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Atlas Culinaire · Jamaïque · Amériques
Billes de pulpe de tamarin malaxée à la cassonade et au sel, parfois relevées d'une pointe de scotch bonnet, roulées dans le sucre — la sucrerie d'enfance de toute la Caraïbe
Le tamarinier vient d'Afrique tropicale ; les navires de la colonisation espagnole l'ont disséminé dans les Caraïbes dès le XVIe siècle, et l'arbre s'y est si bien installé qu'il ombrage aujourd'hui les cours d'école et les bords de route de la Jamaïque. Ses gousses cassantes, couleur de terre cuite, cachent une pulpe brune et collante d'une acidité franche, presque électrique. C'est elle, malaxée à pleines mains avec de la cassonade et une pincée de sel, qui devient la plus simple et la plus tenace des sucreries de l'île.
La paternité des tamarind balls est partagée : Jamaïque, Trinidad, Guyana, Barbade et bien d'autres îles roulent la même friandise sans qu'aucune appartenance exclusive ne soit documentée — le tamarinier lui-même est un arbre africain naturalisé dans toute la Caraïbe à l'époque coloniale.
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Cassez les gousses de tamarin à la main. Retirez la coque dure et les fils fibreux, puis extrayez la pulpe sombre et collante en ôtant soigneusement les noyaux, gros, lisses et brillants. La pulpe doit être parfaitement propre, sans noyau ni fil. Pesez 300 à 350 g de pulpe nettoyée.
Le pourquoiLa pulpe tirée des gousses fraîches garde une acidité fruitée et complexe que les blocs commerciaux, souvent plus uniformes et plus mordants, n'offrent pas — et c'est elle qui porte toute la friandise.
Ôtez la queue du scotch bonnet. Selon le piquant souhaité, retirez les graines (plus doux) ou gardez-les (très fort). Hachez très finement, ou mixez le piment avec 2 cuillères à soupe de cassonade jusqu'à obtenir une poudre fine.
Le pourquoiRéduit en poudre avec le sucre, le piment se répartit uniformément dans la pâte : chaque bille pique pareil, sans morceau brûlant isolé.
Dans un bol, réunissez la pulpe de tamarin, 100 g de cassonade, le scotch bonnet préparé et le sel. Malaxez à pleines mains jusqu'à intégration complète. Goûtez et ajustez : du sucre si c'est trop acide, une pincée de sel si c'est trop sucré. La pâte doit tenir en équilibre entre sucré, acide et piquant.
Le pourquoiLe malaxage fait fondre le sucre dans l'humidité de la pulpe et lie la pâte ; et comme l'acidité varie d'un lot de tamarin à l'autre, goûter en cours de route est la seule boussole fiable.
Huilez-vous légèrement les mains. Prélevez des noix de pâte d'environ 15 g et roulez-les entre les paumes en billes lisses. Déposez-les sur une assiette. Une fois toutes formées, roulez chaque bille dans les 100 g de cassonade restants pour un enrobage complet.
Le pourquoiLes mains huilées empêchent la pâte de coller et lissent la surface ; l'enrobage de sucre apporte la petite croûte granuleuse qui signe la friandise et protège les billes.
Servez aussitôt, ou conservez dans une boîte hermétique jusqu'à deux semaines à température ambiante. En Jamaïque, les tamarind balls se vendent traditionnellement en petits sachets plastique transparents, sur les étals des marchés et dans les paniers des vendeuses de rue.
Le pourquoiLe sucre concentré et l'acidité naturelle du tamarin agissent comme conservateurs : c'est ce qui permet à cette confiserie de voyager sans froid, de main en main.
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Cousine lointaine du côté français de la Caraïbe : une douceur des Saintes née elle aussi du sucre de canne et de la tradition des petites sucreries insulaires vendues et offertes de main en main.
Voir la recette →Autre confiserie de rue jamaïcaine, dure et coriace celle-là : noix de coco râpée cuite au sucre brun avec gingembre et citron vert, baptisée d'après le premier Premier ministre Alexander Bustamante, vendue par les mêmes vendeurs et associée aux mêmes souvenirs d'école.
Pas encore dans l'AtlasTartelette jamaïcaine à la noix de coco râpée et au sucre brun : une autre douceur emblématique du goûter jamaïcain, héritière comme la tamarind ball de l'économie sucrière de l'île.
Pas encore dans l'AtlasLa même friandise sous son nom patois à Trinidad : pulpe de tamarin, sucre brun et sel, mais dans une version volontiers plus relevée, où l'ail et le piment entrent souvent dans la pâte.
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