vers 5 000 av. J.-C.
Premières agricultures néolithiques en Thrace
Les populations néolithiques qui habitent le territoire de l'actuelle Bulgarie pratiquent déjà la culture du blé, de l'orge et l'élevage de bovins et d'ovins. Les fouilles archéologiques menées sur des sites comme Karanovo et Stara Zagora révèlent des preuves de stockage de céréales et de transformation alimentaire rudimentaire. Cette période jette les bases agropastorales qui structureront durablement l'alimentation balkanique.
681 apr. J.-C.
Fondation du Premier Empire bulgare
La fondation du Premier Empire bulgare par le khan Asparouh marque la fusion des traditions culinaires proto-bulgares (nomades, centrées sur les produits laitiers fermentés et la viande) avec celles des Slaves sédentarisés (céréales, légumineuses, fermentation végétale). Cette synthèse culturelle pose les fondements de la cuisine bulgare médiévale telle que décrite dans les sources byzantines contemporaines. La consommation de produits laitiers, notamment le lait fermenté, est déjà une caractéristique identitaire documentée.
1396 – XVIIe siècle
Domination ottomane et fusion culinaire balkanique
Pendant près de cinq siècles de présence ottomane (1396-1878), la cuisine bulgare s'enrichit considérablement par l'introduction de nouvelles techniques (pâte yufka, cuisson en güveç) et de nouveaux ingrédients venus des Amériques via Constantinople, comme le poivron, la tomate et le haricot. Des préparations comme la moussaka, le baklava ou les kebaps s'intègrent dans le répertoire culinaire local, tout en se différenciant progressivement des versions turques ou grecques. Cette période représente la couche la plus structurante de la gastronomie bulgare moderne.
1905
Découverte du Lactobacillus bulgaricus par Grigorov
Le jeune médecin bulgare Stamen Grigorov identifie à Genève la bactérie Lactobacillus delbrueckii subsp. bulgaricus, responsable de la fermentation spécifique du yaourt bulgare. Cette découverte attire l'attention internationale, notamment celle d'Élie Metchnikoff, directeur de l'Institut Pasteur, qui associe la longévité exceptionnelle des paysans bulgares à leur consommation quotidienne de yaourt dans son ouvrage de 1907. Cet événement scientifique propulse le yaourt bulgare au rang de produit de santé mondialement reconnu.
1944 – années 1980
Collectivisation soviétique et standardisation alimentaire
Sous le régime communiste, la collectivisation agricole entraîne une industrialisation de la production alimentaire bulgare, avec la création de coopératives gérant la viticulture, l'élevage laitier et la production maraîchère à grande échelle. La Bulgarie devient l'un des principaux exportateurs de vins, de conserves de légumes et de yaourt vers le bloc soviétique. Paradoxalement, cette période consolide certaines traditions culinaires régionales dans la sphère domestique, les recettes familiales devenant un espace de résistance culturelle identitaire.