Chargement de l’atlas
Atlas Culinaire · Italie · Campania
Disciplinare AVPN et STG européen : pâte à 4 ingrédients étirée à la main, fior di latte ou bufala, basilic, cuite 60-90 secondes au four à bois. Le trio tricolore existait 30 ans avant la reine.
Contient pecorino, parmigiano : ces AOP sont produites à la présure animale.
Une pâte de farine, d'eau, de sel et de levure, rien d'autre, étirée à la main, garnie de tomate et de mozzarella, et cuite soixante à quatre-vingt-dix secondes dans un four à bois à près de cinq cents degrés. La pizza napolitaine est le plat italien le plus protégé du monde, et celui dont l'histoire officielle est la plus fausse.
LA LETTRE DE 1889 EST UN FAUX, ET C'EST ÉTABLI DANS UNE REVUE ACADÉMIQUE.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Versez l'eau à température ambiante dans un grand saladier. Dissolvez-y entièrement le sel, puis dispersez la levure. Commencez à incorporer la farine « a pioggia » (en pluie), une poignée après l'autre, en mélangeant d'une main.
Le pourquoiLa règle de l'AVPN est invariable : eau d'abord, puis sel, puis la farine, puis la levure — et le sel ne doit jamais rester en contact direct avec la levure plus de cinq minutes.
Renversez la pâte sur le plan de travail et pétrissez vigoureusement 15 à 20 minutes, en l'étirant et la repliant, jusqu'à ce qu'elle devienne lisse, élastique et ne colle plus aux doigts.
Le pourquoiLe pétrissage hydrate et aligne la gliadine et la gluténine de la farine en un réseau de gluten élastique qui emprisonnera les gaz de la fermentation et donnera sa mâche au cornicione.
Formez une grosse boule lisse, déposez-la dans un saladier à peine huilé, couvrez d'un linge humide ou d'un film. Laissez reposer 2 heures à température ambiante.
Le pourquoiCe premier repos lance la fermentation et détend le réseau de gluten, ce qui rendra le boulage et l'étirement bien plus faciles ensuite.
Farinez le plan. Divisez la pâte en pâtons de 250 à 280 g (pesés à la balance). Boulez chacun bien serré en rentrant les bords sous le pâton, d'un geste qui rappelle la fabrication de la mozzarella (la « mozzatura »). Espacez-les sur un plateau fariné, couvrez hermétiquement.
Le pourquoiUne boule mise sous tension de surface gardera sa forme et donnera, à la cuisson, un cornicione régulier et bien gonflé tout autour du disque.
Laissez les pâtons fermenter 8 à 24 heures à température ambiante (idéalement 18-22 °C). Plus la pousse est longue, plus la pâte gagne en légèreté et en arôme.
Le pourquoiLa levure libère lentement du CO₂ qui gonfle le réseau de gluten en fines alvéoles, tandis que le temps développe les arômes : l'AVPN exige au moins 8 heures, et les meilleures pâtes poussent 20 à 24 heures.
Une heure avant d'enfourner, placez une plaque d'acier (ou à défaut une pierre) dans le tiers haut du four et chauffez à fond, température maximale, gril activé si possible. La surface doit être brûlante.
Le pourquoiSans four à bois, c'est la surface conductrice qui sauve la pizza : plus vite l'énergie passe dans la pâte, plus les bulles gonflent — l'acier transmet la chaleur plus vite que la pierre.
Écrasez les San Marzano pelées à la main, dans un bol, jusqu'à une purée grossière. Salez. C'est tout : ni ail, ni herbes, ni cuisson.
Le pourquoiLa sauce cuira en 60 à 90 secondes sur la pizza : la cuire à l'avance la concentrerait et lui ferait perdre sa fraîcheur acidulée.
Posez un pâton sur un plan fariné (semola de blé dur de préférence). Pressez le centre du bout des doigts en cercles, du centre vers l'extérieur, sans jamais toucher les 2 cm du bord. Puis soulevez et faites tourner le disque sur le dos des mains pour l'étirer à 28-30 cm.
Le pourquoiL'étirement à la main chasse l'air du centre vers la couronne : c'est exactement là que naîtra le cornicione gonflé. Un rouleau écraserait ces bulles et tuerait le bord.
Transférez le disque sur une pelle farinée. Étalez 3 cuillerées de sauce au centre en spirale, en laissant 2 cm de bord nu. Répartissez le fior di latte égoutté en lamelles, posez quelques feuilles de basilic, et terminez par un filet d'huile en spirale (les Napolitains dessinent un « 6 »).
Le pourquoiUne pizza trop chargée ne cuit pas : l'excès d'eau de la mozzarella et de la sauce la détrempe et l'empêche de gonfler.
Faites glisser la pizza de la pelle sur la surface brûlante. Au four à bois (430-485 °C), comptez 60 à 90 secondes en tournant la pizza à mi-cuisson. Au four domestique, 4 à 6 minutes sur l'acier, finition sous le gril, en surveillant à vue.
Le pourquoiLa chaleur intense déclenche en quelques secondes la réaction de Maillard sur les bulles du bord : ce sont les taches charbonnées du « leoparding », signature de la napolitaine.
Sortez la pizza, ajoutez éventuellement une feuille de basilic frais et un filet d'huile crue. Servez immédiatement. À Naples, on la plie en quatre (« a libretto ») et on la mange à la main.
Le pourquoiLa vraie napolitaine se mange chaude et souple, dans les minutes qui suivent : l'AVPN recommande de la consommer dans les 10 minutes après la sortie du four.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
♔ Cette recette n'a jamais été testée par la communauté. Soyez le premier à fermer la couronne.
La sœur jumelle canonique. Avec la Margherita, la Marinara (tomate, ail, origan, huile, SANS fromage) est l'une des deux seules pizzas reconnues « Vera Pizza Napoletana » par l'AVPN — et la plus ancienne des deux, héritée du XVIIIᵉ siècle.
Voir la recette →CousineLa pizza des temps difficiles : frite dans l'huile au lieu d'être cuite au four, souvent fourrée (ricotta, restes), elle s'est répandue à Naples après 1945 quand les fours bombardés manquaient. Elle porte pourtant, elle aussi, le label AVPN.
Voir la recette →CousineL'autre école italienne. Face au cornicione gonflé et moelleux de Naples, Rome répond par une pâte fine, plus pauvre en eau et tirée fine : croustillante là où la napolitaine est souple. Deux philosophies opposées de la même galette.
Voir la recette →CousineLa cousine sicilienne. « Sfincione » vient de spongia, l'éponge : une pâte haute et moelleuse, proche de la focaccia, garnie de tomate, oignon, anchois, caciocavallo et chapelure. Le street food de Palerme, sans mozzarella ni cornicione.
Voir la recette →CousineLa sœur la plus célèbre : même Campanie, même trio tricolore (mozzarella blanche, tomate rouge, basilic vert) en hommage au drapeau italien. Deux icônes du même symbolisme patriotique, l'une crue, l'autre au feu de bois.
Voir la recette →Le faux ami absolu, et il est signé Artusi. Sa « pizza alla napoletana » est un DESSERT : une pâte sablée garnie de pignons et de raisins secs, qu il range parmi les dolci. Chez Cavalcanti aussi, en 1839, une pizza est une tarte, souvent sucrée. Le mot est plus vieux que le plat et désignait autre chose.
Pas encore dans l'AtlasSourcer ou se taire
♛ COURONNE — ENLUMINURE V4 · or en attente du test
Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à cuisiner cette recette.