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Atlas Culinaire · Saint-Martin · Amériques
L'âme sucrée des Antilles françaises : une pâte sablée croustillante, une couche de confiture de coco parfumée à la cannelle et à la vanille, coiffée d'une génoise dorée qui fond sous la langue. Le souvenir gourmand que l'on rapporte des Saintes et de Saint-Martin.
Le tourment d'amour est la petite tartelette emblématique des Îles des Saintes, en Guadeloupe, essaimée dans toutes les Antilles françaises jusqu'aux lolos de Grand Case à Saint-Martin : un fond de pâte brisée, une généreuse couche de confiture de noix de coco, et une génoise moelleuse par-dessus.
L'origine du tourment d'amour est disputée.
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Confiture de coco — Cuire la confiture de noix de coco — Râper la chair de la noix de coco fraîche à la main ou sur une râpe fine — ne jamais utiliser de coco déshydraté pour une texture et une saveur authentiques. Dans une casserole à fond épais, réunir la noix de coco râpée, le sucre de canne, l'eau, le bâton de cannelle, les graines et la gousse de vanille, le zeste de citron vert et la muscade râpée. Porter à ébullition à feu moyen en remuant régulièrement. Réduire le feu et laisser mijoter 20 à 25 minutes jusqu'à ce que le mélange épaississe et nappe une cuillère ; vérifier la consistance en déposant une goutte sur une assiette froide — elle doit se figer légèrement sans s'étaler.
Le pourquoiLa chair fraîche râpée libère un lait et des huiles que la coco déshydratée n'a plus : c'est elle qui donne le fondant et le parfum. Le sucre et une cuisson lente concentrent le mélange et l'aident à se conserver, pendant que cannelle, vanille et zeste de citron vert construisent la profondeur aromatique tropicale.
Pâte brisée — Préparer la pâte brisée — Tamiser la farine dans un saladier et y creuser un puits. Ajouter le beurre froid en dés et travailler du bout des doigts en sablant le mélange jusqu'à obtenir une texture de chapelure grossière. Dissoudre le sel dans l'eau froide et incorporer le jaune d'œuf, puis verser progressivement sur le sablé en amalgamant sans trop travailler — la pâte doit rester hétérogène pour rester croustillante. Former une boule, aplatir légèrement, filmer et réserver 30 minutes au réfrigérateur pour que le gluten se détende.
Le pourquoiEn sablant le beurre froid du bout des doigts, on enrobe la farine de gras et on limite le développement du gluten : c'est ce qui rend la pâte friable et croustillante plutôt que dure. Le repos au froid détend le peu de gluten formé et raffermit le beurre pour un fonçage net.
Fonçage — Foncer les moules à tartelettes — Préchauffer le four à 180 °C (chaleur tournante). Sur un plan de travail légèrement fariné, étaler la pâte brisée à 3 mm d'épaisseur. Détailler des disques légèrement plus grands que les moules à tartelettes cannelés de 10 cm de diamètre. Foncer les moules en appuyant délicatement sur le fond et les bords sans étirer la pâte. Piquer le fond à la fourchette pour éviter le gonflement à la cuisson. Réserver au frais 10 minutes pendant la préparation de la génoise.
Le pourquoiUne pâte posée sans tension épouse le moule sans se rétracter à la cuisson ; les piqûres à la fourchette laissent la vapeur s'échapper pour que le fond reste plat et ne cloque pas. Un bref passage au froid fige le beurre et fixe la forme.
Génoise — Monter la génoise au bain-marie — Casser les oeufs entiers dans un cul-de-poule résistant à la chaleur. Ajouter le sucre et poser le récipient sur une casserole d'eau chaude à 40 °C (bain-marie) — le fond du bol ne doit pas toucher l'eau. Fouetter énergiquement au batteur électrique pendant 8 à 10 minutes : le mélange doit tripler de volume, blanchir et former un ruban épais qui retombe en formant un 8 sur lui-même. Retirer du bain-marie et continuer à fouetter hors feu 2 minutes supplémentaires jusqu'à refroidissement complet. Ajouter l'extrait de vanille, la cannelle et le zeste de citron vert. Incorporer la farine tamisée en trois fois par gestes circulaires amples avec une maryse, sans insister pour préserver les bulles d'air qui font la légèreté de la génoise.
Le pourquoiChauffer doucement œufs et sucre à 40 °C dissout le sucre et fluidifie les protéines de l'œuf : le fouet emprisonne alors bien plus d'air, ce qui fait tripler le volume. C'est cette mousse, et non la levure, qui donne toute la légèreté de la génoise ; la farine incorporée délicatement ne doit pas chasser cet air.
Garniture — Garnir de confiture de coco — Sortir les moules foncés du réfrigérateur. Déposer une généreuse cuillerée à soupe de confiture de noix de coco froide (ou à peine tiède) au fond de chaque tartelette — environ 30 à 40 g par portion. Étaler délicatement la confiture sur toute la surface du fond de pâte sans remonter sur les bords, qui doivent rester libres pour accueillir la génoise. La confiture doit former une couche régulière d'environ 5 mm d'épaisseur. Pour une version plus généreuse, ajouter une fine couche de crème pâtissière parfumée à la cannelle et au rhum par-dessus la confiture avant de verser la génoise — variation Saintes plus contemporaine.
Le pourquoiLa confiture doit être complètement refroidie : posée chaude, elle détremperait la pâte crue et empêcherait le fond de cuire et de rester croustillant. On laisse les bords libres pour que la génoise s'y accroche et scelle la garniture.
Cuisson — Cuire les tourments d'amour — Verser la génoise sur la confiture de coco en remplissant les moules aux trois quarts — la génoise va légèrement gonfler à la cuisson sans déborder. Lisser légèrement la surface à la spatule. Enfourner à 180 °C pour 20 minutes, puis couvrir de papier aluminium (les tourments d'amour dorent très vite en surface) et poursuivre 10 minutes supplémentaires. La génoise doit être bien dorée, légèrement bombée, et un pic en bois inséré au centre doit ressortir propre. Laisser refroidir 10 minutes dans les moules avant de démouler sur une grille.
Le pourquoiLa génoise, riche en sucre et en œuf, dore très vite en surface avant d'être cuite à cœur : la couvrir de papier aluminium après la première phase stoppe la coloration tout en laissant la chaleur finir le travail. Ne pas ouvrir le four en début de cuisson évite le choc thermique qui ferait retomber la mousse.
Finition — Démouler et laisser reposer — Laisser les tourments d'amour reposer au minimum 30 minutes à température ambiante avant dégustation — la génoise se raffermirait et les saveurs de coco, vanille et cannelle s'harmonisent mieux une fois tièdes. Les savourer de préférence le jour même, ou conserver dans une boîte hermétique jusqu'à 2 jours à température ambiante ou 4 jours au réfrigérateur (les sortir 20 minutes avant de servir). Pour une présentation soignée à la manière des lolos de Grand Case à Saint-Martin, saupoudrer légèrement de sucre glace à la sortie du four pendant que la génoise est encore chaude.
Le pourquoiLe repos raffermit la génoise encore fragile à la sortie du four et laisse les arômes de coco, vanille et cannelle se diffuser dans la pâte. Le tourment d'amour est souvent meilleur le lendemain, quand la confiture a imprégné la génoise et le fond.
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Cousine caribéenne la plus proche : la même idée de tartelette garnie de noix de coco confite au sucre. Le tourment d'amour (Les Saintes, Guadeloupe) est individuel et coiffé d'une génoise moelleuse, la coconut tart est une grande tarte à grille, mais la garniture coco-sucre est de même famille.
Voir la recette →CousineMême famille de tarte antillaise à fond de pâte et garniture de confiture/fruit : la guavaberry tart en est le cousin de Sint Maarten, comme le tourment d'amour l'est des Saintes.
Voir la recette →CousinePâtisserie sucrée des Antilles françaises, originaire des Saintes en Guadeloupe et répandue dans l'archipel : cousine de dessert antillais français, elle partage la place du régal sucré festif, sans être propre à Saint-Martin.
Voir la recette →VarianteLe petit gâteau des Saintes a aussi sa maison à Saint-Martin, où il se décline volontiers à la goyave quand les puristes saintois défendent la coco seule.
Voir la recette →Même architecture en trois couches que le tourment d'amour : un fond de pâte sablée, une couche de confiture, puis un appareil moelleux cuit par-dessus (frangipane pour le Bakewell, génoise pour le tourment). Un cousin structurel venu d'Angleterre.
Pas encore dans l'AtlasDessert antillais emblématique bâti lui aussi sur la noix de coco fraîche, la vanille et parfois la cannelle. Même terroir créole et même goût prononcé pour la coco travaillée en douceur.
Pas encore dans l'AtlasVariante saintoise reconnue où la confiture de coco cède la place à une confiture de goyave, dont l'acidité légère tranche le sucré ; la banane fournit une autre déclinaison locale du même gâteau.
Pas encore dans l'AtlasSourcer ou se taire
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