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Atlas Culinaire · Mongolie · Asie
Le dessert-trĂ©sor des Mongols : l'urum (crĂšme caillĂ©e) chauffĂ© jusqu'Ă libĂ©rer son huile jaune (shar tos), Ă©paissi de farine et de sucre, avec des raisins â un caramel laitier rustique au goĂ»t de crĂšme brĂ»lĂ©e.
Khailmag est l'aboutissement noble de l'urum (öröm), la crĂšme caillĂ©e mongole obtenue en chauffant lentement du lait entier jusqu'Ă former en surface une peau Ă©paisse et grasse â base sacrĂ©e de la cuisine laitiĂšre nomade (tsagaan idee, « les aliments blancs »). Le point technique tranchĂ© : il faut chauffer l'urum jusqu'Ă ce que le gras se SĂPARE et remonte en huile jaune appelĂ©e shar tos (beurre jaune), qu'on prĂ©lĂšve dans un autre bol. Ce shar tos n'est pas un dĂ©chet : il sert de combustible aux bougies de l'autel dans la yourte, Ă frire les plats des hĂŽtes de marque, ou Ă griller la farine du thĂ© au riz (mongolfood.info, threecamellodge.com). L'urum Ă©tant introuvable hors de Mongolie, la crĂšme fraĂźche Ă©paisse (40% MG) est le substitut admis. DĂ©bat de mĂ©moire affective : presque chaque Mongol Ă©voque « le khailmag de sa mĂšre ou de sa grand-mĂšre » â c'est un plat de transmission, servi aux fĂȘtes (Tsagaan Sar, mariage, cĂ©rĂ©monie de la premiĂšre coupe de cheveux de l'enfant). Voir https://www.mongolfood.info/en/recipes/khailmag.html et https://www.threecamellodge.com/khailmag-recipe/
Suutei tsai (thĂ© au lait salĂ©) â ou thĂ© noir ; se mange Ă la petite cuillĂšre comme une crĂšme
7/10 â dessert prĂ©cieux et chargĂ© de mĂ©moire (« le khailmag de grand-mĂšre »), servi aux grandes occasions : Tsagaan Sar, mariage, cĂ©rĂ©monie de la premiĂšre coupe de cheveux de l'enfant. Aboutissement noble de l'urum, pilier des « aliments blancs » (tsagaan idee) de la culture laitiĂšre nomade. Le sous-produit shar tos a des usages rituels (bougies d'autel).
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Verser l'urum (ou la crĂšme fraĂźche) dans une poĂȘle ou une casserole Ă fond Ă©pais. Porter doucement jusqu'au frĂ©missement, puis baisser Ă feu doux. Remuer continuellement : le gras va commencer Ă se liquĂ©fier et se sĂ©parer des composants solides.
Ajouter la farine PEU Ă PEU, en pluie, tout en remuant sans relĂąche. Le mĂ©lange Ă©paissit et forme une pĂąte lourde. Continuer de tourner pour empĂȘcher tout grumeau et toute coloration trop rapide.
Poursuivre la cuisson en remuant jusqu'Ă ce qu'une huile jaune â le shar tos â remonte et perle Ă la surface. C'est le signal clĂ© du khailmag : le gras s'est sĂ©parĂ© et le dessert est presque prĂȘt.
Ajouter le sucre et la pincée de sel. Mélanger pour dissoudre. Le sel relÚve la douceur et l'arÎme lacté ; doser le sucre selon le goût, le khailmag traditionnel n'est pas trÚs sucré.
Une fois assez d'huile jaune libĂ©rĂ©e, l'Ă©carter dans un autre bol Ă la cuillĂšre. Ce shar tos (beurre jaune) se conserve et se rĂ©utilise â combustible des bougies de l'autel, friture des plats d'hĂŽtes, ou pour griller la farine du thĂ© au riz.
Quand le khailmag a épaissi jusqu'à la consistance d'une confiture, incorporer les raisins secs et mélanger. Couper le feu. La texture doit rester épaisse et un peu rugueuse, jamais lisse.
Servir tiĂšde dans de petits bols, Ă manger Ă la petite cuillĂšre comme une crĂšme ou un pudding. Le goĂ»t Ă©voque la crĂšme brĂ»lĂ©e mais en plus rustique. Plat de fĂȘte (Tsagaan Sar, mariage, premiĂšre coupe de cheveux) autant que douceur d'enfance.
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