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Atlas Culinaire · Mauritanie · Vallée du fleuve Sénégal
Le rouge rubis du Sahel : des fleurs séchées d'oseille de Guinée (hibiscus) infusées ou macérées, sucrées et parfumées à la menthe, à la fleur d'oranger ou au gingembre, servies très fraîches. Le bissap, boisson la plus emblématique de la vallée du fleuve, désaltère les après-midi chauds et rompt le jeûne du Ramadan.
Quand l'après-midi écrase le Sahel, un grand verre de bissap glacé, d'un rouge grenat profond, est la meilleure réponse à la soif. Le bissap, c'est l'infusion des calices séchés de l'oseille de Guinée — l'hibiscus Hibiscus sabdariffa —, sucrée et souvent parfumée à la menthe, au gingembre ou à la fleur d'oranger, puis servie très fraîche. En Mauritanie, c'est la boisson de la vallée du fleuve Sénégal, au sud du pays : chez les Halpulaar, les Soninké, les Wolof et les Peuls des régions du Gorgol, du Brakna, du Guidimakha et du Trarza, on la prépare volontiers plus concentrée, presque sirupeuse, et on la sort pour les fêtes, les mariages et pour rompre le jeûne du Ramadan.
Infusion à chaud ou macération à froid ? C'est le vrai débat du bissap.
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Rincez rapidement les calices d'hibiscus à l'eau froide pour ôter la poussière et le sable du séchage, puis égouttez. Ne les faites pas tremper à ce stade.
Le pourquoiLes calices séchés au soleil gardent poussière et sable ; un rinçage éclair les nettoie. Mais les laisser tremper maintenant ferait déjà fuir dans l'eau le rouge que l'on veut dans le verre.
Portez l'eau à frémissement, coupez le feu, plongez les calices, couvrez et laissez infuser une dizaine de minutes hors du feu. La couleur vire au rouge profond.
Le pourquoiL'eau chaude extrait vite la couleur et l'acidité ; mais une ébullition prolongée monte l'amertume des tanins et détruit la vitamine C. D'où le geste : infuser hors du feu, à couvert.
Autre méthode : mettez les calices dans l'eau froide et laissez macérer quatre à huit heures au frais, pour un profil plus fruité et moins astringent. Couvrez. Choisissez l'une ou l'autre méthode, pas les deux.
Le pourquoiÀ froid, l'extraction est lente et douce : on tire la couleur et le fruité sans l'astringence des tanins, et la vitamine C reste intacte. C'est la méthode des puristes, pour qui a le temps.
Pendant l'infusion, ajoutez la menthe, la vanille fendue ou le gingembre écrasé. Les arômes diffusent dans le liquide chaud. Réservez la fleur d'oranger pour la fin.
Le pourquoiMenthe, gingembre et vanille libèrent leurs huiles dans le liquide chaud. La fleur d'oranger, elle, est volatile : ajoutée à chaud, son parfum s'évapore.
Filtrez au chinois ou à la passoire fine en pressant bien les calices pour récupérer le maximum de liquide coloré. Jetez ensuite les fleurs.
Le pourquoiLes calices cuits retiennent une bonne part de jus coloré ; les presser récupère ce que l'infusion seule laisse derrière.
Dissolvez le sucre dans l'infusion encore tiède, goûtez et ajustez, puis incorporez la fleur d'oranger et le jus de citron à froid.
Le pourquoiLe sucre se dissout bien dans un liquide tiède, mal dans un bissap déjà froid. Le citron, ajouté à froid, ravive le rouge et réveille l'acidité.
Réfrigérez deux à quatre heures et servez très frais sur glaçons, garni de menthe. Le bissap se conserve trois à quatre jours au frais, la couleur fonçant avec le temps.
Le pourquoiLe bissap se boit vraiment froid ; le repos au frais fond aussi les arômes ensemble. Au-delà de quelques jours, il commence à fermenter.
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Le bissap sénégalais est le frère jumeau du bissap mauritanien : même fleur, même nom wolof, et c'est du Sénégal voisin que le mot « bissap » a traversé le fleuve. La vallée partagée boit la même boisson des deux rives.
Voir la recette →CousineEn Gambie, la même infusion rouge s'appelle wonjo. Autre nom, même fleur d'hibiscus séchée, même rouge grenat servi glacé : un cousin direct de la Sénégambie.
Voir la recette →CousineAu Nigeria, l'infusion d'hibiscus est le zobo, boisson nationale. Même calice rouge, souvent relevé de gingembre et d'ananas : la version nigériane du bissap.
Voir la recette →CousineAu Ghana, le même hibiscus se boit sous le nom de sobolo, souvent épicé au gingembre et aux clous de girofle. Cousin ghanéen de la grande famille rouge.
Voir la recette →CousineDans le monde arabophone, la même infusion porte le nom de karkadé. En Égypte, le karkadé se boit chaud comme froid et parfume les mariages : c'est le nom que prend aussi le bissap dans le nord de la Mauritanie.
Voir la recette →CousineAu Soudan, le karkadeh est presque une boisson nationale, bue très concentrée. Le même hibiscus, du côté du Nil : un cousin oriental de la famille.
Voir la recette →CousineLe sorrel de Noël jamaïcain descend en droite ligne du bissap : les mêmes calices d'hibiscus, emportés aux Caraïbes par la traite, relevés de gingembre et de clou de girofle. La boisson africaine devenue rituel des fêtes antillaises.
Voir la recette →CousineUne même plante, deux cuisines : le kansiyé guinéen n'est pas une boisson mais une sauce, montée avec les feuilles vertes et acides de l'oseille de Guinée (le même Hibiscus sabdariffa). Le calice rouge donne le verre, la feuille verte donne la marmite.
Voir la recette →Sourcer ou se taire
♛ COURONNE — ENLUMINURE V4 · or en attente du test
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