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Atlas Culinaire · Chine · Asie
Un poulet qui mijote au centre, des galettes plaquées tout autour : le plat et le pain dans la même fonte
La série officielle 味蕾上的江苏 du 新华日报, sur https://jnews.xhby.net/v3/interfacearticles/f651b9bf19c641a4a0956797f00b57c9/opwlHgmcstkg58kH/1, raconte quelque chose de bien plus modeste et de bien mieux tenu : le plat vient des pêcheurs du lac 微山, à la frontière du nord du Jiangsu et du sud du Shandong, qui vivaient à bord de leurs barques et n'y disposaient que d'un petit foyer de terre et d'un wok de fonte.
Faute de place pour deux feux, ils cuisaient la viande au centre et collaient la pâte tout autour, obtenant repas et pain d'un seul coup.
La vérification patrimoniale, elle, est négative et mérite d'être écrite : le cinquième lot provincial du patrimoine immatériel du Jiangsu, publié par le gouvernement provincial le 14 novembre 2023 avec 164 projets et 257 extensions dont 21 pour la seule ville de Xuzhou, ne comporte aucune entrée 地锅 ni 地锅鸡 — la catégorie des techniques traditionnelles y retient les poulets rôtis de Gupei, de Lanshan et de Fengtianxing, des poteries et un jambon végétal, mais pas ce plat.
Il n'est donc classé nulle part, contrairement à ce que laissent entendre les cartes de restaurant.
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Mélanger farine, sel et eau tiède jusqu'à obtenir une pâte nettement plus souple qu'une pâte à pain, presque collante aux doigts. Huiler les mains plutôt que fariner la pâte, puis la couvrir et la laisser reposer une demi-heure. C'est cette mollesse qui permettra à la galette d'épouser la paroi et d'y tenir malgré la vapeur. Une pâte trop ferme se rétracte en cuisant et se décolle au plus mauvais moment.
Le pourquoiLe repos permet la relaxation du réseau de gluten mis sous tension par le pétrissage, ce qui rend la pâte extensible plutôt qu'élastique — condition pour l'étaler en galette fine sans qu'elle revienne.
Chauffer la cocotte de fonte à vif avec deux cuillerées d'huile et y jeter les morceaux de poulet côté peau. Les laisser prendre couleur sans y toucher pendant trois bonnes minutes, puis les retourner et poursuivre. Le fond doit se couvrir de sucs bruns collés : ce sont eux qui donneront la couleur du plat, pas la sauce de soja. Déglacer alors au vin jaune, qui décolle tout en un seul mouvement.
Le pourquoiLes réactions de Maillard entre acides aminés et sucres réducteurs de la peau produisent les composés bruns et aromatiques qui fondent le goût du plat ; elles ne démarrent qu'au-delà de cent quarante degrés, donc uniquement en surface sèche.
Ajouter le gingembre, les gousses d'ail entières, la badiane et les piments, remuer une minute, puis incorporer la pâte de soja sucrée et le sucre et laisser caraméliser légèrement au contact de la fonte. Verser enfin la sauce de soja et couvrir d'eau chaude à mi-hauteur du poulet, pas davantage : le liquide doit rester bas pour que les galettes cuisent moitié vapeur, moitié bouillon. Porter à frémissement.
Le pourquoiLa chaleur sèche appliquée brièvement à une pâte fermentée développe de nouveaux composés aromatiques par réaction entre ses sucres et ses acides aminés libres, sans le brûlé qu'apporterait une cuisson prolongée.
Couvrir et laisser mijoter vingt minutes à feu moyen, en secouant la cocotte une fois ou deux plutôt qu'en remuant. Le poulet doit être presque cuit à la fin de ce temps, et le bouillon avoir réduit d'un bon tiers. Les gousses d'ail deviennent fondantes et perdent toute agressivité. C'est le moment de goûter et de rectifier, car une fois les galettes en place, on ne touchera plus à rien.
Le pourquoiL'amidon des galettes gélatinise en absorbant le bouillon et enrobe les papilles, ce qui réduit la perception saline du plat fini — un braisé jugé parfait avant le pain paraîtra fade après.
Prélever des boules de pâte de la taille d'un œuf, les aplatir entre les paumes huilées en disques de trois millimètres, puis les plaquer une à une sur la paroi brûlante de la cocotte, juste au-dessus du niveau du bouillon. Chaque galette doit toucher le liquide par son bord inférieur seulement : c'est toute la mécanique du plat, la moitié basse trempe et boit, la moitié haute cuit à la vapeur et sèche. Les poser vite, en travaillant tout autour, et refermer aussitôt.
Le pourquoiLa chaleur directe de la paroi coagule immédiatement les protéines de surface de la pâte et crée une adhérence mécanique, tandis que le bord immergé s'hydrate et gélatinise — d'où les deux textures d'une même galette.
Couvrir hermétiquement et laisser cuire vingt minutes à feu moyen-doux, sans ouvrir une seule fois. La vapeur emprisonnée cuit la face supérieure des galettes tandis que leur base confit dans le bouillon. Chaque coup d'œil coûte de la vapeur et donc une galette pâle et molle sur le dessus. Si le fond menace d'attacher, baisser le feu plutôt que d'ouvrir et ajouter de l'eau.
Le pourquoiL'atmosphère saturée en vapeur maintient la surface des galettes au-dessus de cent degrés tout en l'hydratant, ce qui les fait lever et cuire sans les dessécher — le principe même du pain vapeur du nord de la Chine.
Porter la cocotte entière sur la table, sans transvaser, et laisser chacun décoller sa galette et se servir de poulet à même la fonte. C'est un plat de partage et de barque, pas un plat d'assiette. L'usage veut qu'on mange d'abord les galettes du bas, gorgées de bouillon, en gardant celles du haut, croustillantes, pour saucer le fond. Les gousses d'ail confites se mangent entières.
Le pourquoiLa fonte possède une inertie thermique élevée et restitue la chaleur lentement, ce qui maintient la sauce fluide et les galettes basses moelleuses tout au long du repas.
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Sourcer ou se taire
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