vers 3 600 av. J.-C.
Agriculture et élevage aux temples mégalithiques
Les constructeurs des temples mégalithiques de Malte (Ġgantija, Ħaġar Qim), parmi les plus anciennes structures en pierre du monde, pratiquaient l'agriculture céréalière et l'élevage ovin et bovin, comme l'attestent les ossements animaux et les meules découverts lors des fouilles archéologiques. Des restes de faune marine indiquent également une exploitation active des ressources côtières. Cette période établit les fondements d'une économie agropastorale et maritime qui caractérisera durablement l'alimentation maltaise.
vers 700 av. J.-C.
Implantation phénicienne et introduction de la vigne
La colonisation phénicienne puis carthaginoise de Malte (connue alors sous le nom de Maleth) introduit ou intensifie la culture de la vigne, de l'olivier et du figuier, piliers de la triade méditerranéenne. Les Phéniciens, grands commerçants maritimes, font de Malte une escale stratégique, favorisant les échanges de denrées alimentaires entre l'Orient et l'Occident méditerranéen. Cette période laisse une empreinte durable sur le paysage agricole et les habitudes alimentaires de l'archipel.
IXe siècle (870 apr. J.-C.)
Conquête arabe et révolution des épices et agrumes
La conquête arabo-aghlabide de Malte en 870 marque une transformation profonde de la cuisine maltaise, avec l'introduction des agrumes, du coton, du cumin, de la coriandre, du safran et des techniques d'irrigation sophistiquées. L'influence arabe se lit encore aujourd'hui dans le vocabulaire culinaire maltais (la langue maltaise étant la seule langue sémitique à s'écrire en alphabet latin) et dans des préparations comme les qaghaq tal-għasel, pâtisseries aux dattes et aux épices. Cette période est académiquement reconnue comme l'une des plus déterminantes pour la construction de l'identité culinaire maltaise.
1530
L'Ordre de Saint-Jean et la cuisine de cour
L'installation de l'Ordre Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem à Malte en 1530, sous l'égide de Charles Quint, introduit une cuisine de cour européenne raffinée mêlant influences françaises, espagnoles et italiennes aux traditions locales. Les Chevaliers importent des produits, des recettes et des techniques culinaires du continent, enrichissant la gastronomie de l'élite maltaise et favorisant le développement de la pâtisserie fine. Leur présence contribue également à structurer le commerce alimentaire local et à développer les cultures maraîchères pour l'approvisionnement de La Valette.
XIXe siècle (à partir de 1800)
Présence britannique et hybridation culinaire moderne
L'annexion de Malte par la Grande-Bretagne en 1800, formalisée par le Traité de Paris de 1814, introduit des habitudes alimentaires britanniques comme le thé, les conserves et certaines préparations de viandes, qui s'hybrident avec le fond méditerranéen local. Paradoxalement, cette période renforce aussi la fierté identitaire maltaise autour de ses plats traditionnels comme le stuffat tal-fenek et les pastizzi, qui deviennent des marqueurs culturels de résistance douce face à l'acculturation. L'indépendance obtenue en 1964 consacre un renouveau d'intérêt pour la cuisine maltaise authentique, qui connaît depuis une valorisation patrimoniale croissante.