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Atlas Culinaire · Canada · Amériques
Une ville des Prairies a érigé une saucisse de douze mètres en fibre de verre : le kubasa n'est pas un produit, c'est une identité.
Les colons ukrainiens installés dans le bloc à l'est d'Edmonton à partir de la fin du dix-neuvième siècle y ont apporté la kovbasa, saucisse de porc à l'ail fumée, transmise de génération en génération ; la maison Stawnichy en fabrique à Mundare depuis 1959 et la ville a érigé en 2001 une saucisse de fibre de verre de douze mètres huit, conçue pour résister à des vents de cent soixante kilomètres à l'heure, en hommage au quarantième anniversaire de l'entreprise.
La première divergence est terminologique : kubasa est la forme albertaine passée dans l'usage anglophone des Prairies, kovbasa la forme ukrainienne, et l'orthographe elle-même marque le degré d'assimilation revendiqué.
La deuxième porte sur l'ail : les recettes familiales du bloc en mettent beaucoup plus que les versions commerciales, l'industrie ayant progressivement réduit la dose pour élargir sa clientèle.
La troisième est technique et sépare deux écoles, celle qui fume puis poche la saucisse pour garantir la cuisson à cœur, et celle qui fume plus longtemps à température montante sans pochage, méthode plus risquée mais qui donne une peau plus sèche.
Enfin, le kubasa se mange rarement seul : il accompagne les perogies et les rouleaux de chou dans l'assiette ukraino-albertaine.
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Détailler l'épaule et le gras en cubes et les placer au congélateur trente minutes, jusqu'à ce qu'ils soient fermes en surface sans être gelés. Hacher au hachoir muni d'une grille de huit millimètres. Le grain doit rester net et distinct. Remettre la masse au froid immédiatement.
Le pourquoiAu-dessus de douze degrés, le gras se lie et enrobe le maigre, ce qui produit une pâte compacte au lieu d'un grain distinct et provoque le rendu du gras à la cuisson.
Ajouter l'ail écrasé, le sel de salaison et le poivre concassé au hachis. Verser l'eau glacée et malaxer trois à quatre minutes, jusqu'à ce que la masse devienne collante et adhère à la paume retournée. Ce collant est le signe de l'extraction des protéines. Réserver au froid.
Le pourquoiLe malaxage en présence de sel solubilise la myosine, protéine qui forme un gel liant les particules de viande entre elles à la cuisson.
Couvrir la masse au contact et la laisser reposer au réfrigérateur douze heures. Le sel et l'ail se répartissent pendant ce repos et la couleur commence à se fixer. Cette étape ne se raccourcit pas. Sortir la masse juste avant l'embossage.
Le pourquoiLa nitrite du sel de salaison a besoin de temps pour réagir avec la myoglobine et fixer la couleur rosée stable caractéristique des saucisses fumées.
Rincer les boyaux à l'eau tiède, intérieur compris, et les enfiler sur l'entonnoir du poussoir. Remplir régulièrement, sans excès de pression, en évitant les poches d'air. Former des maillons de trente centimètres environ, ou des couronnes selon l'usage local. Piquer les bulles d'air visibles à l'aiguille fine.
Le pourquoiLa dilatation thermique de la masse et la contraction du boyau naturel au séchage augmentent fortement la pression interne pendant le fumage.
Suspendre les saucisses à l'air libre, à température ambiante, pendant une à deux heures. La surface doit devenir sèche au toucher et légèrement collante. Un boyau humide ne prend pas la fumée et donne un produit gris et taché. Ne pas raccourcir cette étape.
Le pourquoiLa fumée se dépose sur une pellicule protéique sèche et collante, alors qu'elle ruisselle et se lave sur un boyau encore humide.
Fumer à cinquante degrés pendant une heure, sans fumée dense, pour finir de sécher. Monter ensuite à soixante-cinq degrés avec la fumée pleine, pour deux heures. La couleur doit passer progressivement au brun-rouge acajou. Contrôler la température interne en fin de cycle.
Le pourquoiUne montée progressive laisse le cœur suivre la surface en température et évite la coagulation prématurée d'une couche externe qui bloquerait la pénétration de la fumée.
Chauffer une grande casserole d'eau à soixante-quinze degrés et vérifier au thermomètre. Y plonger les saucisses et maintenir cette température jusqu'à ce que le cœur atteigne soixante-douze degrés. Ne jamais laisser bouillir. Compter environ trente minutes selon le diamètre.
Le pourquoiL'eau bouillante provoque une dilatation brutale des graisses et de la vapeur interne, qui dépasse la résistance mécanique du boyau naturel.
Plonger immédiatement les saucisses dans un bain d'eau glacée pendant dix minutes. Les suspendre ensuite à température ambiante une heure, pour que la peau sèche et se retende. Conserver au réfrigérateur. Le kubasa se mange froid en tranches ou réchauffé à la poêle.
Le pourquoiLe refroidissement rapide contracte le boyau en même temps que la masse interne, ce qui les maintient solidaires au lieu de créer un décollement.
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Sourcer ou se taire
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