Chargement de l'atlas
Atlas Culinaire · Russie · Europe
Le « troisième plat » (компот на третье) des cantines et des maisons soviétiques : fruits ou baies cuits brièvement dans une eau à peine sucrée, servis bien frais l'été — et sa version hivernale rituelle, l'ouzvar de fruits secs du réveillon de Noël orthodoxe
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Préparation — Trier, rincer et préparer les fruits — Choisir sa version selon la saison. POUR L'ÉTÉ : laver soigneusement cerises, abricots et baies fraîches ; dénoyauter les abricots et les couper en deux, garder les cerises entières (ou dénoyautées si l'on veut boire sans recracher), réserver les framboises à part car elles entreront en dernier. POUR L'OUZVAR D'HIVER : rincer les fruits secs (pommes, poires, pruneaux, raisins) à l'eau tiède pour ôter la poussière, et les faire tremper 10 minutes si très durs. Le tri est essentiel : un fruit gâté ou moisi suffit à gâcher tout le pichet. C'est l'étape qui décide de la limpidité finale de la boisson.
Cuisson — Mettre à cuire les fruits DENSES dans l''eau sucrée — Verser l'eau dans une grande casserole, ajouter le sucre et porter à frémissement en remuant pour le dissoudre. Y plonger d'abord les fruits DENSES : pour l'été, les abricots, la pomme en quartiers et les cerises ; pour l'hiver, les pommes et poires séchées et les pruneaux. Laisser cuire à petits bouillons. Les fruits secs demandent plus de temps que les frais car ils doivent se réhydrater et libérer leur sucre et leur couleur. On voit l'eau se teinter peu à peu d'une belle robe ambrée (ouzvar) ou rouge (cerises). Goûter et ajuster le sucre maintenant, en gardant la main légère.
Cuisson — Ajouter les baies fragiles, couper le feu (geste clé) — C'est LE geste qui sépare le bon kompot de la bouillie. Une fois les fruits denses cuits, ajouter les baies FRAGILES (framboises, fraises, myrtilles si version été) dans le liquide chaud, donner un seul tour de cuillère délicat, puis COUPER LE FEU IMMÉDIATEMENT et couvrir. La chaleur résiduelle suffit à les cuire en douceur sans les faire éclater ni virer au brun. C'est exactement la technique défendue par Gastronom et eda.ru pour préserver couleur et vitamine C. Si l'on fait bouillir les baies, on obtient une boisson terne et trouble : la faute n°1 du débutant.
Infusion — Laisser infuser à couvert hors du feu — Ne pas se précipiter : laisser le kompot reposer COUVERT, hors du feu, pour que les fruits libèrent tout leur arôme dans l'eau par infusion lente. Pour la version été, 20 à 30 minutes suffisent. Pour l'ouzvar d'hiver, c'est ici que tout se joue : laisser infuser plusieurs heures, idéalement toute la nuit, couvercle fermé — l'infusion lente (et non l'ébullition) donne la couleur profonde et le goût concentré qui caractérisent le vrai vzvar de Noël. Ajouter à ce stade la cannelle ou le girofle pour la version festive. La boisson continue de se charger en goût en refroidissant.
Filtrage — Filtrer (ou pas) selon l''usage — Deux écoles ici. Pour un kompot limpide à servir en pichet, filtrer le liquide à travers une passoire fine et réserver les fruits à part. Pour un kompot familial à l'ancienne, on laisse les fruits DANS le bocal ou le pichet : ils continuent de parfumer et se mangent à la cuillère, surtout les fruits secs de l'ouzvar qui, gorgés de sirop, sont un régal en soi (ne jamais les jeter). Goûter une dernière fois le liquide froid : le sucre se perçoit différemment à froid, rectifier si besoin.
Refroidissement — Refroidir et mettre au frais — Laisser le kompot refroidir complètement à température ambiante, puis le transvaser dans un pichet ou des bocaux propres et le placer au réfrigérateur. Le kompot d'été se boit GLACÉ — c'est une boisson désaltérante, son intérêt est dans la fraîcheur. Compter au moins 2-3 heures de frigo, sachant qu'il est souvent meilleur le lendemain, quand les goûts se sont fondus. L'ouzvar de Noël, lui, se sert frais ou à peine tiède selon la tradition familiale, en accompagnement de la koutia du réveillon.
Service — Servir — le « troisième plat » à la russe — Servir le kompot bien frais dans des verres ou de grands gobelets, en fin de repas : c'est le « компот на третье » (kompot en troisième plat), institution des cantines et des maisons soviétiques, qui clôt le repas après la soupe et le plat principal. On peut servir quelques fruits dans le verre pour les gourmands. Pour les enfants, on l'allonge parfois d'un peu d'eau gazeuse. L'ouzvar accompagne la koutia et les plats de jeûne du réveillon de Noël orthodoxe. C'est une boisson de partage, simple et profondément ancrée dans le quotidien russe et ukrainien.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à cuisiner cette recette.
Vous l'avez testée ? Notez-la et partagez votre version : vous aidez l'Atlas à grandir.