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Atlas Culinaire · Pologne · Europe
La galette emblĂ©matique de Lublin : un disque de pĂąte semi-levĂ©e briochĂ©e garni d'oignon doux hachĂ© et de pavot bleu â hĂ©ritage des boulangers juifs de la vieille ville, aujourd'hui protĂ©gĂ© IGP par l'Union europĂ©enne
Ă Lublin, au coeur de la Lubelszczyzna, il existe une galette qui sent l'oignon dĂšs l'aube et qui porte en elle cinq siĂšcles d'histoire multiculturelle. Le cebularz lubelski â disque de pĂąte semi-levĂ©e couronnĂ© d'un mĂ©lange d'oignon hachĂ© et de graines de pavot bleu â est nĂ© dans les fours des boulangers juifs de la Vieille Ville au XIXe siĂšcle. La communautĂ© juive reprĂ©sentait alors prĂšs d'un tiers de la population de Lublin ; leurs boulangeries de la Stare Miasto produisaient ce pain plat quotidiennement, en version sucrĂ©e-salĂ©e oĂč le pavot Ă©voquait les pains de Shabbat de l'Europe centrale. Le mot cebularz vient simplement de cebula, l'oignon en polonais â et c'est exactement ce qu'il promet : une franchise aromatique sans dĂ©tour.
LA CONTROVERSE DU CEBULARZ LUBELSKI EST D'ABORD JURIDIQUE ET TRANCHĂE PAR L'UE ELLE-MĂME.
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Garniture â PrĂ©parer la garniture oignon-pavot Ă l'avance â Hacher 250 g d'oignons en dĂ©s rĂ©guliers de 3-4 mm â ni bouillie, ni gros morceaux. Plonger les dĂ©s 1 Ă 2 minutes dans une casserole d'eau bouillante : ce blanchiment partiel adoucit le piquant de l'oignon sans le caramĂ©liser, Ă©tape NON nĂ©gociable selon Aniagotuje car un oignon cru brĂ»lerait et amertumerait au four. Ăgoutter Ă fond, puis presser dans un linge propre pour Ă©liminer le maximum d'eau. MĂ©langer l'oignon tiĂšde avec 2 c.Ă .s. d'huile, 2 c.Ă .s. de pavot bleu non moulu et 0,5 c.Ă .c. de sel. Couvrir et rĂ©server au frais au moins 2 heures, idĂ©alement la veille â les arĂŽmes se lient et le mĂ©lange perd son agressivitĂ©.
PĂąte â Faire le levain puis pĂ©trir la pĂąte semi-levĂ©e â DĂ©layer la levure fraĂźche Ă©miettĂ©e avec une pincĂ©e de sucre, 2 c.Ă .s. de farine prĂ©levĂ©es sur les 400 g et 100 ml de lait tiĂšde. Laisser ce levain mousser 20 Ă 30 minutes dans un endroit tiĂšde jusqu'Ă ce qu'il double et fasse des bulles. Verser le levain dans le reste de farine, ajouter les 120 ml de lait restants, les 50 ml d'huile et le sel. PĂ©trir Ă©nergiquement 8 Ă 10 minutes (au crochet ou Ă la main) jusqu'Ă obtenir une pĂąte souple, lisse et lĂ©gĂšrement collante â c'est l'huile qui donnera la mie briochĂ©e moelleuse caractĂ©ristique du cebularz.
Pousse â PremiĂšre pousse jusqu'au doublement â Former une boule, la dĂ©poser dans un saladier huilĂ©, couvrir d'un linge humide ou d'un film. Laisser pousser 1 Ă 2 heures Ă tempĂ©rature ambiante (idĂ©alement 25-28°C, Ă l'abri des courants d'air) jusqu'Ă ce que la pĂąte double de volume. La pĂąte est SEMI-levĂ©e : on cherche une mie briochĂ©e souple, pas l'aĂ©ration extrĂȘme d'une brioche sucrĂ©e. Une pousse trop longue donnerait un goĂ»t acide et une mie trop alvĂ©olĂ©e qui s'effondre sous la garniture.
Façonnage â Former les disques Ă bords Ă©pais â DĂ©gazer doucement la pĂąte et la diviser en 8 portions Ă©gales (boules d'environ 80 g). Sur un plan farinĂ©, aplatir chaque boule en un disque rĂ©gulier â façon focaccia â en creusant le CENTRE du bout des doigts et en laissant les BORDS plus Ă©pais et nus. Viser 12 Ă 18 cm de diamĂštre pour une version maison (le cahier des charges IGP autorise de 5 Ă 25 cm). DĂ©poser les disques sur une plaque garnie de papier cuisson, en les espaçant car ils vont encore gonfler.
Garnissage â Garnir le creux et dorer les bords â Badigeonner les bords Ă©pais de chaque disque au pinceau avec le jaune d'Ćuf battu (ou l'Ćuf de caille) â c'est lui qui donnera la croĂ»te dorĂ©e zĆocista de l'IGP. DĂ©poser une bonne cuillĂšre Ă soupe de garniture oignon-pavot dans le creux central, en l'Ă©talant uniquement au centre sans dĂ©border sur les bords qui doivent rester nus pour gonfler et dorer. Bien rĂ©partir l'oignon et le pavot pour que chaque bouchĂ©e en ait. La garniture doit former une couche gĂ©nĂ©reuse mais pas une montagne qui empĂȘcherait la cuisson.
Pousse â Seconde pousse avant cuisson â Couvrir lĂąchement les cebularze garnis d'un linge et laisser pousser une seconde fois 30 minutes Ă tempĂ©rature ambiante. Cette dĂ©tente finale (apprĂȘt) permet aux bords de regonfler aprĂšs le façonnage et garantit une mie aĂ©rĂ©e et un disque qui ne sera ni plat ni dur. Pendant ce temps, prĂ©chauffer le four Ă 185°C en mode sole/voĂ»te (chaleur tournante Ă©teinte), ou 170°C en chaleur tournante â comme le prĂ©conise Aniagotuje.
Cuisson â Cuire jusqu'Ă dorure zĆocista â Enfourner Ă mi-hauteur et cuire 18 Ă 22 minutes Ă 185°C jusqu'Ă ce que les bords prennent une belle couleur dorĂ©e (zĆocista) et que l'oignon soit fondant et lĂ©gĂšrement colorĂ© sans noircir. Surveiller la fin de cuisson : l'oignon-pavot brĂ»le vite si on dĂ©passe, virant Ă l'amer. Le cebularz est cuit quand le dessous sonne creux et que les bords sont fermes et dorĂ©s. Sortir et laisser tiĂ©dir 5 minutes sur une grille avant de dĂ©guster.
Service â Servir tiĂšde le jour mĂȘme â Le cebularz lubelski se mange TIĂDE, le jour mĂȘme de la cuisson â c'est sa nature de pain frais, il rassit vite. Ă Lublin, on le croque tel quel en en-cas de rue, au goĂ»ter ou au petit-dĂ©jeuner, sans rien d'autre que sa garniture oignon-pavot. On peut l'accompagner d'un grand verre de lait froid, de kefir ou d'un thĂ© noir trĂšs chaud. C'est un tĂ©moin vivant de la culture culinaire judĂ©o-polonaise de Lublin, Ă honorer comme tel.
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