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Atlas Culinaire · Géorgie · Asie
La gelée pourpre des vendanges — jus de Saperavi réduit en badagi puis lié à la farine de maïs, démoulé en motifs et garni de noix
Carla Capalbo dans 'Tasting Georgia' (Pallas Athene, 2017, p.418) et Darra Goldstein ('The Georgian Feast', UC Press) précisent un point souvent confondu : le pelamushi (la gelée) ne doit pas être confondu avec le BADAGI (jus de raisin pur réduit, sans farine), qui est l'ingrédient de base du pelamushi ET de la churchkhela. Le pelamushi authentique de Kakheti se fait OBLIGATOIRELY au moment des vendanges (rtveli, septembre-octobre) avec du jus de Saperavi rouge profond fraîchement pressé — la couleur pourpre signature vient du raisin, JAMAIS d'un colorant. La controverse porte sur le ratio farine de maïs : 100g/L pour Capalbo (consistance flan tremblotante), contre 150g/L pour la version Imereti citée par Goldstein (consistance plus ferme qui se démoule). Tekuna Gachechiladze (chef Cafe Littera Tbilisi) défend la version Kakheti tendre et critique en 2018 sur Agenda.ge les versions industrielles vendues en supermarché qui utilisent du jus concentré reconstitué, du sucre raffiné et de la fécule de maïs au lieu de la farine de maïs traditionnelle (ghomi grossier) — 'ce n'est plus du pelamushi mais de la gelée colorée'. Voir https://agenda.ge/en/news/2018/2329.
Vin rouge Saperavi sec (le même cépage que la gelée — accord-écho parfait). Alternative : Chacha en digestif. Pour service estival : Tarkhuna ou matsoni légèrement sucré au miel. À éviter : café qui amplifie l'astringence du raisin réduit.
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Filtrer le jus de raisin frais à travers une étamine fine pour retirer les pulpes et lies. Verser dans une grande casserole en cuivre ou inox épais (jamais d'aluminium qui réagit avec l'acide du raisin). Porter à frémissement doux à feu moyen. Écumer la mousse rosée qui remonte à la surface pendant les 5 premières minutes — c'est la 'gomme' du raisin qui apporterait amertume si on la laisse.
Laisser réduire à feu moyen-doux pendant 20-25 minutes en remuant occasionnellement. Le jus doit perdre 25-30% de son volume initial et foncer en couleur. À ce stade, on a obtenu le 'badagi' — le jus de raisin réduit qui sert aussi de base à la churchkhela. Goûter : si trop acide pour les fruits sous-mûrs, ajouter le sucre roux. Sinon zéro sucre — le raisin mûr en a assez.
Prélever 300 ml de badagi chaud et le verser dans un grand bol froid pour le refroidir rapidement. Quand il est tiède (<40°C), ajouter la farine de maïs en fouettant énergiquement au fouet à main pour obtenir une crème lisse SANS GRUMEAUX. Cette étape est cruciale — délayer dans le chaud direct = grumeaux irrécupérables. Si on voit des grains de farine, passer au tamis fin.
Verser le mélange farine-badagi en filet dans la casserole de badagi chaud en fouettant CONSTAMMENT au fouet à main pour bien intégrer. Réduire le feu à doux. Cuire en remuant SANS ARRÊT à la cuillère en bois pendant 10-12 minutes — la préparation va épaissir progressivement et passer du liquide à la consistance d'une crème pâtissière épaisse. Si on entend 'plouf' au lieu de 'gloup', c'est prêt.
À l'arrêt du feu, hors flamme, incorporer optionnellement la cannelle moulue (variante Imereti) ou l'eau de rose (variante festive). Mélanger doucement pour ne pas casser la texture. Capalbo précise que la version pure Kakheti ne porte AUCUN aromate — c'est une question de doctrine régionale.
Mouiller légèrement à l'eau froide les moules individuels (ramequins, verrines en verre, moules métalliques à motifs traditionnels rosaces ou étoiles). Verser la préparation chaude jusqu'à 1 cm du bord. Tapoter chaque moule contre la table pour évacuer les bulles d'air. Lisser la surface avec le dos d'une cuillère mouillée si nécessaire.
Laisser refroidir à température ambiante 30 minutes (couverts d'un linge), puis transférer au réfrigérateur pour 4 heures minimum (idéalement une nuit). La pectine du raisin et la farine de maïs vont se gélifier ensemble pour donner une texture flan tremblotante mais ferme qui se démoule. Tester la prise : la surface doit être ferme et résistante au doigt.
Tremper rapidement chaque moule dans l'eau chaude 5 secondes, passer un couteau fin sur les bords, retourner sur une assiette à dessert en tapotant. La pelamushi doit se démouler proprement en gardant les motifs. Saupoudrer généreusement de noix concassées et décorer de cerneaux entiers en couronne. Servir frais avec un verre de Saperavi ou une tranche de churchkhela à côté.
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