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Atlas Culinaire · Turquie · Asie
La pâtisserie des exilés — cinq siècles après l'expulsion d'Espagne, le boyoz d'İzmir garde l'huile de sésame des cuisines séfarades comme signature de son authenticité
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Dans un grand bol, mélanger la farine et le sel. Creuser un puits, verser l'eau progressivement en pétrissant à la main pendant 10 minutes jusqu'à obtenir une pâte souple, non collante, élastique. La pâte ne doit pas contenir de matière grasse à ce stade — c'est l'huile qui sera incorporée en couches successives. Couvrir d'un linge humide et laisser reposer 30 minutes à température ambiante.
Mélanger l'huile de sésame et le tahin dans un bol. Diviser la pâte en 8 boules égales. Aplatir chaque boule en disque fin (3–4 mm) avec les mains ou un rouleau. Badigeonner généreusement d'huile de sésame-tahin. Plier le disque en quatre, puis étaler à nouveau et badigeonner. Répéter 3 fois par portion (3 cycles plier-étaler-huiler). Former une boule en ramenant les bords vers le centre. Disposer sur une plaque huilée, couvrir de film alimentaire et laisser reposer 45 minutes minimum au frais.
Sortir les boules de pâte 15 minutes avant la cuisson. Sans rouleau (juste les mains), aplatir chaque boule en galette ronde de 8–10 cm de diamètre et 1 cm d'épaisseur. Le boyoz doit être légèrement épais — ce n'est pas une crêpe. Disposer sur une plaque recouverte de papier cuisson légèrement huilé, en espaçant bien (ils gonflent à la cuisson).
Préchauffer le four à 200°C chaleur tournante pendant 20 minutes (température précise critique). Enfourner les boyoz pour 20–25 minutes. Surveiller : la surface doit être dorée et légèrement craquelée, le dessous ferme au toucher. Le boyoz authentique n'est pas brillant (pas de dorure à l'œuf). Sortir dès que la surface atteint une couleur dorée uniforme — trop cuit, il devient sec et perd son arôme de sésame.
Disposer les boyoz chauds sur une assiette ou dans une serviette. Accompagner impérativement d'un œuf dur saupoudré de poivre noir moulu (l'accord canonique d'İzmir) et d'un verre de thé noir fort. Le boyoz se mange avec les mains, en le cassant pour voir le feuilletage intérieur. Il n'y a pas de garniture ni de condiment — tout l'intérêt est dans l'arôme de sésame et la texture feuilletée-moelleuse.
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Sourcer ou se taire
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