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Atlas Culinaire · Luxembourg · Europe
La grosse quenelle de farine luxembourgeoise, façonnĂ©e Ă deux cuillĂšres et pochĂ©e Ă l'eau frĂ©missante, puis dorĂ©e dans le gras du lard fumĂ© et liĂ©e d'un trait de crĂšme â comfort food paysanne des saisons froides, « wĂ©i bei der Boma doheem » (comme Ă la maison chez grand-mĂšre).
Dans la cuisine luxembourgeoise, il est un plat que chacun reconnaĂźt Ă la premiĂšre bouchĂ©e : le Kniddel, grosse quenelle de farine dodue, pochĂ©e Ă l'eau puis dorĂ©e dans le gras d'un lard fumĂ©. On le mange « wĂ©i bei der Boma doheem » â comme Ă la maison chez grand-mĂšre â et c'est bien lĂ qu'il vit, dans la mĂ©moire des tables d'hiver bien plus que dans les livres.
**LE LAIT, JAMAIS L'EAU.** Toutes les recettes natives qui donnent des grammages lient la pùte au lait ; l'eau n'est que la version pauvre, de dépannage.
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La version rustique, la plus rĂ©pandue : farine, Ćufs, lait, sel. Celle des bouchers et des auberges.
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Dans un grand saladier, versez la farine, creusez un puits et cassez-y les 4 Ćufs. Salez. Incorporez le lait petit Ă petit au fouet, puis battez Ă©nergiquement : la pĂąte doit devenir lisse, souple, et se mettre Ă faire de petites bulles en se dĂ©collant des parois. Elle reste molle â elle tombe du fouet en ruban Ă©pais mais tient sur une cuillĂšre, ni coulante, ni collante.
Le pourquoiLe liquide traditionnel est le lait, pas l'eau (l'eau n'est que la version pauvre de dépannage) : c'est lui qui donne le moelleux. Et c'est le battage, non le repos, qui aÚre la pùte et rend les Kniddelen légers.
Portez une grande casserole d'eau salĂ©e Ă frĂ©missement (surtout pas Ă gros bouillons). Avec deux cuillĂšres Ă soupe trempĂ©es dans l'eau chaude, prĂ©levez un peu de pĂąte, façonnez un ovale et laissez-le glisser dans l'eau. Pochez 4 minutes, sortez-le, coupez-le en deux : la mie doit ĂȘtre moelleuse. Trop dense ? Ajoutez 2 c. Ă s. de lait Ă la pĂąte. Trop molle et dĂ©chirĂ©e ? 1 c. Ă s. de farine.
Le pourquoiUn seul Kniddel d'essai vous Ă©vite de rater toute une fournĂ©e : c'est le geste que les grand-mĂšres font sans mĂȘme y penser.
Avec les deux cuillÚres réguliÚrement retrempées, formez des ovales dodus de 3 à 4 cm et déposez-les délicatement dans l'eau frémissante, par fournées de 8 à 10. Ils coulent d'abord, puis remontent : laissez-les alors pocher encore une à deux minutes avant de les récupérer à l'écumoire et de les égoutter.
Le pourquoiL'eau frémissante cuit la pùte en douceur sans la faire éclater ; une ébullition violente arracherait les Kniddelen.
Dans une grande poĂȘle, faites revenir le lard fumĂ© en dĂ©s Ă feu moyen, sans matiĂšre grasse ajoutĂ©e : il rend sa propre graisse et devient dorĂ© et croustillant en 6 Ă 8 minutes. Si vous aimez, ajoutez un oignon Ă©mincĂ© Ă mi-cuisson pour qu'il fonde dans le gras.
Le pourquoiLe gras rendu par le lard est le fond de goût de tout le plat : c'est dans lui que les Kniddelen vont dorer.
Ajoutez la noix de beurre au lard et à son gras. Quand il mousse, déposez les Kniddelen égouttés en une seule couche et laissez-les dorer 2 à 3 minutes en les retournant délicatement à la spatule. C'est ici qu'apparaßt la belle robe ambrée et la note de noisette qui distinguent le Kniddel du dimanche du Kniddel de cantine.
Le pourquoiCe passage Ă la poĂȘle caramĂ©lise lĂ©gĂšrement la surface : sans lui, les Kniddelen restent pĂąles et sans caractĂšre.
Versez la crĂšme fraĂźche liquide dans la poĂȘle, baissez le feu et mĂ©langez dĂ©licatement pour enrober chaque Kniddel. Laissez frĂ©mir deux minutes, juste le temps que la crĂšme nappe. GoĂ»tez, rectifiez sel et poivre. Les plus rustiques s'en passent : chez certains, comme le boucher Maison Steffen, on sert les Kniddelen simplement dans le gras du lard, sans crĂšme.
Le pourquoiLa crÚme lie le gras du lard en une sauce courte et soyeuse ; à peine réduite, elle nappe sans masquer.
Servez immĂ©diatement dans des assiettes creuses chaudes, parsemĂ©s de persil ou de ciboulette et d'un tour de poivre au moulin. Accompagnez d'une compote de pommes (Ăppelmous) et d'un verre de Riesling de la Moselle luxembourgeoise. En version douce, on nappe mĂȘme les Kniddelen de compote Ă la place du lard.
Le pourquoiLe Kniddel est un plat-minute : la crĂšme fige et la pĂąte sĂšche en quelques minutes, il ne se fait pas attendre.
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â Cette recette n'a jamais Ă©tĂ© testĂ©e par la communautĂ©. Soyez le premier Ă fermer la couronne.
Le cousin d'Ă cĂŽtĂ© : les Spaetzle d'Alsace-Lorraine, mĂȘme pĂąte molle d'Ćufs et de farine pochĂ©e, mais raclĂ©e ou passĂ©e Ă la passoire â d'oĂč la forme fine et allongĂ©e, quand le Kniddel se façonne dodu Ă deux cuillĂšres.
Voir la recette âCousineLa version fromagĂšre souabe de la mĂȘme famille : KĂ€sespĂ€tzle, les petites pĂątes gratinĂ©es au fromage et Ă l'oignon fondu. MĂȘme racine, autre forme et autre habillage.
Voir la recette âCousineLe cousin Ă la pomme de terre : les Hoorische, quenelles allongĂ©es de pomme de terre rĂąpĂ©e souvent servies au lard â la voie du nord (l'Oesling, la RhĂ©nanie) lĂ oĂč le blĂ© manquait.
Voir la recette âCousineLa racine du nom : Kniddel vient de Knödel. Les Canederli du Tyrol italien en sont la grande boule de pain pochĂ©e â la mĂȘme idĂ©e germanique de la « boule nouĂ©e » de pĂąte.
Voir la recette âCousineLe cousin hongrois : les Galuska (ou Nokedli), pĂąte molle d'Ćufs et de farine poussĂ©e dans l'eau bouillante â la mĂȘme famille pan-centre-europĂ©enne, servie en accompagnement des ragoĂ»ts.
Voir la recette âCousineLe cousin slovaque : les BryndzovĂ© HaluĆĄky, petites quenelles de pomme de terre pressĂ©es Ă la passoire, nappĂ©es de fromage de brebis et de lard â un plat national bĂąti, comme les Kniddelen, autour du lard.
Voir la recette âCousineLa grosse boulette de pain rassis d'Allemagne-Autriche : mĂȘme racine « Knödel » que le Kniddel, mais servie en garniture et non en plat, et faite de pain plutĂŽt que d'une pĂąte Ă la cuillĂšre.
Voir la recette âCousineLe knedlĂk tchĂšque, cousin onomastique direct (« Knödel » â knedlĂk) : un pain-boulette cuit puis tranchĂ© pour Ă©ponger les sauces, plus gros et plus dense que le Kniddel.
Voir la recette âCousineLe classique rĂ©confortant du mĂȘme pays : les Kniddelen mat Speck partagent avec le Bouneschlupp le rĂŽle de comfort food paysanne luxembourgeoise, autour du lard fumĂ© et de la crĂšme.
Voir la recette âLe cousin « patate » luxembourgeois : mĂȘme mot, mĂȘme geste de quenelle pochĂ©e Ă la cuillĂšre, mais la pĂąte est faite de pomme de terre Ă©crasĂ©e au lieu de farine de blĂ©.
Pas encore dans l'AtlasLa version douce du mĂȘme Kniddel : la quenelle pochĂ©e est servie nappĂ©e de compote de pommes (Ăppelmous) au lieu du lard et de la crĂšme. Attention, c'est bien de la compote â pas de l'« Ăppelkraut », ce sirop cuit qui est rhĂ©no-liĂ©geois et non luxembourgeois.
Pas encore dans l'AtlasMĂȘme plat, autre gras : Ă la place du lard fumĂ© en dĂ©s, on garnit les Kniddelen de « GrĂ©iwen », les grattons croustillants du saindoux. Une variante rustique frĂ©quente, souvent servie elle aussi avec une compote de pommes.
Pas encore dans l'AtlasLa cousine des Ardennes luxembourgeoises (Oesling) : une quenelle ni de blĂ© ni de pomme de terre, mais de farine de sarrasin, servie elle aussi au lait ou Ă la crĂšme et au lard. Le plat paysan du nord, lĂ oĂč le froment poussait mal.
Pas encore dans l'AtlasSourcer ou se taire
â COURONNE â ENLUMINURE V4 · or en attente du test
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