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Atlas Culinaire · Comores · Afrique
Boulettes de riz torrĂ©fiĂ©, miel et cardamome â friandise comorienne de longue conservation, jadis vivres de voyage et douceur de fĂȘte
Le ladu (ladou, en shikomori « ladou za chi komori » selon la blogueuse native Mwanamshe) est une friandise des quatre Ăźles dont la singularitĂ© historique est une conservation exceptionnelle : « les gens qui partaient dans de longs voyages en ramenaient », ce qui en faisait des vivres de voyage avant d'ĂȘtre une douceur de fĂȘte. Sa controverse porte sur la base et le liant. PremiĂšre Ă©cole, le riz torrĂ©fiĂ© (Mwanamshe, Car Komori, Muzdalifa House) lavĂ©, sĂ©chĂ©, grillĂ© jusqu'au brun puis rĂ©duit en poudre â base qui donne le goĂ»t grillĂ© et la texture sablĂ©e. DeuxiĂšme Ă©cole, la poudre de pois chiche (Eti Hotels), parentĂ© Ă©vidente avec le ladoo/laddu indien dont le nom est manifestement l'origine, attestant l'influence indienne via l'ocĂ©an Indien. Liant dĂ©battu : miel (canon historique) contre sucre cuit, beaucoup combinant les deux. La texture, elle, fait consensus : un ladu rĂ©ussi est « une pĂąte sablĂ©e » fondante, jamais dure.
ThĂ© Ă©picĂ© ou cafĂ© comorien Ă l'heure du goĂ»ter. Se prĂȘte aussi Ă ĂȘtre offert aux invitĂ©s Ă emporter, prolongeant la tradition de la friandise nomade.
Friandise traditionnelle emblĂ©matique des Comores, prĂ©sente sur les quatre Ăźles, oĂč les Comoriens dĂ©tiennent selon Muzdalifa House « le record de variĂ©tĂ© de gĂąteaux Ă base de riz ». Le ladu se distingue par sa conservation exceptionnelle, qui en faisait des vivres de voyage. Confiserie de cĂ©rĂ©monie pour les grands mariages (Anda), baptĂȘmes et fĂȘtes religieuses, mais aussi douceur du quotidien Ă l'heure du thĂ©. Son nom et sa parentĂ© avec le ladoo indien attestent l'influence culinaire indienne via les routes de l'ocĂ©an Indien.
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Laver le riz jusqu'Ă eau claire, l'Ă©taler sur un linge et le laisser sĂ©cher complĂštement â traditionnellement au soleil, ou Ă l'air libre quelques heures. Le riz doit ĂȘtre parfaitement sec avant torrĂ©faction, sinon il colle et torrĂ©fie mal. Cette Ă©tape lente est le fondement d'un ladu rĂ©ussi.
Dans une poĂȘle Ă fond Ă©pais, Ă sec et Ă feu moyen, torrĂ©fier le riz en remuant sans cesse jusqu'Ă une belle couleur brune et un parfum de grillĂ©. C'est cette torrĂ©faction qui donne au ladu sa couleur signature et son goĂ»t de noisette. Ne jamais cesser de remuer pour Ă©viter de brĂ»ler les grains inĂ©galement.
Laisser complĂštement refroidir le riz torrĂ©fiĂ©, puis le rĂ©duire en poudre fine au mortier (kinu) et pilon, ou au moulin. La poudre doit ĂȘtre assez fine pour la texture sablĂ©e mais pas rĂ©duite en farine totale. Tamiser Ă©ventuellement et retorrĂ©fier les gros grains.
Dans une grande marmite, chauffer le miel et le sucre à feu doux en remuant jusqu'à un sirop homogÚne et frémissant. Ne pas le pousser au caramel foncé, il deviendrait dur et amer. Ce sirop est le liant qui agglomÚre la poudre de riz.
Hors du feu ou à feu trÚs doux, ajouter le beurre clarifié, puis la poudre de riz torréfié et les épices, sans cesser de remuer. Travailler vigoureusement jusqu'à une pùte homogÚne, brune, souple et encore tiÚde qui se tient sans couler. La cardamome doit parfumer puissamment.
Pendant que la pùte est encore tiÚde, prélever des portions et les rouler en boulettes de la taille d'une grosse noix. Variante moderne : étaler la pùte et la découper au moule décoratif en losanges. Travailler vite avant que la pùte ne fige.
Disposer les ladu sur un plateau et laisser refroidir complĂštement Ă tempĂ©rature ambiante : ils raffermissent en gardant un cĆur fondant. La texture visĂ©e est « une pĂąte sablĂ©e » qui se dĂ©fait en bouche, jamais dure. Une fois froids, ils se conservent plusieurs semaines en boĂźte hermĂ©tique.
PrĂ©senter les ladu en coupe ou en caissettes, Ă l'heure du thĂ©, au dessert, ou lors des grands mariages, baptĂȘmes et fĂȘtes religieuses oĂč ils figurent parmi les pĂątisseries de cĂ©rĂ©monie. On en offre aussi aux invitĂ©s Ă emporter, prolongeant la tradition de la friandise nomade.
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