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Atlas Culinaire · Brésil · Amériques
Le bonbon de coco du Nordeste afro-brĂ©silien â coco frais rĂąpĂ© cuit dans un sirop jusqu'au point de fil, façonnĂ© en tas dorĂ©s ou cuit plus longtemps pour la version queimada ambrĂ©e ; douceur nĂ©e des mains des femmes escravizadas de Bahia au XVIIIe siĂšcle
La Cocada cristallise TROIS controverses. ORIGINE AFRO-BRĂSILIENNE â la thĂšse la plus documentĂ©e (DiĂĄrio do Nordeste, Prefeitura de SĂŁo JosĂ© dos Campos / Centro de ReferĂȘncia Afro-Brasileira) fait remonter la cocada Ă la Bahia du XVIIIe siĂšcle, créée par les femmes africaines escravizadas des plantations de canne-Ă -sucre, qui mĂȘlaient le coco rĂąpĂ© aux dĂ©rivĂ©s de la canne (mĂ©lasse, rapadura, sucre) et la consommaient le soir, aprĂšs la dure journĂ©e, quand on se rĂ©unissait pour danser ; c'est l'une des comidas juninas et de rue d'origine afro reconnues, vendue aujourd'hui encore par les baianas de tabuleiro. BRANCA VS QUEIMADA â dĂ©bat de cuisson et de couleur : la cocada branca (claire) se fait avec du sucre cristal cuit juste au point de fil ; la cocada queimada / preta (foncĂ©e) s'obtient en laissant le sucre lĂ©gĂšrement caramĂ©liser (ou avec du sucre brun / rapadura), couleur et goĂ»t plus intenses ; historiquement, les cocadas coloniales Ă©taient TOUTES foncĂ©es (sucre brut type mascavo), la cocada branca Ă©tant postĂ©rieure (apparue avec le sucre cristal raffinĂ©) â selon les sources, la 'blanche' n'est donc pas l'originale. SECA VS DE COLHER (avec ou sans lait condensĂ©) â la cocada 'raiz' n'a que coco + sucre + eau (sĂšche, se conserve Ă tempĂ©rature ambiante ~7 jours) ; la cocada de colher (Ă la cuillĂšre, crĂ©meuse) ajoute du leite condensado et doit ĂȘtre rĂ©frigĂ©rĂ©e â ajout moderne dĂ©battu par les puristes. Acteurs : femmes escravizadas de Bahia (XVIIIe), baianas de tabuleiro, DiĂĄrio do Nordeste et Centro de ReferĂȘncia Afro-Brasileira (SJC) sur l'origine afro. URL adossĂ©e : https://diariodonordeste.verdesmares.com.br/estilo-de-vida/culinaria/cocada-caseira-conheca-a-historia-e-aprenda-a-receita-tradicional-nordestina-1.3681401
La Cocada se grignote en doce de rue, en fin de repas ou aux Festas Juninas, partout au Nordeste et au-delĂ . Accord traditionnel : un cafĂ©zinho noir bien serrĂ©, dont l'amertume tranche le sucrĂ© intense du coco â l'accord roi de la baiana de tabuleiro. Se marie aussi avec une ĂĄgua de coco fraĂźche (eau de coco) pour rester dans le registre du fruit. Pour un dessert plus Ă©laborĂ©, la cocada de colher accompagne un cafĂ© coado ou se sert sur une boule de glace. ĂVITER les boissons sucrĂ©es (redondance) et les vins tanniques. Variante NON-ALCOOLISĂE signature : le cafĂ©zinho noir, l'ĂĄgua de coco, ou un suco de maracujĂĄ (fruit de la passion) bien acide qui contrebalance le sucrĂ©. En version festive nordestine, un licor de jenipapo en digestif (alcoolisĂ©) clĂŽt le repas.
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Percer les yeux de la noix de coco, récupérer l'eau (utilisable dans le sirop), casser la coque, détacher la pulpe blanche et retirer la fine peau brune. Rùper la pulpe à la grosse rùpe pour obtenir ~500 g de coco frais rùpé (filaments moelleux). Si l'on utilise du coco déshydraté, le réhydrater dans un peu d'eau tiÚde ou de lait de coco 15 min pour lui rendre du moelleux. Réserver.
Dans une casserole à fond épais, réunir 300 g de sucre et 300 mL d'eau (ou eau de coco). Pour une cocada branca : sucre cristal. Pour une cocada queimada/preta : sucre mascavo ou rapadura (ou prévoir de caraméliser le cristal). Ajouter éventuellement quelques clous de girofle et une pincée de sel. Porter à feu moyen en remuant jusqu'à dissolution du sucre, puis laisser cuire SANS remuer jusqu'au point de fil fin (fio fino) : une goutte de sirop entre deux doigts forme un fil court.
Ajouter le coco rùpé au sirop au point de fil, SANS trop remuer (le brassage excessif cristallise le sucre). Mélanger délicatement pour enrober tout le coco. Cuire à feu moyen en remuant doucement et réguliÚrement le fond avec une cuillÚre en bois, jusqu'à ce que le mélange épaississe, devienne brillant et commence à se décoller du fond de la casserole (8-12 min). Pour la cocada branca, garder une couleur claire ; pour la queimada, laisser dorer/brunir davantage.
Pour la cocada de colher (crĂ©meuse, Ă la cuillĂšre) : une fois le coco cuit dans le sirop, baisser le feu et incorporer 1 lata de leite condensado. Cuire encore 5 minutes en remuant constamment jusqu'Ă une consistance crĂ©meuse et nappante (elle figera un peu au froid). Cette version ne se façonne pas en tas : elle se sert Ă la cuillĂšre, en pot ou en verrine, et DOIT ĂȘtre rĂ©frigĂ©rĂ©e (le lait la rend pĂ©rissable). Pour les versions sĂšches (branca/queimada), ignorer cette Ă©tape.
Pour les cocadas branca et queimada : retirer du feu dÚs le bon point. Pendant que c'est encore chaud et malléable, déposer des cuillerées de pùte en petits tas réguliers (montinhos) sur une plaque tapissée de papier sulfurisé légÚrement huilé, en les espaçant. Alternative : étaler la masse dans un plat huilé et découper en carrés une fois tiÚde, ou couler dans des moules. Travailler vite : la cocada durcit en refroidissant et devient impossible à façonner.
Laisser les cocadas durcir et sĂ©cher Ă tempĂ©rature ambiante 1 Ă 2 heures (elles deviennent fermes en surface, moelleuses Ă cĆur). DĂ©coller du papier. PrĂ©senter en tabuleiro / corbeille pour la vente de rue, ou en assiette de doces. La cocada branca/queimada sĂšche se conserve environ 7 jours Ă tempĂ©rature ambiante en boĂźte. La cocada de colher se garde au rĂ©frigĂ©rateur, couverte, quelques jours seulement.
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