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Atlas Culinaire · Martinique · Amériques
Le macadam de morue est un ragoût épais de morue effilochée mijotée au court-bouillon tomaté, dont le nom évoque le bitume des routes (macadam) par sa texture compacte et liée. Plat 'antan lontan' d'économie domestique en Martinique, il se sert avec un riz, parfois si serré qu'on le tranche. Il se distingue nettement des accras (beignets) et de la chiquetaille (morue crue effilochée en condiment).
Le macadam de morue porte le plus imagé des noms de la cuisine antan lontan : sa texture compacte et liée évoque le bitume des routes, et certains le servent si serré qu'on le tranche. Plat d'économie domestique par excellence, il descend de la morue séchée bon marché qui a nourri l'île pendant des siècles. La morue, dessalée une nuit puis pochée et effilochée en gros copeaux, rejoint un court-bouillon tomaté monté sur un suage d'oignon, de cive et de thym, et c'est la farine délayée qui produit l'effet macadam, cette sauce épaissie jusqu'au nappant dense. Le débat porte sur le riz : pour certains cuisiniers, le macadam authentique intègre un riz cuit dans la sauce jusqu'à devenir compact et tranchable, tandis que d'autres sources natives le présentent en ragoût épais servi à côté du riz. Les deux versions coexistent, l'usage régional décide. Bien chaud, un trait de citron vert, des bananes jaunes frites si le cœur en dit : c'est la mémoire des tables modestes devenue plat de nostalgie.
La principale divergence porte sur le riz : pour certains cuisiniers, le macadam authentique intègre un riz cuit dans la sauce de morue jusqu'à devenir compact, 'si serré qu'on le sert en morceaux', tandis que d'autres recettes natives (saveurcaraibes.com 'antan lontan', bellemartinique.com) présentent le macadam comme un ragoût de morue à la sauce tomate épaissie à la farine, servi à côté du riz.
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Faire dessaler la morue dans un grand volume d'eau froide une nuit (12 h), en changeant l'eau 2-3 fois.
Le pourquoiLa nuit de trempage rend la morue juste salée : c'est elle qui assaisonnera tout le plat.
Plonger la morue dans l'eau frémissante 15 min (changer l'eau une fois si encore salée), égoutter.
Le pourquoiLe frémissement attendrit la morue sans la durcir.
Retirer peau et arêtes, puis effilocher la chair à la main en gros copeaux.
Le pourquoiLes gros copeaux tiennent le mijotage : émiettée trop fin, la morue disparaîtrait dans la sauce.
Dans l'huile chaude, faire suer oignon, cive, persil et thym 5 min sans colorer. Ajouter l'ail.
Le pourquoiLe suage doux construit le fond aromatique sans amertume.
Ajouter concentré, tomates pelées et laurier, laisser compoter 5 min, puis verser l'eau et le piment entier.
Le pourquoiLa tomate compotée donne son corps au court-bouillon avant le mouillage.
Délayer la farine dans un peu d'eau froide, verser dans la sauce en remuant pour épaissir.
Le pourquoiLa farine délayée épaissit la sauce : c'est l'effet macadam qui donne son nom au plat.
Ajouter la morue effilochée, poivrer, et laisser mijoter 15-20 min à couvert, jusqu'à une consistance épaisse et nappante.
Le pourquoiLe mijotage couvert marie la morue à la sauce jusqu'à la consistance dense qui définit le plat.
Servir bien chaud avec du riz créole, un trait de citron vert et, si l'on veut, des bananes jaunes frites. Pour le macadam 'serré', incorporer du riz précuit jusqu'à un ensemble dense et tranchable.
Le pourquoiSerré au riz il se tranche, en ragoût il s'accompagne : deux écoles, un même plat de mémoire.
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