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Atlas Culinaire · Jamaïque · Amériques
Dés de noix de coco bouillis dans un sirop de cassonade au gingembre, puis « droppés » à la cuillère — la confiserie des enfances jamaïcaines, vendue aux grilles des écoles et sur les marchés
Sur les trottoirs de Kingston comme aux carrefours des campagnes, tout le monde connaissait la marchande de bonbons. Installée souvent devant une école, elle ouvrait sa vitrine de bois vitrée, le « candy bowl », où s'alignaient les trésors sucrés de l'île : gizzadas roses et blanches, grater cakes, et ces tas ambrés, irréguliers et luisants qu'on appelle coconut drops. Le nom dit tout le geste : quand le sirop est prêt, on « laisse tomber » (to drop) des cuillerées brûlantes de coco et de caramel sur une feuille de bananier ou une plaque huilée, et chaque tas fige en une galette rustique, jamais deux fois la même.
Le vrai débat des coconut drops est une affaire de texture et de couteau.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
Ouvrez la noix de coco et détachez la chair. Pelez les morceaux à l'économe pour retirer la peau brune si vous la souhaitez plus claire (facultatif). Taillez au couteau en dés grossiers de 1 à 2 cm : pas de râpe, pas de lamelles fines.
Le pourquoiLa taille au couteau est identitaire : ce sont les dés qui donnent la mâche des drops. Du coco râpé cuit dans le sucre donne une grater cake, une autre confiserie jamaïcaine.
Réunissez la cassonade, l'eau et le gingembre frais râpé dans une grande casserole à fond épais. Portez à ébullition sur feu moyen en remuant pour dissoudre le sucre, puis ajoutez les dés de coco. Ne couvrez pas, de toute la cuisson.
Le pourquoiDissoudre complètement le sucre avant la grande ébullition évite la cristallisation, et cuire à découvert laisse l'eau s'évaporer : c'est cette évaporation qui concentrera le sirop en caramel.
Poursuivez la cuisson sur feu moyen-vif en remuant fréquemment. Le mélange épaissit progressivement, comptez 20 à 35 minutes selon la taille des dés. Visez le stade « soft-ball » (petit boulé, autour de 112-115 °C au thermomètre à sucre). Sans thermomètre, déposez une goutte de sirop dans un verre d'eau froide : elle doit former une petite boule souple entre les doigts.
Le pourquoiC'est la concentration du sucre qui décide de tout : trop court, le sirop reste liquide et les drops s'étalent ; trop poussé, ils deviennent secs et cassants. Le petit boulé donne la croûte qui craque avec un cœur encore tendre.
Retirez la casserole du feu dès le stade atteint. Ajoutez la vanille, et le jus de citron vert si vous en utilisez. Mélangez trente secondes, pas plus : le sirop commence à figer immédiatement.
Le pourquoiLa vanille s'ajoute hors du feu pour préserver ses arômes volatils, et la pointe d'acidité du citron vert équilibre la masse de sucre.
À l'aide de deux cuillères à soupe, laissez tomber rapidement des tas de coco au sirop sur le papier sulfurisé ou la plaque huilée, espacés de 5 cm. Chaque drop doit emporter deux ou trois dés de coco. Laissez refroidir et durcir à température ambiante, 20 à 30 minutes.
Le pourquoiC'est ce geste qui a donné son nom à la confiserie : on « drop » la cuillerée brûlante et chaque tas fige en galette irrégulière. Traditionnellement, on dresse sur une feuille de bananier.
Une fois les drops froids et fermes, décollez-les délicatement du papier. Rangez-les dans une boîte hermétique à température ambiante, où ils se gardent environ une semaine. Ne les mettez jamais au réfrigérateur.
Le pourquoiLe sucre cuit est hygroscopique : il attire l'humidité de l'air. La boîte hermétique le protège, le froid humide du réfrigérateur le fait suinter et coller.
Servez à température ambiante, en grignotage, au goûter ou en cadeau gourmand. En Jamaïque, les coconut drops se vendent aux carrefours, sur les marchés de plein air et devant les écoles, dans la vitrine des marchandes de bonbons.
Le pourquoiÀ température ambiante, le contraste est à son comble : croûte de caramel qui craque, dés de coco encore tendres, chaleur du gingembre en fin de bouche.
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L'autre grande douceur caribéenne de la noix de coco dans l'Atlas : aux Saintes, le coco devient confiture logée dans une tartelette, quand la Jamaïque le confit directement dans le caramel. Deux destins insulaires du même fruit.
Voir la recette →CousineL'autre grand bonbon de coco de la Jamaïque, vendu côte à côte avec le Grater Cake : coco en morceaux plutôt que râpé, cuit au sucre brun avec du gingembre, puis déposé en tas rustiques à durcir.
Voir la recette →La sœur directe des drops dans la vitrine des marchandes jamaïcaines : même duo coco-sucre, mais le coco est râpé fin et la confiserie moulée puis découpée en carrés, souvent coiffés de rose. C'est précisément la frontière râpé/taillé qui sépare les deux.
Pas encore dans l'AtlasLe même geste sous d'autres drapeaux : coco râpé bouilli dans le sirop de sucre puis dressé à la cuillère sur une feuille de bananier, souvent teinté de rose. Vendue aux écoliers dans les tuck shops et par les vendeurs de rue, chaque île des Petites Antilles anglophones défend sa version de cette confiserie de marché.
Pas encore dans l'AtlasLa version haïtienne de la famille : coco râpé ou en lamelles confit dans le sucre, relevé d'épices où le gingembre côtoie souvent cannelle et anis étoilé, déposé en tas sur une plaque et vendu par les marchandes de rue. Même patrimoine sucrier caribéen, même geste du « drop ».
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