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Atlas Culinaire · Bermudes · Amériques
Un gingerbread qui sent la mélasse et le rhum plus que le pain d'épices : aux Bermudes, ce gùteau sombre voyage dans les paniers de Cup Match l'été et se dresse en cottage géant à Noël.
L'Ă©tĂ© d'abord : la tradition domestique l'attache Ă **Cup Match**, le fĂ©riĂ© d'Ă©mancipation oĂč, comme le rappelle la recette de rĂ©fĂ©rence d'A Pinch of Sea Salt, « beaucoup de Bermudiens placent Cup Match au-dessus de NoĂ«l » â le gĂąteau de mĂ©lasse, qui supporte la chaleur et se bonifie en voyage, est un classique des paniers de pique-nique des deux camps, Somerset comme St.
George's.
L'hiver ensuite : chaque fin d'annĂ©e, le Hamilton Princess Ă©rige dans son lobby une maison de gingerbread monumentale â 420 kilos de gingerbread, 108 livres de mĂ©lasse, 200 kilos de glace royale en 2025, sous la direction du sugar chef **JJ Hauser** â bĂątie en forme de cottage bermudien traditionnel, toit Ă gradins et moongate compris, ce que Bernews documente annĂ©e aprĂšs annĂ©e.
Entre les deux, la question technique qui fĂąche : le gingerbread bermudien est un GĂTEAU moelleux de mĂ©lasse â hĂ©ritier direct des gingerbreads anglais coloniaux, dopĂ© au gingembre confit et au Gosling's Black Seal â, pas un biscuit sec de calendrier de l'avent ; Bake from Scratch le range d'ailleurs parmi les spĂ©cialitĂ©s que l'on va chercher en boulangerie sur l'Ăźle, aux cĂŽtĂ©s du scone Ă l'oignon doux.
Le rhum, enfin, divise : un quart de tasse de Black Seal dans la pĂąte pour les uns, hĂ©rĂ©sie pour les puristes de la mĂ©lasse pure â mais sur une Ăźle dont le rhum national est lui-mĂȘme distillĂ© de mĂ©lasse, l'ajout ressemble moins Ă une trahison qu'Ă un plĂ©onasme.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Verser les 60 ml de Black Seal sur les raisins dorés dans un bol et les laisser gonfler pendant toute la mise en place. Préchauffer le four à 160 °C et beurrer-chemiser un plat rectangulaire d'environ 23 à 33 cm. Les raisins boivent une partie du rhum et le reste rejoindra la pùte avec eux : rien ne se perd, tout parfume. Rùper le zeste d'orange, peser et tamiser ensemble farine, bicarbonate, gingembre moulu, cannelle, girofle, muscade et sel.
Le pourquoiLes fruits secs réhydratés dans l'alcool ne pompent plus l'humidité de la pùte à la cuisson : le gùteau reste moelleux et les raisins fondants.
Chauffer doucement la mĂ©lasse dans une casserole Ă fond Ă©pais et y fondre le beurre en remuant, sans JAMAIS approcher l'Ă©bullition â la mĂ©lasse qui bout devient amĂšre et le beurre se sĂ©pare. On obtient un liquide brun-acajou, brillant, homogĂšne, qui nappe la cuillĂšre. Retirer du feu et laisser tiĂ©dir pendant qu'on bat l'Ćuf : versĂ© brĂ»lant, ce mĂ©lange cuirait l'appareil.
Le pourquoiLa mélasse chaude dissout le beurre en émulsion stable : la matiÚre grasse enrobera uniformément l'amidon, gage d'une mie qui reste humide plusieurs jours.
Battre l'Ćuf avec le sucre deux bonnes minutes, jusqu'Ă un mĂ©lange pĂąle et mousseux. Incorporer alors, en alternant par tiers, les secs tamisĂ©s et le mĂ©lange mĂ©lasse-beurre tiĂ©di, Ă la maryse et sans excĂšs de zĂšle. L'appareil devient Ă©pais, brun profond, Ă©lastique â c'est l'ossature du gĂąteau, encore trop dense pour ĂȘtre enfournĂ©e telle quelle : l'eau bouillante de l'Ă©tape suivante viendra la dĂ©tendre.
Le pourquoiL'alternance secs-liquides Ă©vite les paquets de farine dans un appareil trĂšs visqueux oĂč le fouet ne rattrape rien.
Verser les 120 ml d'eau BOUILLANTE en deux fois, en mĂ©langeant : l'appareil se dĂ©tend spectaculairement en une pĂąte semi-fluide et brillante â c'est le geste classique des gingerbreads de mĂ©lasse, et il surprend toujours la premiĂšre fois. Incorporer ensuite la crĂšme aigre, puis les raisins avec leur rhum et les dĂ©s de gingembre confit lĂ©gĂšrement farinĂ©s. La pĂąte finale est fluide, presque une pĂąte Ă clafoutis Ă©paisse : c'est exactement la texture voulue.
Le pourquoiL'eau bouillante abaisse la viscositĂ© de la mĂ©lasse, dissout le sucre et dĂ©clenche le bicarbonate : la mie y gagne son humiditĂ© ET sa lĂ©gĂšretĂ© â le paradoxe du gingerbread rĂ©ussi.
Verser la pĂąte dans le plat chemisĂ© et enfourner Ă mi-hauteur pour cinquante minutes environ. Le gĂąteau gonfle doucement, embaume la maison d'Ă©pices et de mĂ©lasse, et fonce en surface â la couleur sombre est constitutive, elle ne dit rien de la cuisson : seule la pique fait foi, plantĂ©e au centre, elle doit ressortir propre avec quelques miettes humides. La cuisson douce est la police d'assurance de la mĂ©lasse, qui brĂ»le bien avant les autres sucres.
Le pourquoiLes sucres rĂ©ducteurs de la mĂ©lasse brunissent dĂšs 110-120 °C : Ă four vif, les bords carbonisent quand le centre est cru â 160 °C est le plafond de sĂ©curitĂ©.
Laisser refroidir le gingerbread dans son plat posĂ© sur grille, au moins une heure : sa mie humide de mĂ©lasse est fragile Ă chaud et se raffermit en refroidissant. Comme tous les gĂąteaux de mĂ©lasse, il est meilleur le lendemain et le surlendemain â les Ă©pices s'Ă©panouissent, le rhum s'arrondit, la mie se tasse juste ce qu'il faut. C'est cette endurance qui en fait le gĂąteau des paniers de Cup Match : coupĂ© en carrĂ©s, il voyage sans broncher et tient une semaine emballĂ©.
Le pourquoiLa rĂ©trogradation lente de l'amidon en prĂ©sence d'un fort taux de sucre inverti (mĂ©lasse) donne une mie qui se bonifie au lieu de rassir â la science des pains d'Ă©pices d'Europe appliquĂ©e sous les palmiers.
Servir en gĂ©nĂ©reux carrĂ©s : tiĂšdes avec une boule de glace vanille ou une cuillĂšre de crĂšme fouettĂ©e pour la version dessert ; Ă tempĂ©rature ambiante, nature, pour le thĂ© ou le panier de pique-nique. Ă NoĂ«l, il se fait maison de sucre au Hamilton Princess ; Ă Cup Match, il se fait carrĂ© de panier entre deux manches de cricket â mĂȘme pĂąte de mĂ©lasse, deux vies bermudiennes. Une tranche toastĂ©e et beurrĂ©e au petit-dĂ©jeuner du lendemain est le privilĂšge du cuisinier.
Le pourquoiLe contraste chaud-froid avec la glace vanille joue sur la volatilitĂ© des arĂŽmes d'Ă©pices, dĂ©cuplĂ©s par la chaleur, contre la rondeur lactĂ©e froide â un accord classique des gingerbreads.
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Sourcer ou se taire
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