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Atlas Culinaire · Inde · Asie
Le plat que Calcutta doit à un nawab déchu : une cuisse entière braisée sous couvercle jusqu'à ce que le gras remonte tout autour.
Sur le versant historique, Tarana Husain Khan écrit sur goya.in que l'arrivée de Wajid Ali Shah au Bengale en 1856 a remué la marmite culinaire de la ville, et que les restaurants emblématiques Aminia et Royal font remonter leur fondation aux rakabdaars royaux de Metiaburj ; Sandeepa décrit de son côté les nawabs exilés arrivant avec des centaines de cuisiniers et de masalchis.
Les dates s'emboîtent : Royal Indian Hotel est fondé en 1905 par Ahmed Hussain, descendant du nawab, et Aminia en 1929 par Abdul Rahim sur Zakaria Street, face à la Nakhoda Masjid.
Spicy Punch pousse l'affirmation jusqu'au bout en écrivant que le chicken chaap est un plat des seuls restaurants moghlai de Calcutta et non de l'Inde entière.
Le désaccord commence sur le mot lui-même : Sandeepa rappelle que le chaap de mouton se fait traditionnellement avec les côtes, alors que sa version au poulet emploie une cuisse entière, ce qui laisse ouverte la question de savoir si le nom désigne la côte ou l'écrasement sous couvercle.
Il se prolonge sur la marinade : Kitchen of Debjani monte la sienne au yaourt égoutté, au char magaz de graines de melon et au sattu de pois chiche, sans pavot ni cajou, quand Spicy Punch empile pavot, graines de melon, cajou, eau de kewra, eau de rose et mitha attar.
Cette dernière assume par ailleurs ce que les blogs taisent souvent, le ghee coupé de dalda dans les cuisines de restaurant.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Pratiquez trois ou quatre entailles profondes jusqu'à l'os sur chaque cuisse, puis frottez-les de sel et de jus de citron. Spicy Punch prescrit exactement ces entailles jusqu'à l'os, pour que la cuisson soit plus rapide et que le masala pénètre. La cible est un morceau ouvert, dont la chair bâille légèrement autour de chaque entaille. Laissez reposer une quinzaine de minutes. Une cuisse non entaillée reste crue près de l'os quand la surface est déjà sèche.
Le pourquoiLes entailles augmentent la surface d'échange et raccourcissent la distance que la chaleur doit parcourir.
Faites bouillir les oignons dix minutes dans un peu d'eau puis broyez-les en pâte lisse, et broyez séparément le pavot et le cajou préalablement trempés vingt minutes dans de l'eau tiède. Spicy Punch monte sa marinade sur des oignons bouillis, du pavot, des graines de melon et du cajou. Le trempage n'est pas facultatif : sans lui, la pâte de pavot reste sableuse et gratte en bouche. La cible est une pâte d'oignon blanc cassé, sans fibre, et une pâte de pavot et cajou parfaitement lisse. Comptez une vingtaine de minutes au total.
Le pourquoiL'ébullition retire l'âcreté des composés soufrés de l'oignon sans déclencher la caramélisation.
Mélangez le yaourt égoutté, la pâte d'oignon, la pâte de pavot et cajou, le gingembre et l'ail, le sattu, le piment du Cachemire, le curcuma, le garam masala et le sucre, puis enrobez les cuisses en faisant pénétrer dans les entailles. Kitchen of Debjani travaille sur un yaourt égoutté et ajoute le sattu de pois chiche comme épaississant. La cible est un poulet entièrement masqué sous une couche épaisse et rouge orangé. Laissez mariner au moins une heure au frais, et jusqu'à une nuit entière si possible. Sortez-le vingt minutes avant la cuisson.
Le pourquoiL'amidon de la farine de pois chiche stabilise les protéines du yaourt et prévient leur coagulation brutale.
Chauffez le ghee et l'huile dans une cocotte à fond épais, jetez-y la cardamome verte, le macis, la cannelle et le girofle, et laissez-les parfumer quelques secondes. Spicy Punch travaille au ghee coupé de matière grasse végétale, à feu doux et sous couvercle serré, ce qui est la pratique de restaurant. Le mélange ghee et huile monte plus haut en température sans brûler que le ghee seul. La cible est un corps gras très parfumé où le macis domine légèrement. Comptez trente secondes, pas davantage.
Le pourquoiLe mélange de ghee et d'huile relève le point de fumée tout en gardant les arômes lactés du ghee.
Déposez les cuisses égouttées de leur excès de marinade et faites-les colorer deux à trois minutes par face à feu moyen. Kitchen of Debjani fait frire le poulet avant de le cuire dans le reste de la marinade sans ajouter d'eau. La cible est une cuisse dorée sur ses deux faces, dont la surface s'est raffermie. Ne cherchez pas une croûte de barbecue : le yaourt colore vite et le but est de fixer la marinade, pas de griller. Réservez la marinade restante, elle sera la sauce.
Le pourquoiLa saisie coagule les protéines de surface et scelle la marinade contre la chair.
Versez le reste de la marinade dans la cocotte, mélangez, couvrez hermétiquement et laissez braiser à feu très doux, sans ajouter d'eau, en retournant les cuisses à mi-parcours. Spicy Punch décrit exactement cette cuisson lente sous couvercle ajusté comme la condition d'un chaap authentique. La cible est une chair qui se détache de l'os sous la fourchette et une sauce réduite de moitié. Comptez trente à trente-cinq minutes. Si la sauce menace d'attacher, une cuillerée d'eau chaude suffit, jamais un verre.
Le pourquoiLa chaleur douce et humide hydrolyse le collagène de la cuisse sans contracter brutalement les fibres.
Découvrez et laissez réduire trois à cinq minutes à feu moyen, jusqu'à ce que le gras remonte et forme un liseré tout autour de la sauce. Kitchen of Debjani donne ce repère précis, on coupe le feu une fois que la sauce a épaissi et que l'huile apparaît sur les bords ; Sandeepa décrit la même chose, une sauce épaisse avec l'huile qui flotte au-dessus. La cible est une sauce dense et brillante, cerclée d'un anneau de gras orangé. Ce n'est pas un défaut mais la signature visuelle du plat. Ne remuez pas à ce stade, contentez-vous de faire tourner la cocotte.
Le pourquoiL'émulsion se rompt quand l'eau s'évapore, ce qui libère la matière grasse en surface.
Coupez le feu, versez le lait infusé au safran, l'eau de kewra et l'eau de rose, couvrez et laissez reposer cinq minutes avant de servir. Spicy Punch tient le kewra et l'essence de rose pour critiques et donne des doses très mesurées, trois à quatre gouttes d'essence. Ces parfums sont extrêmement volatils et une cuisson les détruirait ; ils sont aussi extrêmement puissants, et une main lourde transforme le plat en savonnette. La cible est une sauce dont le safran et la rose se devinent sans dominer. Servez avec un biryani ou un pain moghlai.
Le pourquoiLes composés aromatiques du kewra et de la rose sont volatils et se dissipent au-dessus de 60 °C.
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Sourcer ou se taire
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