vers 50 av. J.-C.
Romanisation et viticulture mosellane naissante
L'occupation romaine de la région correspondant à l'actuel Luxembourg introduit la viticulture sur les coteaux de la Moselle, comme en témoignent les vestiges archéologiques de la villa romaine de Mamer et les traces de pressoirs découverts dans la région. Les Romains apportent également de nouvelles pratiques agricoles, des céréales améliorées et des légumineuses qui transforment durablement l'alimentation locale. Cette période jette les bases d'une culture du vin qui perdurera sans interruption jusqu'à nos jours.
963
Fondation du comté, premières traces alimentaires médiévales
La fondation du comté de Luxembourg par Sigefroid en 963 marque le début d'une organisation féodale qui structure la production alimentaire du territoire autour des seigneuries, des abbayes et des marchés. Les chroniques médiévales et les registres abbatiaux, notamment ceux de l'abbaye de Munster, attestent d'une économie agro-pastorale combinant céréales, élevage porcin et arboriculture fruitière. Les grandes foires commerciales de la ville de Luxembourg favorisent dès le XIIe siècle les échanges culinaires avec les régions voisines françaises, germaniques et flamandes.
vers 1740
Introduction de la pomme de terre dans les campagnes
Comme dans la majeure partie de l'Europe du Nord-Ouest, la pomme de terre s'impose progressivement dans l'alimentation rurale luxembourgeoise au cours du XVIIIe siècle, notamment sous l'impulsion des autorités autrichiennes alors maîtresses du territoire. Elle devient rapidement un aliment de base pour les paysans ardennais et ouvriers, engendrant une série de recettes populaires encore vivaces aujourd'hui, comme les Gromperekichelcher et la Bouneschlupp. Sa culture généralisée au XIXe siècle transforme profondément les habitudes alimentaires du Grand-Duché.
1815
Grand-Duché indépendant, identité culinaire affirmée
L'érection du Luxembourg en Grand-Duché indépendant par le Congrès de Vienne en 1815 favorise l'émergence d'une identité nationale qui se reflète progressivement dans la cuisine. Les recettes comme le Judd mat Gaardebounen et la Bouneschlupp s'imposent comme marqueurs d'une cuisine nationale distincte des influences allemandes, françaises et belges environnantes. Les premières publications de recettes luxembourgeoises au XIXe siècle témoignent d'une volonté de codifier et de valoriser ce patrimoine culinaire propre.
1985
Appellation Moselle Luxembourgeoise reconnue officiellement
En 1985, le Luxembourg institue une appellation d'origine contrôlée nationale pour les vins de la Moselle luxembourgeoise, reconnaissant officiellement des cépages comme le riesling, le pinot gris, l'auxerrois et le crémant de Luxembourg comme patrimoine culturel et économique du pays. Cette démarche s'inscrit dans une volonté de valorisation internationale de la gastronomie luxembourgeoise, renforcée par l'obtention du label européen AOP pour les vins mousseux Crémant de Luxembourg en 1991. Le vignoble mosellane luxembourgeois, qui s'étend sur environ 1 300 hectares, est aujourd'hui reconnu comme l'un des plus septentrionaux d'Europe.