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Atlas Culinaire · Bénin · Sud fon & goun
Le plat de fête fon par excellence — pâte de maïs torréfiée jusqu'à l'odeur de pop-corn, gorgée de sauce tomate rouge brique, accompagnée de poulet braisé et sauce moyo piquante.
Au sud du Bénin, chez les Fon et les Goun, certains plats ne se servent pas n'importe quand. L'amiwô est de ceux-là : une pâte de maïs d'un rouge profond, couleur sacrée du vodun, celle des divinités guerrières et de Hèviosso, le dieu du tonnerre. On la prépare pour les grandes fêtes, les mariages, les cérémonies, et on la partage en pétrissant à la main une boulette tiède que l'on trempe dans une sauce ardente.
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Frottez les morceaux de poulet d'une marinade d'ail, de gingembre et d'oignon mixés, d'un peu de moutarde africaine (afitin), de sel et de piment. Laissez prendre une heure, puis braisez le poulet sur une braise de bois ou au four, en le retournant et en l'arrosant de son jus, jusqu'à ce qu'il soit doré et fumé. Réservez le jus de cuisson.
Le pourquoiÀ Abomey, le poulet de l'amiwô se braise sur la braise, jamais à la friteuse : c'est la fumée du bois qui signe l'authenticité fon. [Tradition d'Abomey ; sources fon natives]
Versez la farine de maïs blanc dans une marmite à sec, sur feu moyen, et remuez-la sans cesse cinq à sept minutes. Elle blondit lentement et libère un parfum de pop-corn : c'est le signal. Tamisez-la ensuite pour ôter grumeaux et grains trop colorés.
Le pourquoiLa torréfaction est le geste qui distingue l'amiwô des autres pâtes africaines : elle réveille le maïs et donne à la pâte sa profondeur de goût. [Maman Lucie (marché Dantokpa, Cotonou) ; puristes d'Abomey]
Mixez les tomates avec l'oignon et le piment, puis faites-les réduire dans l'huile de palme rouge avec le concentré, jusqu'à une sauce épaisse et brillante d'un beau rouge brique. Mouillez avec le jus du poulet réservé.
Le pourquoiC'est cette sauce tomate, et autrefois la seule huile de palme, qui donne à l'amiwô sa couleur rouge sacrée ; la farine y entrera ensuite. [Wikipédia (fr) ; Mama Shito ; Les Gourmandises de Karelle]
Baissez le feu et versez la farine torréfiée en pluie dans la sauce chaude, jamais d'un seul coup, en remuant fermement avec une cuillère en bois plate. Travaillez la pâte dans un mouvement en huit, pas en cercle, jusqu'à ce qu'elle devienne lisse, souple et se détache des parois.
Le pourquoiLe mouvement en huit casse les grumeaux à mesure qu'ils se forment ; le cercle, lui, les rassemble. C'est le même geste que le cou-cou des Caraïbes. [Maman Lucie (Dantokpa) ; technique fon]
Pendant ce temps, hachez finement tomates, oignon et piment crus, assaisonnez d'un filet d'huile, d'un trait de citron et de sel. Cette sauce moyo se sert à part, fraîche et ardente : c'est elle qui réveille la pâte.
Le pourquoiLe moyo est le troisième pilier du plat, une salsa fon crue à ne pas confondre avec la sauce cuite incorporée à la pâte. [Visiter le Bénin ; sources fon]
Servez l'amiwô tiède, jamais brûlant, avec le poulet braisé et le moyo à côté. À la béninoise, prélevez une boulette de pâte de la main droite, creusez-la du pouce et trempez-la dans le moyo avant chaque bouchée.
Le pourquoiTiède, la pâte se pétrit et se mange à la main ; brûlante, elle colle et perd sa souplesse. [Tradition fon ; sources natives]
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Le jumeau béninois : exactement la même pâte rouge éwé, de l'autre côté de la frontière, préparée par les mêmes mains sous le nom d'amiwô.
Voir la recette →CousineLe cousin d'en face. Les Éwé et les Fon vivent des deux côtés de la frontière, et l'amiwo béninois relève de la même idée que le djenkoumé togolais : une pâte de maïs colorée et parfumée à la sauce tomate-piment. La famille -koumé ne s'arrête pas au poste-frontière.
Voir la recette →L'autre grande pâte béninoise : blanche, acidulée, fermentée, sans torréfaction ni rouge. Le quotidien là où l'amiwô est la fête.
Pas encore dans l'AtlasLe visage urbain de Cotonou : le poulet est frit plutôt que braisé sur le bois. Plus rapide, mais loin de la braise d'Abomey.
Pas encore dans l'AtlasL'ancêtre d'avant la tomate : la pâte de maïs torréfiée juste à l'huile de palme rouge, sans sauce tomate. Rare aujourd'hui, c'est « l'amiwô des anciens ».
Pas encore dans l'AtlasLa cousine ewe du Togo voisin : la même pâte rouge de maïs torréfié gorgée de tomate, sœur transfrontalière de l'amiwô, souvent servie elle aussi avec du poulet.
Pas encore dans l'AtlasSourcer ou se taire
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