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Atlas Culinaire · Îles Caïmans · Amériques
Le ragoût-totem caïmanais — du poisson frais lové dans une crème de coco réduite à feu doux jusqu'au « custard », porté par les breadkind (cassava, plantain, igname) et les cornmeal dumplings
Le rundown n'est pas un curry de coco rapide. C'est d'abord une technique, et son nom la décrit.
Poisson frais ou bœuf salé ? La question divise les familles caïmaniennes selon la côte, et les deux versions sont anciennes.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Rincer les darnes de snapper à l'eau froide. Les frotter avec le jus des citrons verts et le sel de mer, puis laisser reposer 20 minutes au frais. Ce passage au citron vert (limón criollo caymanais) nettoie l'odeur de mer et raffermit la chair avant le pochage. Réserver au réfrigérateur pendant qu'on prépare la base.
Le pourquoiLe lavage au citron vert resserre la chair et neutralise l'odeur marine trop franche. C'est le préalable caribéen, et il compte double ici : le poisson finira dans une sauce très riche qui ne pardonnerait pas un goût de vase.
Peler et couper le cassava, l'igname/breadfruit et le potiron en gros cubes ; trancher le plantain mûr en rondelles épaisses. Réserver dans un bol d'eau froide. Pour les dumplings, mélanger la semoule de maïs, la farine et le sel, ajouter l'eau tiède peu à peu jusqu'à une pâte ferme et lisse, pétrir 3-4 minutes. Façonner des boudins de la taille du pouce. Couvrir d'un linge.
Le pourquoiLes breadkind — manioc, plantain, igname — ne sont pas une garniture : ce sont eux qui portent le plat et qui absorbent le custard. Le rundown est un plat de racines autant que de poisson.
Faire bouillir le lait de coco jusqu'au custard — Verser le lait de coco frais épais dans une grande marmite à fond épais (idéalement fonte). Porter à ébullition franche À DÉCOUVERT, puis ramener à feu moyen et laisser réduire 60 à 90 minutes sans couvercle. L'eau s'évapore progressivement : il doit finir par rester un mélange d'huile claire qui perle en surface et d'un custard ambré épais au fond. C'est cette « rundown » qui donne son nom et son âme au plat.
Le pourquoiVoilà toute la recette, et son nom. Le lait de coco bouilli à découvert une heure à une heure et demie se casse : l'eau part, l'émulsion se rompt, et il reste un custard épais où des perles d'huile remontent. C'est un plat de lait de coco réduit, pas un plat au lait de coco.
Dans le custard chaud, jeter l'oignon émincé, les scallions, l'ail et le gingembre. Faire suer 4-5 minutes en remuant : l'huile de coco fait office de matière grasse. Ajouter la tomate concassée, le piment de la Jamaïque et le thym. Déposer le Scotch bonnet ENTIER (non percé pour un parfum sans feu, percé si vous voulez du piquant). Laisser fondre l'ensemble 5 minutes.
Le pourquoiLes aromates entrent DANS le custard déjà formé, pas avant : ils y confisent doucement dans l'huile de coco rendue, ce qui leur donne une douceur que la cuisson à l'eau ne produit pas.
Verser environ 500 ml d'eau chaude (ou de bouillon de poisson) sur les aromates pour détendre la sauce. Ajouter le cassava, l'igname/breadfruit et le potiron. Couvrir et laisser mijoter à feu moyen 15-18 minutes, jusqu'à ce que le cassava commence à s'attendrir mais reste ferme à cœur. Le potiron va se déliter et épaissir naturellement la sauce.
Le pourquoiLes racines cuisent maintenant dans le custard allongé d'eau chaude. Elles y libèrent leur amidon, qui épaissit encore la sauce — et elles s'imprègnent en retour du coco réduit.
Ajouter les rondelles de plantain mûr et déposer les cornmeal dumplings en surface de manière à ce qu'ils cuisent à la vapeur du ragoût sans être totalement immergés. Couvrir et poursuivre la cuisson 10 minutes. Les dumplings gonflent et deviennent moelleux ; le plantain s'attendrit et libère sa douceur dans la sauce.
Le pourquoiLe plantain mûr apporte le sucré qui répond au gras du coco, et les dumplings de semoule de maïs finissent d'épaissir la sauce. Ils entrent tard, ils cuisent vite.
Nicher délicatement les darnes de snapper marinées dans la sauce, peau vers le haut, en les laissant à demi submergées. Réduire le feu au minimum, couvrir et pocher 12-15 minutes, jusqu'à ce que la chair soit nacrée et se détache à la fourchette. Ne plus remuer. Goûter et rectifier le sel seulement maintenant, le custard ayant concentré les saveurs.
Le pourquoiLe poisson arrive en tout dernier et ne fait que pocher dans le custard. Il est fragile : entré plus tôt, il se déferait entièrement et il ne resterait que des filaments.
Couper le feu et laisser reposer 5 minutes couvert : la sauce s'harmonise et nappe le breadkind. Servir le rundown dans des bols creux, une darne de snapper par convive, entourée de cassava, plantain, igname et dumplings, bien nappés de custard de coco. Parsemer de thym frais et d'un trait de citron vert. Accompagner de riz blanc si l'on veut, mais le breadkind suffit traditionnellement.
Le pourquoiCinq minutes hors du feu laissent la sauce s'harmoniser et le poisson finir de cuire dans la chaleur résiduelle. C'est aussi ce qui évite de servir un plat brûlant dont on ne goûte rien.
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Une thèse réductrice les rapproche : le fish tea ne serait qu'un rundown trop cuit. C'est faux, et l'écart est structurel. Le rundown est monté sur du lait de coco réduit jusqu'au custard épais ; le fish tea sur un bouillon CLAIR de tête de mérou. Deux constructions opposées, pas deux stades d'une même cuisson.
Voir la recette →CousineLes deux ragoûts au lait de coco des Caïmans, et deux dumplings. Le rundown réduit son coco jusqu'au custard et y niche du poisson, avec des boudins de semoule de maïs ; le conch stew presse son coco maison et le lie au sea pie, ces carrés de pâte étirés à la main.
Voir la recette →CousineLe pain et la sauce. Le johnny cake frit accompagne le rundown comme il accompagne le fish fry : sa croûte crousille et son cœur tendre absorbe le custard de coco. C'est le pain quotidien des Caïmans, et il va avec tout.
Voir la recette →Le même nom et la même technique, d'île en île. Le run down jamaïcain — rondón sur la côte caraïbe d'Amérique centrale — repose comme le caïmanien sur le lait de coco bouilli jusqu'à ce qu'il se casse en custard. Le nom décrit la réduction, ou la sauce qui coule au menton : les deux explications circulent, aucune n'est prouvée.
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