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Atlas Culinaire · Japon · Kansai
Wagashi emblématique de Kyoto : la version cuite croquante à la cannelle face au nama-yatsuhashi cru, moelleux et fourré à l'anko
L'antériorité du yatsuhashi oppose depuis des siècles les grandes maisons de Kyoto, et le statut des deux formes divise. Shogoin Yatsuhashi (plus de 300 ans, rattachant son origine à 1689 et au moine-musicien Yatsuhashi Kengyō) et Honke Nishio (qui se dit fondée en 1689, en référence au Dit d'Ise) revendiquent chacune le titre de « premier fabricant », tout comme la maison Izutsu (plus de 200 ans). Le conflit s'est judiciarisé : en 2020 Izutsu a poursuivi Shogoin pour affichage trompeur de sa date de fondation, plainte rejetée par le tribunal de district de Kyoto en 2021, laissant Shogoin maintenir sa revendication (voir Wikipédia, https://en.wikipedia.org/wiki/Yatsuhashi). À cela s'ajoute le débat entre le yatsuhashi cuit, croquant et historique (1689), et le nama-yatsuhashi cru et fourré, apparu seulement vers 1960 mais devenu aujourd'hui la forme la plus vendue.
Thé vert matcha fouetté ou un sencha de Uji ; l'amertume du thé de Kyoto équilibre parfaitement le sucre et la cannelle du yatsuhashi.
Souvenir (omiyage) le plus emblématique de Kyoto, vendu dans toutes les gares et boutiques de la ville, décliné en dizaines de parfums ; le nama-yatsuhashi cru y a depuis 1960 détrôné en volume la version cuite historique.
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Dans un bol, mélangez les deux farines de riz, le sucre et la cannelle, puis incorporez l'eau peu à peu en fouettant jusqu'à obtenir une pâte lisse et sans grumeaux, de la consistance d'une crème épaisse. Le mélange des deux riz donne l'équilibre moelleux/tenue. Filtrez si besoin.
Versez la pâte dans un moule plat tapissé de papier cuisson et faites cuire à la vapeur 15 à 20 minutes, jusqu'à ce qu'elle devienne translucide et élastique. Remuez à mi-cuisson pour une texture homogène. La pâte est cuite quand elle ne laisse plus de trace farineuse.
Transférez la pâte brûlante sur un plan généreusement saupoudré de fécule de pomme de terre et pétrissez-la quelques instants (avec une corne, elle colle) jusqu'à ce qu'elle soit souple et brillante. Ce pétrissage à chaud développe l'élasticité mochi. Travaillez vite avant qu'elle refroidisse.
Étalez la pâte entre deux feuilles de papier saupoudrées de fécule jusqu'à environ 2 mm d'épaisseur. Détaillez des carrés d'environ 8 cm de côté. Cette finesse est essentielle au nama-yatsuhashi, qui se plie ensuite en triangle.
Déposez une petite quenelle d'anko au centre de chaque carré et repliez en triangle en soudant les bords. C'est la forme crue, moelleuse, apparue vers 1960 et aujourd'hui la plus vendue de Kyoto. Réservez au frais sous film.
Pour le yatsuhashi cuit historique, étalez la pâte (sans garniture) très finement et détaillez des rectangles que vous moulez sur un rouleau pour leur donner la courbe caractéristique « en pont ». Saupoudrez de cannelle. C'est la forme de 1689, vendue aux pèlerins de Shōgoin.
Disposez les pièces courbées sur une plaque et enfournez à 150 °C environ 12 à 15 minutes jusqu'à ce qu'elles soient sèches, dorées et croustillantes comme un senbei. Surveillez la coloration : la cannelle brûle vite. Laissez refroidir pour qu'elles durcissent complètement.
Servez le nama-yatsuhashi moelleux et l'éventuel yatsuhashi cuit croquant côte à côte, pour montrer les deux visages du wagashi de Kyoto. Accompagnez d'un thé vert. Consommez le nama-yatsuhashi dans les 2-3 jours.
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