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Atlas Culinaire · Viêt Nam · Asie
Des cubes blancs de lait et de crème pris à la gélatine, jetés dans un sirop glacé avec des longanes et des amandes grillées — un dessert dont on sait presque tout, sauf l'année.
Les sources vietnamiennes ne le donnent pas pour une invention mais pour une **dérivation** : Tạp chí Kinh tế Sài Gòn (https://thesaigontimes.vn/che-khuc-bach/) le fait descendre du `đậu phụ hạnh nhân`, le tofu d'amande des Hoa de Saigon, dessert de banquet de mariage et d'anniversaire, « được cải tiến từ đậu phụ hạnh nhân, được làm cho béo và thơm hơn » — amélioré pour être plus gras et plus parfumé.
Or ce parent est un plat identifié, le 杏仁豆腐 cantonais et pékinois, qui se prend à l'**agar-agar** et tire son goût du **lait d'amande de noyau d'abricot**.
Le descendant a fait basculer les trois piliers à la fois : gélatine à la place de l'agar, crème fraîche et lait à la place du lait d'amande, et l'amande reléguée au rang d'éclats grillés parsemés sur le dessus.
Autrement dit le cube blanc a survécu et l'amande qui donnait son nom à l'ancêtre a disparu du corps du plat — ce qui a une conséquence d'allergène, le noyau d'abricot n'étant pas une amande.
Second point, honnête celui-là : aucune source consultée ne donne l'année.
Un tenancier interrogé par Thanh Niên explique seulement le nom — « khúc » parce qu'on le coupe en tronçons, « bạch » parce qu'il est blanc de lait et de crème — et un client se souvient l'avoir découvert « il y a près de dix ans » quand il était étudiant.
On peut donc dater sa **diffusion** au début des années 2010 ; on ne peut pas dater sa **création**, et il ne faut pas prétendre le contraire.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Plonger les feuilles de gélatine une à une, séparément, dans un grand volume d'eau très froide et les laisser gonfler cinq à dix minutes. Les jeter en paquet les collerait entre elles et certaines resteraient sèches au cœur, ce qui fausse la dose réelle sans qu'on s'en aperçoive. Les feuilles sont prêtes quand elles sont molles, translucides et flasques comme un tissu mouillé. Les sortir alors et les presser doucement entre les doigts pour chasser l'eau excédentaire, sans les tordre ni les déchirer.
Le pourquoiLe collagène de la gélatine doit se réhydrater avant d'être chauffé ; une feuille sèche jetée dans un liquide chaud forme une pellicule gélifiée en surface qui empêche l'eau d'atteindre le cœur et laisse des grumeaux insolubles.
Réunir le lait, la crème et le sucre dans une casserole et chauffer à feu doux en remuant, jusqu'à ce que le sucre soit entièrement dissous et que le mélange soit chaud au doigt sans être brûlant — autour de 60 à 65 °C. Il ne doit jamais frémir. À cette température le sucre est dissous et la gélatine se dissoudra parfaitement, sans qu'on ait besoin d'aller plus haut. Retirer du feu dès que le point est atteint et ne pas laisser sur la plaque éteinte, dont la chaleur résiduelle suffit à pousser trop loin.
Le pourquoiAu-delà de 85 °C les chaînes de collagène de la gélatine s'hydrolysent et perdent une partie de leur pouvoir gélifiant, si bien qu'un appareil bouilli prend mal et de façon imprévisible même à dose correcte.
Jeter les feuilles essorées dans le mélange hors du feu et remuer jusqu'à disparition complète, ce qui prend une trentaine de secondes. Passer ensuite au chinois pour retenir tout fragment non dissous, puis couler dans un moule large et peu profond — deux centimètres et demi d'épaisseur environ. Écumer la mousse de surface avec une cuillère : elle prendrait en une couche blanche et poreuse qui gâche la netteté du cube. Laisser tiédir à température ambiante avant de réfrigérer, sans jamais couvrir tant que c'est chaud.
Le pourquoiUn moule large offre un rapport surface-volume élevé, donc un refroidissement rapide et homogène ; une masse épaisse prend en périphérie longtemps avant le centre et donne dans le même bol des cubes de fermetés différentes.
Placer le moule au réfrigérateur, à plat et sans le déplacer, et laisser prendre quatre heures au minimum, six de préférence. La gélatine gélifie lentement et continue à se renforcer pendant plusieurs heures après la prise apparente, si bien qu'un appareil démoulé trop tôt paraît pris mais se déforme à la découpe. Le test est simple : incliner légèrement le moule, la masse ne doit pas bouger du tout. Ne jamais accélérer au congélateur, où les cristaux de glace déchirent le réseau de collagène et laissent, à la décongélation, un liquide qui suinte du cube.
Le pourquoiLa gélification de la gélatine est un processus de réassociation lente des triples hélices de collagène, qui se poursuit bien après la prise visible — d'où un gain réel de tenue entre quatre et douze heures.
Porter l'eau et le sucre à ébullition avec les feuilles de pandan nouées, laisser frémir cinq minutes puis retirer du feu et laisser infuser jusqu'à complet refroidissement, feuilles dedans. Le sirop doit rester léger, franchement plus fluide qu'un sirop de conserve : il n'est pas là pour sucrer les cubes, qui le sont déjà, mais pour porter le froid et la fluidité de l'ensemble. Retirer les feuilles, puis réfrigérer jusqu'à ce que le sirop soit glacé. Un sirop tiède ferait ramollir les cubes en quelques minutes dans le bol.
Le pourquoiL'infusion à froid après une brève ébullition extrait les composés volatils du pandan sans les évaporer, alors qu'une cuisson prolongée feuilles dedans les chasse et ne laisse qu'une note herbacée plate.
Étaler les amandes effilées dans une poêle sèche à feu moyen et les remuer sans interruption jusqu'à ce qu'elles blondissent et libèrent leur parfum, deux à trois minutes. Les verser immédiatement dans une assiette froide, car elles continuent de brunir dans la poêle chaude et passent du blond au brûlé en une poignée de secondes. Ce grillage se fait le jour même, idéalement à la dernière minute : des amandes grillées la veille ont perdu l'essentiel de leur parfum et n'apportent plus que du croquant. C'est le seul élément chaud, sec et croustillant d'un dessert entièrement froid et mou, et il compte à ce titre.
Le pourquoiLa torréfaction déclenche la réaction de Maillard entre les sucres et les protéines de l'amande et développe des pyrazines absentes de l'amande crue — c'est ce qui fait de la garniture un contrepoint aromatique et pas un simple élément de texture.
Démouler et découper les cubes au couteau fin trempé dans l'eau chaude et essuyé entre chaque trait, en carrés d'environ deux centimètres et demi. Découper au dernier moment : des cubes taillés à l'avance sèchent en surface et perdent leur brillant. Monter le bol dans l'ordre — glace pilée au fond, cubes par-dessus, longanes autour, sirop glacé versé à la louche jusqu'à mi-hauteur, amandes en pluie pour finir. Servir immédiatement, avec une cuillère et non des baguettes : le plat se mange par cuillerées où le cube, le fruit et le sirop arrivent ensemble.
Le pourquoiLa gélatine fond à la température du corps ; une lame tiède liquéfie une épaisseur infime au contact et le couteau traverse sans compression, ce qu'aucune lame froide, même très aiguisée, n'obtient.
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Sourcer ou se taire
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