vers 700 av. J.-C.
Viticulture gète et scythe sur le Dniestr
Des fouilles archéologiques menées sur les sites thraco-gètes du territoire de l'actuelle Moldova révèlent des pépins de raisin carbonisés et des récipients de fermentation, attestant une viticulture locale précoce. Les Scythes puis les Grecs du Pont entretiennent des échanges commerciaux incluant le vin dans cette région, comme en témoignent les amphores grecques retrouvées sur plusieurs sites de la vallée du Dniestr. Ces données constituent les premières traces documentées d'une culture de la vigne sur ce territoire.
1359
Fondation de la Principauté de Moldavie
La fondation officielle de la Principauté de Moldavie sous Bogdan Ier marque la cristallisation d'une identité culinaire distincte, associant les traditions pastorales des Valaques aux influences slaves et byzantines. Les chroniques médiévales moldaves mentionnent la mămăligă de millet (avant le maïs), les fromages de brebis, les poissons du Dniestr et du Prout, ainsi que les vins des monastères comme productions emblématiques. La cour princière développe une cuisine de prestige intégrant épices orientales et savoir-faire byzantin.
milieu du XVIIe siècle
Le maïs supplante le millet : naissance de la mămăligă
Introduit en Europe ottomane depuis les Amériques au XVIe siècle, le maïs s'impose dans la Principauté de Moldavie vers 1650-1700 comme culture de subsistance principale, transformant radicalement l'alimentation paysanne. La mămăligă de maïs remplace progressivement celle de millet ou de sarrasin, offrant un rendement supérieur et une meilleure résistance aux aléas climatiques, ce que note le chroniqueur Miron Costin dans ses écrits de l'époque. Ce basculement alimentaire façonne définitivement la cuisine moldave telle qu'elle est connue aujourd'hui.
1812
Annexion russe : influences slaves sur la cuisine
Le traité de Bucarest de 1812 cède la Bessarabie (territoire de l'actuelle Moldova) à l'Empire russe, provoquant une période de 106 ans d'influences culinaires slaves intensives. S'intègrent alors à la cuisine locale des préparations comme les pelmeni (raviolis), le kvas, et des techniques de conservation par salaison et fermentation amplifiées, tout en maintenant le socle romano-moldave. Cette hybridation crée la cuisine moldave contemporaine, synthèse des traditions roumaines, slaves, turques et juives ashkénazes qui coexistaient en Bessarabie.
1991
Indépendance et renaissance de l'identité culinaire moldave
L'indépendance de la République de Moldova en 1991 s'accompagne d'un mouvement de réappropriation et de valorisation du patrimoine gastronomique national, longtemps fondu dans la cuisine soviétique standardisée. Des initiatives comme la promotion internationale des vins moldaves, l'inscription de savoir-faire traditionnels et le développement de l'œnotourisme autour des caves de Cricova et Mileștii Mici contribuent à forger une identité culinaire nationale affirmée. La cuisine moldave contemporaine connaît depuis les années 2010 une revalorisation portée par des chefs locaux soucieux de documenter et moderniser les recettes ancestrales.