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Atlas Culinaire · Martinique · Amériques
Chocolat chaud créole épais et onctueux, infusé de cannelle, muscade, vanille et zeste de citron vert, monté au lait concentré sucré. En Martinique, Tatie Maryse le nomme 'une INSTITUTION' : c'est LE breuvage des communions, bu brûlant en trempant le pain au beurre salé. Sa note d'amande (essence amère ou amandes) signe la version martiniquaise.
Le chocolat de première communion est une institution martiniquaise : un chocolat chaud épais, presque crémeux, infusé de cannelle, muscade, vanille et zeste de citron vert, monté au lait concentré sucré, servi brûlant après la messe en trempant le pain au beurre salé, son inséparable. Ce qui fait un vrai chocolat de communion plutôt qu'un chocolat ordinaire se joue sur deux marqueurs d'authenticité : le gwo kako, ce bâton de cacao pays râpé qui complète le cacao en poudre, et le toloman, la fécule antillaise traditionnelle qui épaissit la boisson jusqu'à ce qu'elle nappe la cuillère, même si la maïzena dépanne les cuisines pressées. La note d'amande, essence amère ou amandes émondées mixées, signe la version martiniquaise. Le lait s'infuse d'abord dix minutes avec les épices, sans bouillir, le chocolat délayé entre au fouet, le lait concentré enrichit, et l'ensemble fond à feu très doux avant le tamisage final. Au lélé, on peut même monter l'écume de fête : la communion se boit mousseuse.
Le débat porte sur le cacao et l'épaississant — c'est-à-dire sur ce qui fait un 'vrai' chocolat de communion plutôt qu'un chocolat chaud ordinaire.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Verser le lait dans une casserole, ajouter zeste de citron vert, bâton de cannelle, muscade et gousse de vanille fendue. Chauffer à feu doux 10 à 15 min sans bouillir, pour que les arômes diffusent.
Le pourquoiL'infusion douce sans ébullition laisse les épices imprégner le lait sans le faire tourner.
Pendant l'infusion, râper finement le bâton de gwo kako et le mélanger au cacao en poudre. Délayer dans 100 ml d'eau chaude jusqu'à une pâte lisse sans grumeaux.
Le pourquoiLe gwo kako râpé est le marqueur d'authenticité du chocolat de communion : le cacao en poudre seul reste un chocolat ordinaire.
Retirer cannelle, vanille et zeste du lait infusé, puis verser la préparation chocolatée en fouettant. Laisser cuire ~10 min à feu doux en remuant.
Le pourquoiLe fouet marie le chocolat au lait infusé, et les dix minutes douces fondent le kako.
Ajouter le lait concentré sucré et mélanger. Le chocolat fonce et s'enrichit ; goûter et ajuster. Doser le sucre en gardant à l'esprit que le pain au beurre est, lui, salé.
Le pourquoiLe lait concentré enrichit et sucre à la fois, en pensant au pain au beurre salé qui l'accompagnera.
Incorporer l'essence d'amande amère (et, si désiré, les amandes émondées mixées avec un peu de lait). Poursuivre la cuisson 15 à 20 min à feu très doux pour que le tout fonde ensemble.
Le pourquoiLa note d'amande est la signature martiniquaise du chocolat de communion.
Délayer le toloman (ou la maïzena) dans un peu d'eau froide, verser en filet dans le chocolat en remuant, puis cuire encore 10 min : la boisson nappe la cuillère, presque crémeuse.
Le pourquoiLe toloman, fécule antillaise traditionnelle, épaissit jusqu'au crémeux qui définit la boisson.
Passer au chinois ou tamis fin pour retirer toute particule (râpé de kako, amandes), puis servir brûlant dans des tasses, à côté du pain au beurre déchiré.
Le pourquoiLe tamisage final ôte râpures et particules : la bouche ne doit rencontrer que du velours.
Pour la version mousseuse de fête, fouetter vigoureusement ou émulsionner au lélé avant de servir, afin de créer une écume en surface.
Le pourquoiL'écume au lélé est la version de fête : la communion se boit mousseuse.
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