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Atlas Culinaire · Aruba · Amériques
Le stoba oĂč la liste des viandes est plus longue que celle des lĂ©gumes â chou en cubes et tout ce que le cochon salĂ© peut donner
La version papiamento de l'inventaire d'Ătat en donne la composition complĂšte â « cu carni stoba, carni cabrito of carne, carnisa, rabo di porco, ribchi, tomati, siboyo y pasta di tomati » â https://www.gobierno.aw/gastronomiacushina-arubiano â soit viande Ă mijoter, viande de cabri ou autre, viande salĂ©e, queue de porc, cĂŽtes, tomate, oignon et concentrĂ© de tomate.
Quatre viandes possibles pour un seul légume nommé, et le chou reste pourtant l'ingrédient définissant.
Le point à trancher est celui de la coupe : la description néerlandaise précise « in blokjes gesneden kool », du chou coupé en CUBES et non en laniÚres, ce qui n'est pas un détail.
ĂmincĂ© finement Ă l'europĂ©enne, le chou se rĂ©duit en filaments et disparaĂźt dans la sauce en dix minutes ; taillĂ© en cubes de quatre centimĂštres, il tient le mijotage et se retrouve dans l'assiette comme un lĂ©gume Ă part entiĂšre.
Aucune protection européenne ne couvre le plat : le registre eAmbrosia complet ne compte aucune entrée pour Aruba.
Cliquez un ingrédient pour le cocher pendant vos courses.
La veille, rincez la viande salĂ©e, la queue de porc et les cĂŽtes salĂ©es, puis dĂ©taillez-les et mettez-les Ă tremper. Utilisez des rĂ©cipients SĂPARĂS : la queue de porc est de loin la plus salĂ©e des trois et, dans un bain commun, elle resale les deux autres. Laissez la nuit entiĂšre au rĂ©frigĂ©rateur en changeant l'eau une fois si vous le pouvez. Avec trois sources de sel dans la mĂȘme cocotte le lendemain, c'est l'Ă©tape qui dĂ©cide de la comestibilitĂ© du plat, et il n'y a pas de rattrapage possible en fin de cuisson.
Le pourquoiLe sel diffuse vers l'eau douce tant qu'un gradient subsiste, et un bain déjà saturé par une viande trÚs salée bloque le dessalage des autres.
Ătez les premiĂšres feuilles abĂźmĂ©es, coupez le chou en quartiers, puis dĂ©taillez chaque quartier en cubes d'environ quatre centimĂštres. Gardez le trognon et taillez-le de la mĂȘme façon : il est plus dense, tient mieux la cuisson et apporte un croquant que les feuilles seules n'ont pas. RĂ©sistez absolument Ă l'habitude europĂ©enne d'Ă©mincer le chou en fines laniĂšres, car c'est exactement ce que la description officielle exclut. Rincez les cubes, Ă©gouttez-les bien et rĂ©servez-les sans les saler.
Le pourquoiUn morceau compact a un rapport surface/volume bien plus faible qu'une laniÚre, ce qui ralentit d'autant la dégradation des pectines.
Frottez le bĆuf et le cabri avec le jus de citron vert, laissez agir dix minutes, rincez et Ă©pongez. Le citronnage est un invariant antillais sur les viandes de chĂšvre, dont l'odeur forte tient Ă des acides gras volatils que l'aciditĂ© neutralise en partie. Faites chauffer l'huile ou le beurre dans une grande cocotte et saisissez les deux viandes en plusieurs fois, sans surcharger, jusqu'Ă une belle coloration. RĂ©servez-les au fur et Ă mesure et laissez les sucs attachĂ©s au fond, qui portent le goĂ»t du plat fini.
Le pourquoiLa réaction de Maillard, au-delà de 140 °C, produit les composés aromatiques bruns que le mijotage seul ne créera jamais.
Baissez le feu et faites fondre l'oignon émincé dans les sucs jusqu'à parfaite translucidité, sans coloration. Ajoutez l'ail, puis les deux cuillerées de concentré de tomate et laissez-les revenir une bonne minute dans le gras en remuant, jusqu'à ce qu'ils foncent légÚrement et sentent la tomate cuite. Cette torréfaction courte est ce qui fait disparaßtre le goût métallique du concentré, et elle est trop souvent sautée. Ajoutez ensuite les tomates fraßches concassées et la muscade rùpée, et laissez compoter cinq minutes.
Le pourquoiLa chaleur sÚche caramélise les sucres du concentré et volatilise les composés acides responsables du goût de conserve.
Remettez le bĆuf et le cabri dans la cocotte, ajoutez la viande salĂ©e, la queue de porc et les cĂŽtes bien Ă©gouttĂ©es, puis mouillez d'eau chaude Ă hauteur. DĂ©posez le piment Madame Jeanette entier sur le dessus sans le percer, couvrez et laissez mijoter une heure Ă petit frĂ©missement. Ne salez sous aucun prĂ©texte : trois viandes salĂ©es suffisent largement, et vous ne pourrez rien retirer ensuite. ComplĂ©tez Ă l'eau chaude si le niveau baisse trop, jamais Ă l'eau froide qui durcirait les fibres.
Le pourquoiLe collagÚne des queues et des cÎtes s'hydrolyse en gélatine entre 80 et 90 °C, ce qui donne la texture nappante du stoba.
Ajoutez les cubes de chou, remuez une seule fois avec précaution pour les enrober de sauce, recouvrez et poursuivez vingt à vingt-cinq minutes. Le chou doit rester identifiable dans l'assiette : légÚrement translucide sur les bords, encore ferme au centre, jamais fondu. C'est le seul moment délicat du plat, car un chou surcuit dégage des composés soufrés qui envahissent tout le ragoût. Goûtez un cube à vingt minutes et jugez. Le volume aura beaucoup diminué, c'est normal.
Le pourquoiLes glucosinolates du chou se dĂ©gradent en composĂ©s soufrĂ©s volatils dĂšs que la cuisson se prolonge, d'oĂč l'odeur caractĂ©ristique du chou trop cuit.
Ătez le piment entier Ă l'Ă©cumoire et goĂ»tez enfin. Avec trois viandes salĂ©es, il y a de fortes chances que le sel soit dĂ©jĂ au point, et vous n'ajouterez qu'un tour de moulin Ă poivre. Laissez reposer dix minutes Ă couvert hors du feu : la gĂ©latine se redistribue et la sauce passe d'aqueuse Ă nappante. Servez brĂ»lant en assiette creuse, avec du funchi ou du riz blanc et des rondelles de banane plantain frite. Chacun doit avoir du chou, du cabri et un morceau de viande salĂ©e.
Le pourquoiSous 80 °C, les chaßnes de gélatine se réassocient partiellement et la viscosité du bouillon augmente sans agent épaississant.
Marquez-la cuisinée : elle entre dans votre journal, vous rapporte des points d'explorateur.
Sourcer ou se taire
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