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Atlas Culinaire · Canada · Amériques
Vingt-quatre heures de four de terre pour transformer un bulbe indigeste en confiserie sucrée : la cuisson la plus longue du Canada.
Les bulbes étaient cultivés et entretenus pendant des siècles par la Nation Songhees dans les prés à chênes de Garry, qui étaient des paysages façonnés par le brûlage dirigé et le désherbage, et ils constituaient à la fois un aliment de base et un bien d'échange jusqu'au début du vingtième siècle, avant que l'urbanisation de Victoria ne détruise l'essentiel de ces prés.
La cuisson est le second point décisif : crus, les bulbes sont pratiquement indigestes car leur glucide de réserve est l'inuline, que l'organisme humain ne digère pas, et seule une cuisson très longue en fosse de terre, entre des couches de fougère à l'épée, de salal ou de chou puant, convertit cette inuline en fructose et rend le bulbe à la fois digeste et franchement sucré.
Le troisième point est une question de sécurité absolue : le camas comestible pousse en mélange avec le camas de la mort, plante hautement toxique dont les bulbes sont visuellement très proches, et seule la fleur permet de les distinguer avec certitude, ce qui interdit toute récolte hors floraison.
Des démonstrations de cuisson en fosse sont organisées chaque année avec la Nation Songhees.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Repérer les stations de camas pendant la floraison, en mai, quand les fleurs bleues sont visibles. Marquer les emplacements. Ne jamais récolter un bulbe sur une station non identifiée en fleur. Le camas de la mort, à fleur blanc crème, pousse dans les mêmes prés.
Le pourquoiLes bulbes des deux espèces sont morphologiquement très proches et aucun caractère fiable ne permet de les distinguer une fois la plante défleurie.
Déterrer les bulbes au bâton à fouir, en remuant la terre et en replaçant les plus petits. Brosser la terre et retirer les tuniques extérieures. Rincer à l'eau claire. Le remplacement des petits bulbes fait partie de l'entretien de la parcelle.
Le pourquoiLe prélèvement sélectif des gros bulbes et le repiquage des petits éclaircissent la station et augmentent le rendement des années suivantes.
Creuser une fosse d'un mètre de diamètre et de cinquante centimètres de profondeur. Y disposer les pierres et allumer un grand feu par-dessus. Entretenir le feu trois à quatre heures, jusqu'à ce que les pierres soient portées au rouge. Retirer ensuite les braises et les cendres.
Le pourquoiL'eau piégée dans les pores se vaporise sous la chaleur et la pression interne fait éclater la pierre, accident classique des cuissons en fosse.
Étaler une épaisse couche de fougère à l'épée fraîche sur les pierres brûlantes. Poser les bulbes en couche régulière par-dessus. Recouvrir d'une seconde couche végétale épaisse. Les bulbes ne doivent jamais toucher les pierres directement.
Le pourquoiLa couche végétale humide s'interpose entre la source de chaleur radiante et les bulbes, transformant une chaleur sèche destructrice en vapeur.
Verser l'eau d'un seul coup sur l'ensemble, en reculant immédiatement. Une colonne de vapeur brûlante jaillit aussitôt. Recouvrir immédiatement de nattes ou de toile, puis de terre, pour sceller complètement la fosse. Aucune vapeur ne doit s'échapper.
Le pourquoiL'eau au contact de pierres portées au rouge se vaporise instantanément et la vapeur atteint des températures très supérieures à cent degrés.
Laisser la fosse fermée douze heures au minimum, une journée entière idéalement. Ne pas l'ouvrir pour vérifier. Chaque ouverture fait retomber la température et compromet la conversion des glucides. La patience est ici le seul procédé.
Le pourquoiLa conversion de l'inuline en fructose est une hydrolyse lente qui exige une exposition prolongée à la chaleur humide, et non une simple cuisson.
Dégager la terre et retirer les couvertures avec précaution. Sortir les bulbes, devenus brun sombre, tendres et sucrés. Les servir tièdes, tels quels. Ils se conservent ensuite plusieurs semaines une fois séchés.
Le pourquoiLa conversion en fructose donne au bulbe cuit une saveur nettement sucrée et une couleur brune, indicateurs directs d'une cuisson menée à terme.
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Sourcer ou se taire
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