vers 400 av. J.-C.
Peuplements illyriens et premières pratiques agropastorales
Les tribus illyriennes occupant le territoire de l'actuel Monténégro pratiquaient l'élevage ovin et bovin ainsi que la culture de céréales dans les vallées fluviales, comme en témoignent les fouilles archéologiques autour du lac Skadar et de la côte adriatique. La pêche dans le lac et en mer constituait également une ressource alimentaire documentée. Ces pratiques fondatrices ont établi les bases d'une cuisine montagnarde et lacustre qui perdure.
VIe siècle
Arrivée des Slaves et nouvelles traditions alimentaires
L'arrivée des peuples slaves dans les Balkans au VIe siècle introduit de nouvelles pratiques culinaires, notamment la fermentation des produits laitiers, la préparation de bouillies céréalières et la conservation de la viande par salage et fumage. Ces apports, fusionnés avec les héritages illyriens et byzantins, forment le socle de la cuisine traditionnelle monténégrine. Les techniques de production du kajmak et des charcuteries fumées trouvent leurs racines dans cette période.
vers 1360
Principauté de Zeta et culture culinaire aristocratique
Sous la principauté de Zeta, ancêtre médiéval du Monténégro, une culture de cour se développe autour de Skadar et de la côte adriatique, intégrant des influences culinaires vénitiennes et byzantines. Les chroniques médiévales mentionnent l'importance de l'élevage, de la viticulture sur le littoral et du commerce du poisson séché. Cette période marque la structuration d'une cuisine à deux visages : montagnarde et frugale à l'intérieur, méditerranéenne et plus élaborée sur la côte.
fin du XVe siècle
Influence ottomane sur la gastronomie monténégrine
Bien que le Monténégro ait largement résisté à la domination ottomane, la longue coexistence avec l'Empire ottoman à partir de la fin du XVe siècle introduit des ingrédients et techniques culinaires issus de la cuisine turque, notamment l'usage du paprika, des beignets frits, des sauces à base d'oignons et la préparation de viandes en ragoût. Le burek, les priganice et certaines préparations sucrées au miel témoignent de cet héritage. Ces apports se fondent progressivement dans la tradition locale sans l'effacer.
1878
Indépendance et codification de l'identité culinaire nationale
La reconnaissance internationale de l'indépendance du Monténégro au Congrès de Berlin en 1878 coïncide avec une affirmation de l'identité nationale, dont la gastronomie est un vecteur. Le jambon de Njeguši, originaire du village natal de la dynastie régnante Petrović-Njegoš, acquiert une dimension symbolique nationale et est servi lors des banquets officiels. Cette période ancre durablement certains produits régionaux comme marqueurs de l'identité monténégrine, un statut renforcé au XXIe siècle par des démarches de protection géographique.