrédients secs. Fouetter jusqu'à une pâte lisse et fluide, sans grumeaux. Idéalement, couvrir et réserver une nuit au réfrigérateur : la pâte épaissit et la texture finale gagne en moelleux. Sinon laisser reposer 30 min.
Préchauffer le four à 190 °C. Verser la pâte dans les moules tapissés, aux trois quarts. Disposer sur le dessus les tranches d'œuf de cane salé et le fromage. Enfourner sur la grille basse 20 à 25 min, jusqu'à ce que les bords prennent et qu'un cure-dent ressorte à peine propre.
Passer les moules sous le gril (broil) en haut du four 1 à 2 min, en surveillant, jusqu'à ce que le dessus dore et se tache de marques caramélisées. Cette étape imite le feu de braises supérieur du bol en terre cuite traditionnel et apporte le léger fumé caractéristique. Sortir dès que la couleur est obtenue.
À la sortie du four, badigeonner aussitôt le dessus chaud de beurre fondu, saupoudrer de sucre, puis couvrir généreusement de noix de coco fraîche râpée. Le beurre fond dans la mie chaude et fixe le sucre et la coco. Démouler avec la feuille de bananier.
Servir le bibingka brûlant, dans sa feuille de bananier, comme sur le parvis des églises après la messe de l'aube. Se mange à la main ou à la fourchette, accompagné de salabat (infusion de gingembre) ou de tsokolate. C'est un gâteau de fête, pas un gâteau de garde : il se déguste le jour même.
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Sourcer ou se taire
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