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Atlas Culinaire · Géorgie · Asie
Boules vertes parsemées de grenade rouge — la pkhali signature de chaque supra géorgien, de Tbilisi à Batumi.
L'Ispanakhis Pkhali (ისპანახის ფხალი) est l'ambassadrice verte de la table géorgienne : une boulette froide d'épinards fondants liés à la pâte de noix du Caucase, épicée au fenugrec bleu (utsho suneli, Trigonella caerulea), à l'ail et au vinaigre de vin, couronnée d'arilles de grenade rouge vif. Elle appartient à la grande famille des pkhali — terme générique désignant tout légume cuit puis amalgamé avec la pâte de noix géorgienne — qui constitue le socle végétal de tout supra, le grand banquet cérémoniel géorgien.
MORTIER OU ROBOT : LA GUERRE DES NOIX.
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Porter une grande casserole d'eau salée à ébullition. Plonger les épinards frais (ou surgelés en branches décongelés) 2-3 minutes — juste assez pour qu'ils tombent et perdent leur eau de végétation. Égoutter immédiatement dans une passoire et passer sous l'eau froide pour fixer la couleur verte. Presser à la main par poignées jusqu'à ce qu'on puisse former une boule sèche compacte. Hacher finement au couteau (jamais au robot — ça liquéfie).
Étaler les cerneaux de noix sur une plaque et les passer 6-8 minutes au four à 160°C en surveillant — elles doivent juste blondir, pas brunir (sinon amer). Laisser tiédir 5 minutes avant de les piler. Cette étape est facultative pour la version classique, mais Tekuna Gachechiladze (Cafe Littera Tbilisi) la recommande pour les pkhali servies en restaurant.
Dans un mortier large (ou à défaut un robot pulse court), piler les cerneaux de noix avec les gousses d'ail épluchées et le sel jusqu'à obtenir une pâte huileuse. La pâte doit relâcher son huile et former un bloc qui se détache des parois — c'est l'huile de noix qui jouera le rôle de liant. Si trop sec, ajouter 1 c.à.s. d'eau froide (jamais d'huile ajoutée).
Transférer la pâte de noix-ail dans un grand bol. Ajouter le khmeli suneli, le piment doux (optionnel), le vinaigre de vin blanc et la coriandre ciselée fine. Mélanger à la fourchette jusqu'à pâte homogène et lisse. Goûter : la pâte doit être franchement épicée, vinaigrée, salée — elle s'adoucira quand on incorporera les épinards.
Ajouter les épinards finement hachés à la pâte de noix-épices. Pétrir à la main pendant 3-4 minutes jusqu'à obtenir une masse vert profond, parfaitement homogène. La pâte doit être MALLEABLE et collante mais tenir en boule sans s'effriter. Si trop sec, 1 c.à.c. d'eau ; si trop humide, 1 c.à.s. de noix pilée supplémentaire. Goûter et rectifier sel/vinaigre.
Couvrir le bol au film alimentaire au contact et réfrigérer 1 heure minimum (idéalement 3 heures). Ce repos est crucial : il permet aux saveurs (ail, noix, épices, vinaigre) de fusionner avec la chair d'épinard. Sans repos, la pkhali a un goût décousu où chaque ingrédient parle séparément.
Sortir la pâte du frais. Mouiller les paumes à l'eau salée tiède (pas d'huile). Prélever 50-60 g de pâte par boule et rouler entre les paumes en sphère lisse de 4-5 cm de diamètre. Disposer sur un plat de service à plat. Compter 12-14 boules pour 6 personnes (2 par personne en mezze).
Juste avant de servir, parsemer généreusement les boules d'arilles de grenade fraîche (compter 15-20 arilles par boule) et de quelques tiges de coriandre. Servir avec mtchadi (galette de maïs) ou shoti (pain canoë) tiédi. Le contraste vert profond / rouge grenade EST l'identité visuelle de la pkhali.
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