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Atlas Culinaire · Indonésie · Asie
Le pancake géant et spongieux des vendeurs du soir, plié sur une pluie de chocolat râpé, cacahuètes concassées, beurre et lait concentré — le « clair de lune » d'Indonésie
Le piège est de confondre DEUX plats qui partagent le mot martabak mais n'ont RIEN à voir. (1) LE MARTABAK MANIS (« martabak sucré »), aussi appelé terang bulan (« clair de lune », car le grand disque avant pliage évoque la pleine lune), kue bandung ou Hok Lo Pan : c'est un pancake épais, mou, alvéolé, SUCRÉ, garni de chocolat râpé, cacahuètes, fromage, beurre et lait concentré — c'est CE plat-ci. (2) Le martabak telur (« martabak aux œufs ») : crêpe fine, croustillante, SALÉE, fourrée d'œufs, viande hachée et ciboule, héritée des marchands musulmans tamouls/indiens — un plat complètement distinct. Les confondre est l'erreur classique du visiteur. (3) ORIGINE CHINOISE, PAS INDIENNE pour le manis : il descend de la cuisine du Fujian, introduit dans l'archipel par les Chinois Hokkien et Khek des îles Bangka Belitung — d'où le nom Hok Lo Pan (« gâteau de l'ethnie Hoklo »). Une légende l'attribue au général Zuo Zongtang sous les Qing (~1855) nourrissant ses soldats. Ne pas non plus le confondre avec l'apam balik / min jiang kueh malais-singapourien, plus fin : le martabak manis indonésien moderne est épais, beurré à l'excès et garni généreusement. Acteurs et garants : communautés sino-indonésiennes de Bangka, vendeurs de gerobak (chariots) du soir à Jakarta, Sri Owen (Sri Owen's Indonesian Food, Pavilion 2014).
Traditionnellement accompagné d'un thé chaud (teh tawar) ou d'un café noir indonésien (kopi tubruk) qui tranche le sucre et le beurre. Se mange tiède, le soir, partagé en parts coupées comme une part de gâteau. La version moderne « premium » se charge de Toblerone, Ovomaltine, Nutella — mais le canon de rue reste chocolat râpé + cacahuètes + fromage râpé + lait concentré.
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Dans un grand saladier, fouetter la farine, la fécule de tapioca, le sucre et le sel. Battre les œufs avec le lait et la vanille, puis incorporer progressivement aux poudres en fouettant pour obtenir une pâte lisse et fluide, sans grumeaux. Couvrir et laisser reposer au moins 1 heure, idéalement 2 heures, à température ambiante. Ce repos détend le gluten et donne une mie régulière.
Au moment de cuire seulement, ajouter la levure chimique et le bicarbonate à la pâte reposée et fouetter brièvement. C'est le contact de ces agents levants avec la chaleur de la poêle qui crée les fameuses alvéoles (sarang tawon). Ne pas les mettre pendant le repos : ils perdraient leur pouvoir. La pâte doit rester fluide mais nappante.
Chauffer une poêle épaisse de 20-22 cm (idéalement à bords hauts) à feu moyen-doux et la beurrer. Verser la pâte jusqu'à mi-hauteur. Dès que des bulles montent et que les bords prennent, parsemer un peu de sucre sur la surface, puis couvrir. Ne JAMAIS percer les bulles : les laisser éclater seules en formant les trous du nid d'abeille.
Maintenir couvert à feu doux jusqu'à ce que toute la surface soit criblée de petits trous et devienne mate et sèche au toucher (le dessous est alors doré). Le pancake ne se retourne PAS : il cuit d'un seul côté, la vapeur sous couvercle cuisant le dessus. Compter 8 à 12 minutes selon l'épaisseur de la poêle.
Sortir le pancake encore chaud sur une planche. Badigeonner toute la surface de beurre fondu sans lésiner. Sur une moitié, répartir le chocolat râpé, les cacahuètes concassées sucrées et le fromage cheddar râpé. Arroser de lait concentré sucré. Le beurre chaud doit faire légèrement fondre le chocolat pour qu'il accroche.
Replier le pancake en deux comme un livre pour enfermer la garniture. Badigeonner le dessus d'un peu de beurre. Laisser tiédir 2 minutes, puis couper en parts généreuses (carrés ou triangles) avec un couteau huilé. Servir tiède, à partager, avec du thé chaud ou un café noir. C'est le dessert-rue du soir par excellence.
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Sourcer ou se taire
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