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Atlas Culinaire · Ăles Canaries · Europe
La potĂ©e des fĂȘtes et des romerĂas, oĂč les fideos gruesos n'entrent qu'Ă la toute fin â sous peine de transformer le rancho en bouillie.
La Web officielle de tourisme de Gran Canaria le fait au bĆuf et au poulet, avec du safran en pistils.
La FEDAC, fondation canarienne d'ethnographie, le relÚve aux cÎtes de porc et au chorizo, colorés au pimentón fumé et au colorant alimentaire.
D'autres versions natives partent du morcillo de bĆuf ou du porc seul.
Ă Gran Canaria, on remplace parfois les pois chiches par des haricots.
Autrement dit : le rancho n'a pas de viande canonique, il a une **structure** canonique â une lĂ©gumineuse, une viande grasse, des papas, et des fideos.
Le safran contre le colorant n'est d'ailleurs pas un dĂ©bat de goĂ»t mais d'argent : le premier est la version de fĂȘte, le second celle du quotidien, et les deux sont lĂ©gitimes.
Un seul point ne souffre aucune discussion, et toutes les sources y insistent : les fideos gruesos s'ajoutent **Ă la toute fin**, cinq minutes avant de servir.
AjoutĂ©s plus tĂŽt, ils se dĂ©font et le rancho devient une bouillie â ce que les Canariens appellent, sans indulgence, un rancho ratĂ©.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Couvrez largement les pois chiches d'eau froide et laissez-les gonfler douze heures â ils doivent doubler de volume et leur peau rester lisse et tendue. C'est l'Ă©tape qu'on ne rattrape pas : un pois chiche mal trempĂ© restera dur alors que les papas seront dĂ©jĂ en purĂ©e, et vous n'aurez plus aucun levier. Si vous ĂȘtes pris de court, l'autocuiseur les cuira, mais ils resteront farineux au cĆur.
Le pourquoiLa rĂ©hydratation lente laisse l'amidon gonfler uniformĂ©ment ; cuit sec, le pois chiche Ă©clate en surface avant d'ĂȘtre cuit Ă cĆur.
SĂ©chez les cĂŽtes de porc au papier absorbant et faites-les colorer dans l'huile chaude, sur toutes leurs faces, sans encombrer la cocotte â deux fournĂ©es valent mieux qu'un entassement. Ajoutez le chorizo en rondelles Ă©paisses une minute seulement : il rend trĂšs vite sa graisse orange, et c'est elle qui donnera sa couleur au bouillon. RĂ©servez le tout. Le fond de la cocotte doit porter une pellicule brune accrochĂ©e, jamais noire.
Le pourquoiLa réaction de Maillard sur la viande et la fonte du gras pimenté du chorizo construisent les deux étages aromatiques du rancho.
Dans la mĂȘme cocotte, faites suer l'oignon finement Ă©mincĂ© avec le poivron vert et deux gousses d'ail hachĂ©es, Ă feu moyen, jusqu'Ă ce que l'oignon devienne translucide et lĂ©gĂšrement dorĂ©. Ajoutez alors la tomate rĂąpĂ©e et laissez rĂ©duire jusqu'Ă ce que le mĂ©lange fonce et que l'huile se sĂ©pare sur les bords. C'est le signe que le sofrito est prĂȘt. Si ça attache, dĂ©glacez d'une cuillĂšre d'eau et grattez les sucs.
Le pourquoiLa réduction lente du sofrito concentre les sucres de l'oignon et de la tomate, base sucrée-acide qui équilibre le gras des viandes.
Remettez les viandes, ajoutez les pois chiches Ă©gouttĂ©s et le laurier, couvrez de deux litres d'eau froide et portez doucement Ă frĂ©missement. Ăcumez la mousse grise des premiĂšres minutes, puis laissez mijoter Ă couvert, Ă tout petits bouillons, une heure et demie. Ne salez pas encore : le chorizo est dĂ©jĂ salĂ© et le bouillon va rĂ©duire. Le pois chiche doit s'Ă©craser sous le doigt sans rĂ©sistance avant qu'on passe Ă la suite.
Le pourquoiUn frémissement doux maintient les pois chiches entiers ; une ébullition franche brise leurs peaux et trouble le bouillon.
Cassez les papas à la main au-dessus de la cocotte : enfoncez la pointe du couteau puis rompez le morceau d'un geste sec, pour obtenir des faces déchirées et non tranchées. Ajoutez-les au bouillon et poursuivez vingt minutes. Ces surfaces irréguliÚres libÚrent bien plus d'amidon qu'une coupe nette, et c'est cet amidon qui donnera au rancho son velouté. Le bouillon doit perdre sa transparence et commencer à napper la cuillÚre.
Le pourquoiL'amidon des papas gélatinise dans le bouillon chaud et l'épaissit sans masquer les saveurs, contrairement à une farine crue.
Au mortier, pilez les deux gousses d'ail restantes avec le cumin, une pincĂ©e de sel et les pistils de safran lĂ©gĂšrement torrĂ©fiĂ©s Ă sec dans une poĂȘle. DĂ©layez d'une louche de bouillon chaud et reversez dans la cocotte. Hors du feu vif, ajoutez le pimentĂłn. Si vous faites la version quotidienne relevĂ©e par la FEDAC, remplacez simplement le safran par une pointe de colorant alimentaire : le plat reste le mĂȘme, seule la bourse change. GoĂ»tez et salez enfin.
Le pourquoiLe safran cÚde ses caroténoïdes dans un liquide chaud ; jeté sec dans la marmite, il reste en pistils sans colorer.
VĂ©rifiez qu'il reste largement de bouillon â les fideos vont en boire beaucoup â puis jetez-les dedans et comptez strictement le temps indiquĂ© sur le paquet, autour de huit minutes pour du gros calibre. Remuez une fois pour les sĂ©parer, pas davantage. Servez immĂ©diatement : le rancho ne se garde pas au chaud avec ses fideos dedans, ils continueraient de gonfler. Il doit ĂȘtre Ă©pais et nourrissant, la cuillĂšre doit tenir un instant plantĂ©e avant de basculer â jamais une soupe claire, jamais une bouillie.
Le pourquoiLes pùtes libÚrent leur amidon dans le bouillon et l'épaississent en continu ; passé leur temps de cuisson, elles se délitent et l'amidon devient colle.
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Sourcer ou se taire
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