Chargement de l’atlas
Atlas Culinaire · Madagascar · Afrique
La braise et la carapace bleutée de Nosy Boraha
Sur la côte Est, à Nosy Boraha (l'île Sainte-Marie) comme le long des 150 kilomètres entre Sandravinany et Fort-Dauphin qui débarquent près de la moitié des captures nationales, la langouste est le plat de fête et d'accueil. Vous la trouvez surtout sous la forme du genre Panulirus (P. homarus, la plus commune, aux belles pièces de 300 à 800 grammes, mais aussi la P. versicolor à la carapace bleu-vert qui donne son nom de « langouste verte » aux prises de Sainte-Marie), pêchée dans les eaux peu profondes du plateau continental, entre deux et vingt mètres.
Deux écoles s'affrontent sur le littoral est.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Pilez l'ail et le gingembre au mortier jusqu'à une pâte lisse. Dans une petite casserole, à feu très doux, faites fondre le beurre sans le colorer, ajoutez la crème de coco et, si vous en avez, les graines d'une gousse de vanille. Incorporez la pâte ail-gingembre, un peu de zeste de combava et le sel. Remuez deux minutes : le mélange doit napper le dos d'une cuillère sans se séparer. Réservez tiède, et prélevez-en la moitié dans un bol que vous laisserez figer.
Le pourquoiLa crème de coco est une émulsion fragile : chauffée trop fort, la matière grasse se dissocie de l'eau et « tranche ». À feu doux, elle reste liée et forme un beurre qui nappe et lustre au lieu de graisser.
Placez la langouste vivante dix minutes au congélateur pour l'endormir. Posez-la sur une grande planche et fendez-la en un seul geste décidé, d'un couteau lourd, de la tête vers la queue dans la longueur. Retirez la poche stomacale située derrière la tête et le boyau intestinal en tirant délicatement. Gardez le corail orangé, plein de saveur.
Le pourquoiLe froid engourdit l'animal et rend la découpe nette et sans souffrance inutile ; un seul coup franc évite d'éclater la carapace et de déchirer la chair, qui cuirait alors de façon irrégulière.
Enduisez généreusement la chair exposée des deux moitiés avec le beurre de coco figé (ou, pour la version braise pure, un simple filet d'huile). Laissez reposer une dizaine de minutes à température ambiante, pas davantage.
Le pourquoiLe corps gras appliqué froid forme une pellicule qui ralentit le dessèchement de la chair sur le feu vif. Un repos court suffit : inutile de « mariner », la langouste n'a pas besoin d'attendrissement.
Préparez une braise vive, autour de 220 à 240 °C, en ménageant sur un côté une zone de chaleur douce. Posez les demi-langoustes chair vers la braise. Ne les bougez pas les trois premières minutes : elles se décolleront d'elles-mêmes une fois saisies. Badigeonnez la carapace exposée de beurre de coco tiède.
Le pourquoiLa chair posée en premier sur le feu se saisit et caramélise ses sucres, formant une croûte savoureuse ; la déplacer trop tôt l'arrache et la fait coller.
Retournez les demi-langoustes carapace vers la braise. Badigeonnez abondamment la chair avec le reste du beurre de coco réchauffé. Laissez cuire jusqu'à ce que la chair soit opaque à cœur mais encore nacrée, sans jamais attendre le blanc total.
Le pourquoiTerminer carapace contre le feu protège la chair d'une chaleur trop brutale : la carapace conduit et diffuse doucement, la chair finit de cuire sans se rétracter.
Retirez du feu, arrosez aussitôt d'un filet de jus de citron vert et, si vous en avez, concassez quelques baies de voatsiperifery par-dessus. Couvrez d'une feuille d'aluminium posée souplement et laissez reposer deux minutes.
Le pourquoiLe repos laisse les jus, chassés vers le cœur par la chaleur, se redistribuer dans toute la chair : elle devient juteuse en bouche au lieu de rendre son eau dans l'assiette.
Servez les demi-langoustes dans leur carapace, arrosées d'un dernier filet de beurre de coco chaud. Présentez le sakay dans un petit bol séparé. Accompagnez de riz blanc vapeur, éventuellement cuit moitié eau, moitié lait de coco léger, ou d'un laoka de brèdes côtier.
Le pourquoiServir le piment à part n'est pas qu'un usage : le sakay concentré par la chaleur de cuisson deviendrait envahissant et masquerait la chair délicate. À froid, à côté, chacun dose son feu.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
♔ Cette recette n'a jamais été testée par la communauté. Soyez le premier à fermer la couronne.
Même produit noble, la langouste, traité par la tradition sœur de La Réunion en cari mijoté (tomate, curcuma, épices) plutôt que grillé sur braise. Deux traitements insulaires du même crustacé, l'un à la braise, l'autre à l'étouffée.
Voir la recette →CousineLe sakay servi à côté de la langouste est le condiment pimenté malgache dont le mazavaroo est la forme montée à l'huile, très répandue dans la diaspora et à Maurice. Trait d'union transîle du piment malgache, dont l'étymologie rapprochée du romazava reste une hypothèse.
Voir la recette →VarianteMême plat de base, la langouste fendue et grillée dans sa carapace : la version mauricienne mise sur un beurre d'ail, la côte Est malgache sur un beurre à la crème de coco (voanio), avec le sakay toujours servi à part. Cousinage créo-insulaire direct de l'océan Indien.
Voir la recette →CousineMême grammaire côtière malgache : le produit de mer fendu et grillé sur la braise, servi avec le sakay à part et le riz. La langouste et le poisson partagent le même art de la braise des littoraux, le voanio et le feu de bois.
Voir la recette →L'autre grand traitement malgache de la langouste, côté ouest sakalava, en soupe généreuse. Même ressource halieutique nationale, deux régions et deux gestes : la braise betsimisaraka de l'Est contre la marmite sakalava de l'Ouest.
Pas encore dans l'AtlasSourcer ou se taire
♔ COURONNE — PAGE MAÎTRESSE · or en attente du test
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à cuisiner cette recette.